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Le DBM nouveau est arrivé
<B>AUSSI</B> attendu que le Beaujolais nouveau, le 56e fascicule du Dictionnaire de Biographie mauricienne (DBM) est arrivé en librairie. Arrivée, hélas, moins médiatisée ? les finances faisant probablement défaut pour des avis publicitaires, indiquant la parution et les points de vente ? que le vin produit entre Saône et Loire. Comme ses précédents, ce 56e fascicule vaut le pesant d?or de ses 170 pages ? dont 44 d?addenda et de mutanda et 54 d?index sur lesquelles nous reviendrons ultérieurement ? soit le triple du nombre moyen de pages des précédents fascicules de ce monument incontournable de l?Histoire de Maurice. Son prix, exceptionnel, ne fera tiquer que ceux n?ayant aucune idée de la valeur exacte de ce travail de recherche, de cette érudition bénédictine, de ce dévouement incomparable, de cette documentation inestimable. Un grand merci et un bravo encore plus ample aux membres du comité de publication (MM. Raymond d?Unienville, Guy Rouillard, Philippe La Hausse de La Louvière et Alain Mathieu) ainsi qu?aux auteurs des différentes notices, en commençant par Raymond d?Unienville, auteur d?une dizaine de notices dont quelques-unes parmi les plus longues et les plus fouillées.
Au tableau de chasse du biographe d?Unienville, figurent l?industriel Paul Honoré Tardieu (1843-1904), le planteur Jean Edouard Rouillard (1795-1857), le juriste Hyacinthe Portalis (1765- c.1840), l?ancien combattant et prisonnier de guerre Marc Peyrébère Pitot (1912-92), l?éditeur et généreux mécène Thomy Esclapon (1879-1970), le missionnaire spiritain et écrivain Roger Dussercle (Littéraire de Port-Louis) et talentueux chroniqueur des ziles-là-haut (1902-75), le juriste Sir Maxime Comarmond, chef juge de Lagos et du Cameroun méridional (1899-1957), notre Malcolm de Chazal national et hyper médiatisé (1902-81), le photographe Modeste Chambay (1827- c. 1900) et le marin Jean Baptiste Billard (1761-1825).
Plusieurs collaborateurs ont à leur actif deux notices dont Guy Rouillard, (l?ingénieur Régis de Chazal, 1854-1935, et l?ecclésiastique et globe-trotter Francis Louis Bugnion, 1822-80), Pahlad Ramsurrun (le missionnaire, travailleur social, écrivain et activiste politique Pandit Cashinath Kishtoe, 1884-1947, et le pédagogue et politicien Sookdeo Bissoondoyal, 1908-77), Huguette Ly Tio Fane-Pineo (l?entrepreneur et homme d?affaires Antoine Seeyave, 1908-87, et le négociant Adrien Konfortion, 1888-1956), France Staub (le planteur Jean Baptiste Staub, 1831-1905, et l?ancien militaire et planteur Antoine Bertrand, 1793-1861), Philippe Koenig (le militaire et fondateur de la première famille mauricienne Jacques Gast d?Hauterive, 1680-1762, et le commerçant et magasinier Simon Reminiac, 1721-1775) et Anne-Marie Chatelain (Marie Thérèse Donnadieu de Pucherie, 1732-62, l?épouse de l?officier de vaisseau Henri Vigoureux, et l?épouse du capitaine de vaisseau Louis Vigoureux, Perrine Julienne Robin, 1724-93).
Relève et équipe de réserves
Pour n?avoir rédigé qu?une notice, les chroniqueurs suivants n?ont pas moins de mérite et ont autant droit à la gratitude des nombreux utilisateurs du DBM, ceux avouant leurs abondants emprunts et ceux essayant de les dissimuler. Ils apportent une variété de bon aloi au fascicule, la preuve d?un véritable travail collectif et témoignent de l?existence d?une relève et d?une équipe de réserves. Alain Mathieu nous parle du savoureux Stylet, de son vrai nom Selmour Ahnee, haut fonctionnaire mais aussi littérateur et chroniqueur (1878-1949), Roger Espitalier-Noël de l?écuyer et officier de la Compagnie des Indes, Denis François Brousse de Gersigny (1711-1785), Pierre Martin de l?ingénieur électrique et ancien directeur du CEB, Roland Desmarais (1908-90), le regretté Alfred North-Coombes (qui n?est pas à un service d?outre-tombe près) du chimiste Philippe d?Oisy Fayd?herbe (1882-1928), les mauriciano-australiens Pauline Mc Gregor Currien et Edward Duyker du magistrat stipendiaire Andrew Richard John La Nauze (1841-1915), Bernard Boullé de l?ancien secrétaire de la Chambre d?Agriculture et ancien représentant de cet organisme à Londres, Sir Guy Sauzier (1910-98), Noël Régnard de l?ingénieur Alexandre Sornay (c. 1695-1758), Patrick Harel de l?homme de sciences et de lettres Pierre de Sornay (1876-1968) et Anne-Marie Nida du romantique officier Joseph Maximilien Cajetan baron de Wiklinski (1750- c.1800), assez exalté pour courir à l?aventure et assez sentimental pour tenter de se suicider par amour pour une Mauricienne. L?excellent biographe de Sir Guy Sauzier nous permettra de lui rappeler, sans doute inutilement, que Paulo Eynaud compte sur lui pour faire son entrée dans le Panthéon du DBM.
