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Le CEB en état d?alerte
Les installations du Central Electricity Board (CEB) à travers l?île sont sous surveillance policière depuis hier. Ainsi en a décidé vendredi le Conseil des ministres, informé des « menaces de sabotage » proférées par les représentants de l?Union of Employees of CEB (UECEB). Le Conseil des ministres a également demandé à la police d?instituer une enquête sur cette affaire.
Mardi dernier, en effet, les délégués de l?UECEB ont adopté une motion visant à inviter les consommateurs à interrompre le courant électrique à des heures de pointe. Ce syndicat des travailleurs manuels du CEB compte ainsi d?une part conscientiser les consommateurs aux dangers de la transformation de cet organisme parapublic en une compagnie privée (corporatisation) et d?autre part faire pression pour une demande d?augmentation de salaire de l?ordre de7 % pour ses membres.
« Etant donné l?importance stratégique du CEB pour le pays, nous ne pouvons prendre des risques et ne pas réagir vigoureusement contre les déclarations irresponsables de ceux qui veulent, avec cette idée, affecter notre réseau de distribution », explique le président du conseil de direction du CEB, le Professeur Swaley Kassenally, pour justifier ces mesures de sécurité accrues autour des installations électriques du pays.
Pour sa part, s?il concède avoir émis l?idée d?inviter les consommateurs à couper leur courant électrique aux heures de pointe, le président de l?UECEB, Giandeo Peeharry, nie avoir menacé de saboter les équipements du CEB. « Nu péna aucaine l?esprit sabotage. Nu l?esprit cé conscientise le consommateur lor dangers corporatisation kot li pou gagne enn troisième augmentation facture CEB. »
« Ki zot oulé dire quand zotte dire coupe courant ? Li pas autre chose ki enne sabotage », renchérit le Professeur Kassenally. « Je ne comprends pas comment on peut vouloir porter atteinte aux avoirs de sa compagnie. »
C?est ainsi que dès mercredi, la direction du CEB a, dans une circulaire, lancé une sévère mise en garde à ses employés contre toute velléité de sabotage.
L?UECEB n?en démord pas pour autant. « Le Premier ministre, Paul Bérenger, est mal informé de la véritable nature du problème au CEB. Avant de décider de quoi que ce soit, il aurait dû descendre sur le terrain et venir comprendre le problème à sa source», explique Giandeo Peeharry.
Marche de protestation
Mise en garde ou renforcement de mesures de sécurité ne diminuent en rien la combativité des syndicalistes. Mercredi prochain l?UECEB rencontre les représentants du Front pour un combat unitaire pour avaliser cette stratégie d?inviter les consommateurs à s?engager dans des campagnes de coupures.
Ce front, nouvellement créé, regroupe les employés du CEB, ceux de la National Transport Corporation, de Mauritius Telecom, de la douane, de la zone franche et d?autres associations citoyennes.
Une marche de protestation est prévue le 22 novembre pour soutenir les revendications de l?UECEB.
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