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Le dernier tour du Pirate

2 janvier 2005, 00:00

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A l'image de son sport, la carrière de Marco Pantani aura été une succession de montées et de chutes. Des ascensions vers les sommets avec la gloire au bout et des descentes souvent mal négociées, entre soupçons de dopage et faits divers, retours ratés et charisme égratigné. L'itinéraire du dernier grand grimpeur adulé puis délaissé a pris fin le jour de la Saint Valentin dans une chambre d'hôtel de Rimini, si proche de chez lui, si loin de tout. Le pirate avait 34 ans.

<B>L?ultime échappée de Pantani</B>

Seul comme ses échappées, lorsque crâne rasé et bandana multicolore, le pirate survolait en danseuse les cols du Tour de France. Seul comme ses derniers moments, où délaissé par son milieu, le Romagnol a été retrouvé mort dans sa chambre d?hôtel. Une dizaine de boîtes d?antidépresseurs retrouvée dans cette chambre du cinquième étage, près de son corps, allongé par terre à côté du lit, torse nu et vêtu d?un jean. Le coureur vivait reclus depuis cinq jours, ne sortait que pour les repas, le personnel de l?établissement l?avait trouvé « bizarre et absent ». Marco Pantani avait laissé neuf feuilles d?écrits sur lesquelles il montre sa solitude et son désarroi. « Ils ne voulaient punir que moi. Personne n?a réussi à me comprendre, même pas ma famille. Je me suis retrouvé seul. » Trop seul. Le champion est décédé à 34 ans des suites d'une overdose de cocaïne.

<B>Le tour 1998, son Tour</B>

Le grimpeur a disputé sa dernière course chez lui, au Tour d?Italie, où il avait fini quatorzième. La fin d?une grande carrière. La fin d?un grand grimpeur. La gloire, c?est en 1998, quand il remporte coup sur coup le Giro et le Tour de France. Celui de l?affaire Festina. Avec son physique de poids plume, celui qui était surnommé par ses fans l'Elefantino en raison de ses grandes oreilles avant d'imposer le surnom de pirate, était un grimpeur hors-pair, comme il n?en existe plus. Il reste le dernier grimpeur pur à avoir remporté le Tour de France. La montagne était son jardin et c'est dans les pires difficultés que son coup de pédale se faisait plus léger et ses accélérations plus meurtrières. Comme dans son Tour, quand il avait fait plier l?Allemand Jan Ullrich dans l'étape des Deux-Alpes, paraissant voler dans les montées et prenant des risques insensés dans la descente du Galibier. Il était alors au sommet et sa carrière n?allait dès lors plus être qu?une longue chute.

<B>La descente aux enfers</B>

« Je ne supporte plus ce milieu. Je ne suis pas stupide, on ne s'intéresse pas à moi par affection, mais parce que le sport moderne a besoin de personnage. Il faut vous enlever de la tête le Pantani champion. Cela fait quelque temps que j'ai débranché la prise. » Depuis sa dernière course au Tour d?Italie, L?Italien cachait son mal-être dans une clinique spécialisée dans le traitement des maladies nerveuses et les phénomènes dépressifs. Son retrait définitif du peloton n?avait pas encore été officialisé, même s?il n?était pas inscrit sur les listes de l?UCI pour cette saison 2004. Le pirate chute dans sa tête, il s?abonne aux crises de stress. Entre soupçons de dopage et faits divers, retours ratés et charisme égratigné, il préfère se retirer enchaînant chevauchées cyclistes et lignes de coke. Il ne décroche pas des paradis artificiels. Mais refuse par peur de l?oubli de raccrocher le vélo. Le pirate, qui souhaitait revenir sur le Tour de France 2004, se retrouve interné dans une clinique de désintoxication. Quelques semaines après, il sera retrouvé mort, seul, dans une chambre d?hôtel sur la côte Adriatique. Si proche de chez lui, si loin de tout.

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