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Le ciblage source de malaise persistant au Parti travailliste

28 février 2008, 00:00

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C?est un Rama Sithanen et une Nita Deerpalsing discutant vivement qui quittent le bureau politique des travaillistes, hier, vers 19 heures. Le député Lormesh Bundhoo calme les esprits. En arrivant près de la sortie, ils se quittent en riant et se promettant de se rappeler. Mais sous la rigolade, une première confrontation des idées entre les deux parties a pris les allures d?un malaise qui persiste au sein des travaillistes.

Le principe de ciblage divise les deux députés de la circonscription de Belle-Rose-Quatre-Bornes ces dernières semaines. Par le biais d?articles de presse, l?un et l?autre ont exprimé leur point de vue divergent à ce sujet.

Ces «divergences profondes»sont remontées à la surface hier, au bureau politique (BP). Le «malaise était papable», nous confie une source ayant participé à cette réunion. En revanche, le secrétaire général du Parti travailliste (PTr), Deva Virasawmy, dans une déclaration officielle après le BP, a affirmé qu?il y a eu des «discussions franches dans la démocratie».

Appelé à préciser si la question de ciblage a fait l?objet des discussions, James Burty David a, lui, répondu «qu?il n?est pas question de ciblage mais de la situation économique. Chacun a exprimé son point de vue. Il y a eu un partage des idées en toute franchise».

La discussion sur cette question n?a pas été élargie aux autres participants et il n?y a encore moins eu de consensus dégagé. Chacun des deux protagonistes a longuement exprimé sa position prise récemment. Nita Deerpalsing a été intransigeante sur ses convictions défendues jusqu?ici. Elle a déclaré que l?écart entre les riches et les pauvres «ne fera que s?élargir» si le principe de ciblage est appliqué et que cela va nuire «au pays et au social».

<B>«Eviter le conflit»</B>

Elle a même lancé quelques «fléchettes», selon notre source, au ministre des Finances. Ce faisant, elle a choisi ainsi de ne pas jouer la carte de l?apaisement. Elle est, entre autres, d?avis que le ciblage n?est pas une panacée pour les pauvres. Cela ne fera que les stigmatiser, argue-t-elle dans ses différentes interventions.

Elle a toutefois précisé qu?elle n?a rien de personnel contre Rama Sithanen. Sollicitée, à la fin de la réunion, elle n?a pas fait de commentaires. Tout comme Rama Sithanen, qui nous a renvoyés à la déclaration officielle de l?instance dirigeante du parti.

En revanche, le ministre des Finances, selon cette même source, a préféré «éviter le conflit». Il a quand même mis en avant ses arguments tout en ne cherchant à ne pas alimenter la polémique. Son point fondamental demeure que si l?on veut aider les pauvres, il faut aider les pauvres et ne pas opter pour les subsides universels comme tel est le cas actuellement.

Quant à Navin Ramgoolam, il n?a pas exprimé sa position. Il a joué au modérateur, relançant les discussions par rapport aux différents points avancés par l?un des protagonistes. Du coup, ni Rama Sithanen, ni Nita Deerpalsing ne sait s?il a le soutien du chef du gouvernement à la fin de cette réunion.

D?ailleurs, les deux parties interprètent différemment la déclaration du Premier ministre sur le ciblage, mardi, à Baie-du-Tombeau. Navin Ramgoolam se disait préoccupé par la classe moyenne si le ciblage était préconisé. Dans les milieux proches des travaillistes, l?on apprend que Rama Sithanen croit avoir le soutien de Navin Ramgoolam, alors que Nita Deerpalsing est toujours dans le flou bien que certains lui attribuent déjà une victoire.

Par ailleurs, le député Reza Issack, aussi conseiller à la mairie de Port-Louis, a été appelé à s?expliquer sur sa déclaration de presse. Il avait soutenu que si les élections municipales devaient avoir lieu en ce moment à Port-Louis, le MMM aurait remporté la joute.

A cela, James Burty David répond que Reza Issack a donné ses explications. Face à l?insistance de la presse pour savoir si ces explications lui ont donné satisfaction, il restera de marbre. Par contre, Deva Virasawmy a ajouté «nous avons accepté ses explications».

<B>«Il fallait crever l?abcès»</B>

De plus, il est impératif, insiste James Burty David que la discipline du parti prime. Sollicité, Reza Issack affirme «assumer ce qu?il a dit dans un contexte bien précis. Et cela, pas pour faire du tort au parti, mais l?aider à se ressaisir. Il fallait crever l?abcès. J?ai dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas».

Au bureau politique, Cader Sayed Hossen et James Burty David n?étaient pas du même avis, soutenant que cette déclaration a gêné tant le PTr que le gouvernement. Reza Issack a expliqué au BP qu?il n?a aucun «agenda caché» et qu?il n?est pas «frustré» mais que sa démarche était sincère.

Pour le 1er Mai, les travaillistes comptent mobiliser leurs partisans à Vacoas. «Nous allons quadriller le terrain», lance James Burty David.

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