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Le chef de l’Eglise catholique dénonce la surpolitisation de la société mauricienne
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Le chef de l’Eglise catholique dénonce la surpolitisation de la société mauricienne
Le chef de l’Eglise catholique tape encore une fois sur les politiciens. Il parle de « transactions à peine voilées dans un marché aux courtisans qui fait monter les enchères comme dans une vente à l’encan ».
Après avoir dénoncé l’amalgame entre politique et religion lors de sa lettre pastorale pour le Carême 2012, le chef de l’Eglise catholique mauricienne remet le couvert. Dans son homélie à la cathédrale Saint-Louis dans le cadre du Jeudi Saint ce 5 avril, Mgr Maurice Piat a fait une juxtaposition entre la situation dans laquelle se trouve Maurice et celle où Jésus a vécu en Palestine.
Il a remis au goût du jour une prophétie biblique en soutenant que « comme au temps de Jésus, il y a de la frustration ». Il déplore les inégalités sociales, telles l’écart de salaires, insistant sur le fait que « certains s’enrichissent, d’autres deviennent plus pauvres ».
L’Evêque de Port-Louis tape également sur l’administration centrale : « Une administration compliquée et tatillonne met les bâtons dans les roues et bloque l’élan de ceux qui veulent lutter contre la pauvreté ». Une fois de plus, il dénonce le fait que le communalisme est en train de gagner du terrain et qu’une « corruption effrénée gangrène notre société et reste largement impunie ».
La chose politique est également dans la ligne de mire du chef de l’Eglise catholique. « Une surpolitisation de la vie socio-économique, académique, artistique, sportive et même religieuse, bloque le dynamisme et l’initiative des citoyens qui ont à cœur le développement humain de notre société », dit-il. L’évêque soutient que « certains tournent en rond dans une course stérile au pouvoir ». La politique, enchaine-t-il, « perd sa dignité en se laissant aller à des transactions à peine voilée dans un marché aux courtisans qui fait monter les enchères comme dans une vente à l’encan ».
« Devant ce triste spectacle, les gens sont fatigués, » fait-il ressortir. Il explique que certains se disent en faveur d’un printemps mauricien calqué sur le modèle arabe, d’autres disent que les religions doivent jouer leur rôle en moralisant le peuple afin d’éviter les dérapages, alors que certains veulent combattre le communalisme en jouant cette même carte.
L’Evêque de Port-Louis reconnaît que « quelques prophètes, hélas peu écoutés dans leur pays, parlent encore de mauricianisme ».
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