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Le coût d’ajustement

25 mai 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les actes de désapprobation des camionneurs la semaine dernière contre la hausse des primes d’assurances sont une première secousse des nouvelles lois en vigueur. Ce mouvement pourrait bien ne pas être un cas isolé. Va-t-on vers un mouvement plus généralisé dans le sillage de l’inévitable ajustement du coût de la couverture des risques ?

L’assurance automobile a toujours été le segment à problème. C’est du reste dans cette catégorie de prestations que l’on retrouve le plus souvent des sociétés qui ont dû cesser leurs activités.

La hausse brusque des primes est le résultat d’une politique de “price cutting” qui a longtemps prévalu chez certains prestataires, en l’occurrence, ceux de petite taille. Les prestataires ont dû livrer une guerre des prix pour obtenir des parts de marché en raison de la rude concurrence qui y prévaut.

Les nouvelles lois sur les assurances viennent mettre au grand jour les faiblesses structurelles de notre industrie d’assurances. Les trois plus grosses sociétés détiennent les trois quarts des actifs d’assurances dans le pays. Les autres doivent livrer rude bataille pour obtenir du business, plus particulièrement dans l’assurance générale. D’où, la politique quelque peu contrainte des primes compétitives. Le “Financial Sector Assessment” réalisé par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale en 2003, constate que les petites sociétés ne sont pas suffisamment au jour par rapport aux normes de solidité financière. L’introduction des conditions de “risk-based capital” s’avérait donc nécessaire pour assainir la situation.

Le nouvel “Insurance Act” prévoit des règles de solvabilité plus rigoureuse. Les primes doivent dorénavant refléter les risques que les assureurs s’engagent à couvrir. Les compagnies considérées à risques devront s’ajuster aux nouvelles “solvency rules” qui sont en préparation. Pour se conformer aux nouvelles normes de prudence, elles devront se refaire une santé financière, soit par des injections de capitaux frais soit par une révision à la hausse des primes ou par les deux moyens.

Dans le cas concernant les camions, les assureurs ont estimé que les véhicules âgés de plus de quinze ans sont une catégorie très à risque et qu’il fallait ajuster en conséquence les coûts de couverture conformément aux nouvelles exigences de la loi.

Certes, des augmentations conséquentes brusques perturbent les clients. Ces derniers devront se préparer à de telles situations. Les nouveaux règlements ont un coût que les assureurs seront toujours tentés de passer aux consommateurs sous forme de primes plus élevés.

La modernisation et l’assainissement des services financiers ont un prix. Les propriétaires de camions en font l’expérience. D’autres catégories risquent de connaître le même sort dans les mois et les années à venir au fur et à mesure que les dispositions de la loi seront proclamées.

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