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Le chef de l?état partisan d?une nouvelle loi éléctorale
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Le chef de l?état partisan d?une nouvelle loi éléctorale
Le président libanais Emile Lahoud a exhorté les députés à réviser d?urgence la loi électorale qui, en l?état, ne garantit pas, selon lui, la représentativité de la prochaine législature. L?Assemblée nationale, dominée pour le moment par le camp loyaliste prosyrien, avait jusqu?à hier pour agir en ce sens, faute de quoi le scrutin, qui doit s?ouvrir le 29 mai, sera régi par la loi électorale adoptée en 2000, jugée favorable aux alliés de Damas.
Dans sa lettre aux élus, Lahoud, qui appartient de longue date au camp prosyrien, souhaite la tenue du scrutin ?dans les délais et sous le régime d?une loi à même de garantir la meilleure expression de la volonté du peuple?. Les représentants réclament la création de petites circonscriptions, comme le prévoit un projet de loi électorale rédigé il y a plusieurs mois, resté lettre morte.
On ignore encore si Nabih Berri, président de l?Assemblée et chef de file du mouvement chiite Amal, favorable à Damas, avait l?intention de convoquer les élus hier en séance extraordinaire. Outre les chrétiens maronites, plusieurs représentants druzes et sunnites se sont prononcés en faveur d?une révision de la loi électorale, avant d?accepter, à l?instar du Hezbollah, le marché proposé par Berri.
Ce dernier prône le maintien du texte actuel en échange du respect de l?échéance du 29 mai, qui doit marquer le dernier acte du séisme politique provoqué par l?assassinat, le 14 février, de l?ancien Premier ministre Rafic Hariri.
L?intervention de Lahoud coïncide avec la visite à Damas du chef du gouvernement, Nadgib Mikati, proche allié de la Syrie, qui jouit néanmoins du soutien de l?opposition libanaise. ?Nous avons évoqué les moyens d?entretenir la spécificité de notre relation et de l?améliorer de façon à servir les intérêts de nos deux peuples?, a déclaré le nouveau Premier ministre à l?issue d?un entretien avec le président Bachar el Assad, dont il est un ami personnel.
Damas a annoncé la semaine dernière avoir achevé le rapatriement de ses troupes et des membres des services de renseignement, au terme de 29 ans de présence militaire au Liban, conformément à la résolution 1559 du Conseil de sécurité.
Une équipe de l?Onu chargée de vérifier ce retrait a visité mercredi des installations occupées il y a peu par les services secrets syriens à Andjar, dans la plaine de la Bekaa, et s?est rendue sur le site d?une base militaire dans le même secteur.
Les inspecteurs se sont en outre présentés à un poste militaire tenu par le Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG), mouvement soutenu par Damas, dont l?accès leur a été interdit, a-t-on appris de source proches des services de sécurité libanais. Des coups de feu ont même retenti alors qu?ils rebroussaient chemin. Le secrétaire général de l?Onu, Kofi Annan, a demandé mercredi au gouvernement libanais d?assurer la sécurité et la liberté de mouvement de son équipe d?inspecteurs.
<B>Aoun Amnistié
?Le secrétaire général déplore cet incident. Il attend du gouvernement libanais qu?il assure la sécurité de la mission de vérification?, a déclaré le porte-parole de l?Onu, Stéphane Dujarric. A Beyrouth, plusieurs centaines de chrétiens ont manifesté en faveur d?une nouvelle loi électorale et de la libération de Samir Geagea.
Le chef des Forces libanaises, milice opposée à la présence syrienne, ennemie de la communauté druze pendant la guerre civile (1975-1990), purge une peine de prison à vie pour son rôle dans les assassinats de plusieurs personnalités, alors que d?autres chefs de guerre ont été amnistiés.
La veille, Walid Joumblatt, chef de file de l?opposition druze, avait également réclamé sa libération au nom de la réconciliation nationale.
Si Geagea reste sous les verrous, la justice libanaise a en revanche renoncé mercredi à poursuivre le général Michel Aoun, en vertu de la loi d?amnistie adoptée après la guerre, ouvrant la voie au retour d?exil du représentant maronite.
Accusé d?atteinte à la sûreté de l?Etat, à l?unité nationale et à la Constitution, ainsi que de malversations, Aoun, qui a dirigé un gouvernement militaire à la fin des années 80 sous le mandat du président Amin Gemayel, a été contraint de s?exiler en France en 1990, un an après l?écrasement de son mouvement par les forces syriennes.
Le général, qui jouit d?un large soutien au sein de l?aile radicale de la communauté chrétienne, a souhaité mettre fin à son exil le 7 mai et a assuré que son Mouvement patriotique libre présenterait des candidats aux prochaines législatives.
<B>Lin NOUEIHED</B>
ÉQUIPE D?ASSISTANCE
<B>Des observateurs de l?UE aux élections législatives </B>
■ L?Union européenne a annoncé hier qu?elle allait dépêcher la semaine prochaine une équipe d?observateurs au Liban, pour des élections législatives qui s?étaleront sur quatre dimanches consécutifs à partir du 29 mai. La Mission d?observation électorale (MOE) de l?UE sera composée de 90 observateurs, a fait savoir la Commission européenne dans un communiqué publié mercredi soir. Ce scrutin sera suivi de près par la communauté internationale, puisque c?est le premier à être organisé au Liban depuis le départ des troupes syriennes, présentes dans le pays depuis 29 ans. Les élections auront lieu les 29 mai et 5, 12 et 19 juin. ?Je me réjouis de ce que le peuple libanais ait maintenant la possibilité d?élire librement un parlement qui représente ses aspirations?, a déclaré la commissaire aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner. ?La MOE confirmera sa réputation d?observatrice impartiale, afin que le processus électoral au Liban inspire confiance.? Les Nations unies ont dépêché mercredi au Liban une équipe d?assistance aux élections composée de deux experts chargés d?aider le gouvernement à préparer le scrutin, et de coordonner le déploiement des observateurs internationaux.
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