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Le dernier voyage de Jean Paul II
Le cercueil, porté par douze hommes vêtus de noir, a été apporté sur le parvis de la basilique peu après 10 heures, accompagné par un chant grégorien de requiem. Un long applaudissement a salué son arrivée, tandis que de nombreuses personnes éclataient en sanglots. Il a été placé sur un tapis devant l?autel. Une procession de cardinaux, habillés d?un surplis pourpre et la tête couverte d?une mitre blanche, est ensuite sortie de la basilique Saint-Pierre derrière le cercueil.
La messe était célébrée par le cardinal allemand Joseph Ratzinger, 77 ans, doyen du collège des cardinaux et proche du pape défunt. «Grâce à son profond enracinement dans le Christ, il a pu porter une charge qui va au-delà des forces purement humaines : être berger du troupeau du Christ, de son Eglise universelle», a déclaré dans son homélie Mgr Ratzinger.
<B>JEAN PAUL II «NOUS VOIT ET NOUS BÉNIT»</B>
Il a été interrompu une douzaine de fois par les applaudissements de la foule, notamment lorsqu?il a déclaré : «Notre pape, nous le savons tous, n?a jamais voulu sauvegarder sa propre vie, la garder pour lui, il a voulu se donner lui-même sans réserve, jusqu?au dernier instant, pour le Christ et de ce fait pour nous aussi». Jean Paul II «nous voit et nous bénit», a lancé le cardinal Ratzinger en concluant son homélie. Un long applaudissement et un cri se sont alors élevés de la foule : «santo subito !» («Qu?il soit fait saint tout de suite !»).
Sous un ciel légèrement voilé, le vent faisait voler les surplis des cardinaux et les bannières déployées par la foule, dont une multitude de drapeaux polonais. Il faisait aussi tourner les pages du grand livre de l?Evangile posé sur le cercueil.
La dépouille du pape avait été mise en bière deux heures plus tôt au cours d?une cérémonie à huis clos, après avoir été exposée pendant trois jours et trois nuits devant le maître-autel de la basilique. Le visage a été recouvert d?un voile de soie blanche, déposé par le maître des célébrations liturgiques, Mgr Piero Marini, et par son compatriote l?archevêque Stanislaw Dziwisz.
Son corps a ensuite été placé dans un cercueil de bois de cyprès avec un sachet contenant les médailles frappées pendant le pontificat.Selon l?agence italienne ANSA, un million de fidèles étaient rassemblés à Rome pendant la cérémonie. Près de 300 000 personnes étaient massées sur la place Saint-Pierre et sur la grande avenue de la Conciliazione qui mène au Vatican. Des centaines de milliers d?autres suivaient la messe sur des écrans géants installés sur plusieurs places et sites de la Ville éternelle.
«Pour moi, c?est l?occasion de vivre le dernier moment d?un saint», a assuré Marco Janin, de Madrid. «Aujourd?hui, c?est le début d?un nouveau chapitre, pas la fin», assurait son amie, Rosa.
La place Saint-Pierre avait été aménagée comme pour toutes les grandes cérémonies. Des carrés équipés de sièges avaient été délimités par des barrières en bois. Les premiers rangs étaient réservés aux dignitaires de l?Eglise et aux personnalités. Parmi elles, le secrétaire général de l?ONU Kofi Annan, le président américain George W. Bush, le premier ministre britannique, Tony Blair, et le président français Jacques Chirac, mais aussi les présidents israélien Moshé Katsav et iranien Mohammad Khatami.
La foule des anonymes, qui pleure le pape depuis une semaine, assistaient à la messe du fond de la place, pour les plus chanceux, et dans l?avenue, ou sur les places avoisinantes. De nombreux pèlerins venus de Pologne n?ont pas pu accéder à la place Saint-Pierre. Dirigés à leur arrivée à Rome sur le campus de l?université de Tor Vergata, à 20 km de la capitale, ils ont suivi la messe sur des écrans géants.
Jean Paul II devait être inhumé immédiatement après la messe dans la crypte située sous la basilique Saint-Pierre, à même la terre et sans sarcophage, conformément à ses dernières volontés dévoilées jeudi avec son testament.
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