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Le devoir de mémoire

28 janvier 2006, 20:00

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La commémoration de l?abolition de l?esclavage le 1er février est une occasion de se poser quelques questions sur le rôle de la télévision et de la radio dans le devoir de mémoire. La télévision nationale propose une production locale de son cru. Ce sera un magazine de discussion et de débat qui cible un public adulte.

Mais le devoir de mémoire doit-il rester l?affaire des adultes dont la plupart ne se soucient que moyennement de l?abolition de l?esclavage.

Pour une fois, la MBC nous a épargnés, l?Amistad de Steven Spielberg. A la place, deux documentaires produits et réalisés par des Antillais. Ces descendants d?esclaves, comme nous, portent un autre regard sur la traite négrière et ses conséquences. Un autre regard chargé de sens.

Si les gens sont à peu près conscient qu?il s?agit d?un grave crime contre l?humanité, ils s?intéressent davantage au fait que le 1er février soit devenu un jour férié. Cela résulte d?un manquement au niveau de l?éducation primaire et secondaire ainsi que d?une culture pas assez large.

Si les livres d?histoire permettent d?obtenir une vision de l?époque, combien de Mauriciens s?attardent à les lire ? Il n?est pas question là de faire le procès de ceux qui ne lisent pas. A chacun son choix de vie. Mais, prenez, par exemple, les gens autour de vous. Combien d?entre eux lisent ? Allons plus loin. Combien d?entre eux n?ont jamais lu un livre d?histoire ?

La télévision et la radio restent deux modes de communication de masse que les livres n?arrivent, malheureusement, pas à concurrencer de manière sérieuse. Les membres du paysage audiovisuel mauricien doivent prendre cet aspect des choses en considération. Il est dont important de proposer plus de programmes lors de la commémoration de tels évènements.

Et par pitié, plus de programmes ne veut pas dire déplacer le matériel de la MBC pour filmer davantage de dépôts de gerbes à X ou Y endroits. Il est grand temps de faire des programmes qui viseront des parts d?audience particulière. Pourquoi pas une émission pour demander aux enfants ce qu?ils savent de l?esclavage et de son abolition ? Il faut cultiver chez l?enfant le sens du devoir de mémoire. Il doit savoir pourquoi il est important de se souvenir du passé dans un monde que la globalisation culturelle et surtout télévisuelle ronge.

Si les radios, notamment privées pourraient trouver de bons sujets, il ne faut pas se leurrer l?impact de la télévision sur le sujet est immuable.

Ne ratez pas aussi Les moussons intimes. Une autre facette de l?Histoire qu?Alain Gordon Gentil a superbement mise en images.

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