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Le bonheur ailleurs

14 août 2008, 00:00

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A défaut de trouver le bonheur dans son pays natal, il est allé le chercher à Madagascar. 18 ans depuis qu?il y vit avec sa famille. Sans regret, bien que les conditions de vie n?étaient pas les meilleures. Bien que ses deux gamins lui ont souvent dit de plier bagages pour regagner Maurice. Bien qu?on ait tout cambriolé et qu?il fallait repartir à zéro. Bien que la crise de 2002 de Madagascar l?ait forcé à fermer l?usine qu?il y avait monté. «Je me suis dit que Dieu m?avait donné une chance, qu?il ne m?en donnerait pas une deuxième. Donc je suis resté.»

Joseph Clarisse est aujourd?hui production manager à Fatexma, à Antananarivo. Où il a débarqué il y a 18 ans. Suivant un investisseur italien, Carlo Cilli qu?il a rencontré à Maurice.

Joseph a commencé à travailler vers 14 ans. A l?école primaire à Curepipe, il n?est «pa for dan lir». Il préfère tenter sa chance dans un métier. Celui de tailleur lui plaît plus que les autres, car cela va lui permettre de créer ses propres vêtements. Une excellente chose pour celui qui «aime être chic tout le temps». Personne n?a fait ce métier avant lui dans sa famille. Tout seul, il apprend. Produit des vêtements d?hommes comme de femmes dans son atelier. Mais avec le prêt à porter qui prend de l?ampleur, le jeune Joseph doit mettre la clé sous le paillasson après sept ans environ.

Il va travailler dans une première usine qui ferme ses portes après cinq ans, faute de commandes. Le sort n?est guère meilleur pour la deuxième usine où il va travailler. Elle ferme au mois de décembre et n?a même pas assez d?argent pour payer ses employés.

Joseph n?a pas grand-chose dans son porte-monnaie, mais il a un titre, celui de Chief Supervisor. Suffisant pour convaincre Carlo Cilli de l?embaucher dans sa nouvelle compagnie à Maurice. Apres cinq ans , l?Italien lui propose de se rendre à Madagascar avec lui. Joseph hésite à peine, ce monsieur étant «le seul à m?avoir aidé dans ma vie».

En vacances chez nous pour quelques jours, va-t-il y rester ? «Peut-être pas. J?ai énormément de respect pour Madagascar. Il y a eu de mauvaise années, mais maintenant j?y vis bien.»

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