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Le débat sur les OGM est lancé

15 mars 2004, 20:00

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IL Y a des actes qui changent à jamais le cours de la vie. Cet après- midi, nos élus s?apprêtent à commettre un de ceux-là en ouvrant la porte aux produits génétiquement modifiés. Ils débattront et adopteront peut-être le Genetically Modi-fied Organisms (GMO) Bill.

Modifier la génétique d?une plante ou d?un animal, c?est dompter la nature, la reprogrammer pour répondre aux besoins de l?homme. C?est produire des entités qui influent autrement sur l?environnement et la santé humaine que la souche connue.

A l?origine, on poursuit un objectif noble. Cette science permet de produire à volonté en tout temps. Elle permet aux organismes modifiés de résister aux maladies et aux prédateurs et résulte en l?utilisation limitée de pesticides. Mieux encore, la manipulation génétique produit des aliments dont la richesse nutritionnelle correspond aux besoins humains. Elle permet de tout calibrer : taille, goût, teneur en sucre, fibres?

Maurice devant optimiser sa production sur un territoire exigu, la modification génétique est une manne inouïe. Séduits, les politiques rêvent même d?industrie agro-alimentaire exportatrice.

Cependant, toucher à la nature comporte son lot de conséquences. La manipulation génétique associe des gènes que la nature a pris soin de garder séparés. L?intervention accélère le processus d?évolution naturelle de l?homme et de son environnement. Cela soulève des questions d?éthique. La résistance à la manipulation génétique s?est organisée à l?échelle planétaire. Des contre-études démontrent que ses conséquences sur la santé humaine sont encore méconnues.

Des allergènes et des toxines insoupçonnés sont introduits dans la nourriture. Une récente étude européenne fait état d?une augmentation ?dramatique? d?allergies au soja modifié. Il y aurait, en outre, un lien entre les proportions ?épidémiques? des cancers lymphatiques aux USA et l?hormone de croissance bovine rbGH.

Les exemples abondent et les opposants à la manipulation génétique augmentent. Les crises associées à la maladie de la vache folle et la contamination à la dioxine ont rendu les consommateurs frileux à tout ce qui touche à l?alimentation.

On craint aussi pour l?équilibre de la nature. Les greffes génétiques, une fois hors du contrôle des laboratoires, pourraient se mêler à d?autres plantes et produire des super-prédateurs. On enclencherait une réaction en chaîne qui pourrait être difficile à contrôler.

Malgré tout, la transformation génétique s?est imposée dans plusieurs pays, dictée par le commerce et les lobbies multinationaux. Tous ont adopté la nouvelle technologie tout en essayant de contrôler son application. Maurice les émule.

Le GMO Bill propose un cadre légal pour régir le développement, l?exploitation et la commercialisation des OGM. Tout opérateur devra obtenir un permis du ministère de l?Agriculture. Les laboratoires auront besoin d?un certificat d?enregistrement spécial.

Un comité national pour la biosécurité verra le jour. Il devra orienter les acteurs, mettre en place un code de pratique et conseiller le ministère. Le GMO Bill situe également les responsabilités en cas d?accident. L?opérateur insatisfait pourra faire appel d?une décision du ministre.

Avant de devenir controversable, la modification génétique était présente dans le quotidien de l?homme moderne. La médecine et l?agroalimentaire s?y appuient. L?hormone, l?insuline, l?amidon, la levure? Ces intrants sont utilisés depuis des décennies.

Impuissantes à lui barrer la route, les associations de consommateurs exigent des protections contre la manipulation génétique. Elles demandent le choix de ne pas consommer un produit modifié. Pour cela, il est impératif de retracer les ingrédients d?une nourriture donnée. D?où le débat sur l?étiquetage. Encore qu?une étiquette n?a de valeur que lorsque ses informations sont vérifiables. Rien n?empêche un producteur d?invoquer le secret commercial pour refuser de divulguer les détails de sa recette?

À L?HEURE DES QUESTIONS

STAM revient sur le tapis

  • Le contrat pour la gestion du centre d?enfouissement des déchets de Mare-Chicose à la Société de traitement et d?assainissement des Mascareignes (STAM) pourrait faire l?objet d?une ?Private Notice Question? du leader de l?opposition. Ce dernier avait déjà évoqué la question le 5 novembre dernier dans une PNQ. Il avait dit son étonnement sur le montant de contrat qui a passé de Rs 2,5 millions à Rs 8,5 millions pour finir à Rs 12 millions. L?intoxication des élèves à l?école Rose-Belle North, la brutalité policière, la polémique sur les magasins Ralph Lauren, la fermeture d?Ere Lingerie, les exportations de la zone franche, le licenciement de Roshi Bhadain à l?Icac, la conversion des champs théiers, la démission du directeur du National Heritage Trust Fund, les voyages du directeur du Mauritius Institute of Education seront évoqués à l?heure des questions. Le député de l?opposition, Xavier-Luc Duval, présentera une motion pour l?inclusion de ?computer studies? pour le ?ranking? en fin d?études primaires. La séance parlementaire sera aussi marquée par la prestation de serment du nouveau deputé travailliste, Rajesh Jeetah, et l?élection du nouveau ?Deputy Speaker?, Darmavirsing Roopun.

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