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?Law and Order?

17 juin 2005, 00:00

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par Deepa BHOOKHUN

Kishore Pertab ?Le taux de criminalité est en baisse?

■ A quoi attribuez-vous la montée de criminalité dans le pays ?

Kishore Pertab : Je vous réfère à un crime survey report publié en août 2004, compilé par une organisation indépendante, qui dit que la criminalité est en baisse. C?est donc une mauvaise perception. Il n?y a plus eu Kaya, pas de Gorah Issac, pas d?escadron de la mort, pas d?attaques sur les salesmen. Tout ça, c?était à l?époque de Ramgoolam et la situation du ?law and order? a été redressée par le présent gouvernement. Shattock, c?est du passé.

Yatin Varma : Depuis l?an 2000, 40000 personnes ont perdu leurs emplois. Inévitablement, cela crée un problème social et contribue à la situation que nous savons. Le gouvernement n?a malheureusement pas accordé assez d?importance à ce sujet, d?où la détérioration totale du ?law and order?.

■ Quelle est la recette pour une bonne justice et paix sociale ?

K.P. : 3526 policiers ont été recrutés, 2994 ont été promus alors que de 1995 à 2000, la force policière était découragée et il n?y avait pas de recrutement. Il y a maintenant une policière dans chaque poste de police 24 heures sur 24, le dernier budget prévoit le recrutement de 500 policiers additionnels et la création d?une Crime Prevention and Investigation Unit. Rs 170 millions ont été votés pour combattre la criminalité, Rs 20 millions pour l?installation des close circuits surveillance à Port-Louis et le budget de la police est passée à Rs 3,16 milliards, une augmentation de 11%.

Y.V. : D?abord il faut une volonté politique pour mettre un peu d?ordre dans le pays. Concrètement, il faut revoir la façon dont nous gérons le social. En ce qui concerne la police, il faudrait un plan intégré. D?abord, les policiers doivent être formés comme il se doit ? et non pas recrutés à la veille des élections. Il faudrait aussi mettre à leur disposition les outils nécessaires afin qu?ils puissent travailler dans des meilleures conditions.

■ A quoi attribuez-vous la perception d?une justice à deux vitesses dans le pays?

K.P. : Cette question aurait dû être adressée au chef juge mais en tant qu?avocat, je note que cette perception dépend principalement des compétences de l?homme de loi. Souvent, c?est la maîtrise du droit procédural, de la façon dont on présente le dossier, et bien sûr de l?interprétation de la loi par le juge qui créent cette perception.

Y.V. : C?est malheureux mais c?est vrai. Un ?ti dimounn? sera arrêté un vendredi, il sera gardé en détention le samedi et le dimanche et ce n?est que le lundi qu?il sera autorisé à payer sa caution pour sa libération. Souvent, la police menace et dit ?si ou aksepte sign sa deklarasyon la ou gayn kosyon? et cela, je le sais, je le vois. Je vous donne des exemples récents: quand il s?agit de white collar crimes, le grand patron est accueilli au poste de police, on lui offre un café, et il est conduit directement en cour pour qu?il puisse être libéré sous caution.

■ Comment faire pour améliorer la situation dans les prisons ?

K.P. : Nous avons un centre de réhabilitation dans l?enceinte de la prison dans lequel la NATReSA joue un rôle important. Il y aura bientôt un centre de désintoxication et le service communautaire gagne du terrain avec les législations que le gouvernement a passées. Le budget prévoit aussi une somme de Rs 10 millions pour améliorer les prisons en général, Rs 8 millions pour les close circuits surveillance, deux assistants commissaires additionnels et 58 recrutements.

Y.V. : La situation est catastrophique. Il nous faut des Mauriciens à la tête de la prison pour éviter les problèmes auxquels Bill Duff fait face. Il y règne une insécurité totale, que ce soit pour le prisonnier ou pour l?étranger qui rend visite à la prison. Je ne fais pas de la démagogie, mais personne ne peut nier le fait qu?il y a des gangs qui contrôlent la prison et que la drogue y est constamment présente. Il y a aussi un problème de déploiement de gardes-chiourme.

■ Est-ce que la construction de prisons additionnelles est une solution ?

K.P. : Les experts affirment que nous avons un problème de surpopulation dans les prisons. C?est ainsi que deux terrains ont déjà été alloués à Melrose et à Cottage. En même temps, il y aura un New Remand Centre à Beau-Bassin qui sera opérationnel en août aussi bien qu?une new wing à la prison des femmes.

Y.V. : Oui et non. Il y a effectivement un problème de places qui engendre beaucoup de complication. Il faut construire mais il faut aussi résoudre les problèmes auxquels fait face la prison.

■ Faut-il revoir la ?sentencing policy??

K.P. : Justement le service communautaire fait ses premiers pas et il est utilisé au maximum chez les first offenders. Je pense qu?il faudrait aussi réfléchir à reintroduire la rémission pour les criminels, sauf peut-être pour les drogués. Là-dessus, je pense qu?il faudrait un brainstorming. La rémission est importante dans le sens où cela encourage les détenus à mieux se comporter.

Y.V. : Définitivement. Il faudrait mettre l?accent sur le service communautaire et la probation. La prison devrait être le dernier recours pour la réhabilitation des prisonniers. En ce moment, le caractère de ceux qui sortent de la prison a empiré comparé à leur attitude lorsqu?ils y sont entrés.

Yatin Varma ?Il y a une détérioration du climat social?

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