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Le CPE commence à mobiliser les Mahorais

6 avril 2006, 00:00

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Le Contrat première embauche (CPE) a massivement mobilisé à Mayotte. Vendredi, 500 élèves de toute l’île sont descendus dans les rues de Mamoudzou pour demander le retrait du projet de loi sur le CPE. Le Syndicat des enseignants (SE) appelle aussi à la grève demain.

Ils étaient 250 mardi dernier, le double vendredi. Combien seront-ils demain ? À ce rythme, la mobilisation contre le CPE risque de se mesurer (toutes proportions gardées) à celle qui paralyse la France métropolitaine depuis un mois. Vendredi, près de 500 lycéens (et quelques collégiens) ont exigé dans les rues de Mamoudzou le retrait du CPE. Entonnant des slogans guerriers, ils ont marché dans la capitale, formant un cortège assez impressionnant. Et pour cause : alors que la première manifestation mardi dernier avait réuni les seuls lycéens de Mamoudzou, celle-ci rassemblait des élèves venus de toute l’île.

Le cortège est parti du lycée de Mamoudzou pour passer par la rocade avant de remonter vers la place Mariage. Vers 10 heures, une délégation de six personnes a été reçue à la préfecture par le sous-préfet. À l’issue de la rencontre, ce dernier a rappelé aux jeunes que “de toute façon, le CPE ne sera pas applicable en l’état dans l’île”. Pas de quoi rassurer les manifestants, parmi lesquels Nawal Youssouffa, l’une des leaders du mouvement : “Tout le monde dit que Mayotte n’est pas concernée par le CPE mais ce qu’on oublie, c’est que les jeunes Mahorais vont partir en métropole pour poursuivre leurs études, ils vont devoir faire des stages, travailler là-bas, donc forcément on sera confronté au CPE.”

Les jeunes grévistes se sont dispersés, prévenant que si Chirac ne retire pas ce projet, ce qu’il n’a pas fait vendredi soir, assurant qu’il le promulguerait, le mouvement risquait de se durcir. Une tendance confirmée samedi par un communiqué du Syndicat des enseignants, premier syndicat mahorais à se bouger sur ce mouvement, les autres paraissant particulièrement amorphes. “Depuis un peu plus de 2 mois lycéens, étudiants, salariés, parents mènent une lutte acharnée et sans relâche pour exiger le retrait du CPE”, écrit Rivomalala Rakotondravelo, secrétaire général du SECGTMa. L’objectif central de ce dispositif pour les moins de 26 ans est de donner aux employeurs la liberté de licencier les salariés sans avoir à se justifier et de remettre en cause le code du travail.

Bien qu’il ne touche pas spécifiquement Mayotte, le CPE concerne aussi les Mahorais, notamment les jeunes qui seront appelés à migrer vers les autres territoires de la France. D’ailleurs, “droit commun oblige, on ne voit pas comment cette mesure ne touchera pas à terme Mayotte !” indique-t-il. “La décision du président de la République sur la promulgation de la dite loi est la preuve de l’autisme de nos autorités (plus de 3 millions de manifestants le 28 mars 2006) ou pire, d’une volonté manifeste de passer en force.

<B>Le canal</B>

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