Ne quittons pas ces dévoués collaborateurs biographes sans adresser une critique se voulant amicale au comité de rédaction du BDM. N?y aurait-il pas moyen quelque part de leur consacrer quelques lignes afin que nous, lecteurs, puissions connaître davantage ceux et celles à qui nous devons ces lectures si intéressantes et qui nous aident si efficacement à améliorer notre connaissance des principaux acteurs de l?histoire de Maurice ? Comme nous avons déjà ouvert une brèche dans la modestie des chevilles ouvrières du DBM, élargissons la en regrettant que la quatrième de couverture, au lieu d?être tristement vierge de tout texte, ne soit pas utilisée pour faire davantage connaître les nombreuses activités de la Société de l?Histoire ni pour donner le moyen aux bibliophiles et aux autres personnes, que l?histoire de Maurice passionne d?acquérir, les autres précieux documents mis en vente par elle et encore disponibles dans leur stock. Et puisqu?il est question de Thomy Esclapon dans ce 56e fascicule du DBM, rappelons utilement que cet éditeur avisé se faisait un devoir de rappeler, toujours en 4e de couverture, aux lecteurs ayant apprécié un roman de, disons, Mérédac qu?il y avait moyen pour eux de se plonger avec autant de délices dans les ?uvres disponibles du même auteur ou dans celles de ses confrères et cons?urs. Messieurs et Mesdames de la direction de la Société de l?Histoire et du DBM, vos scrupules, à mettre en avant vos réalisations, vous honorent. Mais si, bien légitimement, vous répugnez à le faire pour vous-mêmes, faites-le pour nous. Nous avons besoin de ces rappels qui ne peuvent que nous inciter à pousser plus loin notre curiosité pour notre patrimoine historique.
Nous connaissons à présent les collaborateurs du 56e fascicule du DBM et les personnalités ?biographiées? par eux. Parlons à présent des arrivées et départs de ces dernières sur la terre des vivants. Les plus anciens sont Gast d?Hauterive, né en 1680, et Alexandre Sornay, né autour de 1698. Le benjamin en est Marc Peyrébère Pitot, né en 1912 mais mort tout de même en 1992, soit à 80 ans, en dépit des vicissitudes subies pendant ses années de prisonnier de guerre (1942-1945). Après Gast d?Hauterive et Sornay, ils sont quatre ?biographiés? à être nés pendant la première moitié du XVIIIe siècle, cinq pendant la seconde moitié de ce siècle, cinq pendant la première moitié du XIXe siècle et huit pendant la seconde moitié. Ils sont, enfin, sept à être nés entre 1900 et 1912. C?est dire la qualité de la répartition chronologique.
En ce qui concerne les dates de décès, la seconde moitié du XVIIIe siècle en enregistre six, la première moitié du XIXe siècle trois, la seconde trois, la première moitié du siècle dernier huit et la seconde onze. Le DBM n?a pas encore fait son entrée dans le XXIe siècle ni dans le IIIe millénaire. Les décès de Malcolm de Chazal (1981), d?Antoine Seeyave (1987), de Roland Desmarais (1990), de Guy Sauzier (1998) sont suffisamment proches pour que nous nous souvenions des bons vivants qu?ils furent parmi nous, pour que nous prenions conscience du vide qu?ils ont laissé dans nos c?urs et du réconfort que nous ressentons à l?idée que grâce à la parution de ce 56e fascicule du BDM leurs bienfaits sont désormais écrits noir sur blanc et archivés à jamais.
Une prochaine chronique nous permettra de revenir sur d?autres aspects des biographies ainsi passées en revue.
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