Publicité
L?automobile en pleine mutation
Faut-il encore le rappeler mais l?automobile est une valeur sûre à la Réunion. En 2002, trois concessionnaires (Caillé, Automobiles Réunion et Foucque) figuraient ainsi parmi les vingt premières entreprises de l?île en termes de chiffre d?affaires. Même chose en terme d?effectifs, Cotrans prenant alors simplement la place d?Automobiles Réunion.
En treize ans, le parc automobile réunionnais a plus que doublé et atteint 281 000 voitures au 1er janvier 2003, soit 0,4 voiture par habitant. Le taux d?équipement des ménages se situait à 63 % en 1999 contre 50 % dix ans plus tôt. Si la Réunion rattrape son retard sur la métropole (où le taux d?équipement en automobile est de 80 %), le parc local compterait 500 000 véhicules à l?horizon 2020. De quoi faire frémir tous ceux qui sont déjà coincés dans les bouchons aux heures de pointe !
Dans sa dernière publication en date, l?Institut d?émission des départements d?outre-mer (Iedom) a choisi de s?intéresser au marché de la distribution automobile. Sa conclusion ? ?Dans un environnement propice, les concessionnaires enregistrent dans l?ensemble des résultats satisfaisants avec toutefois des zones de fragilité. Si les marges ont pu être sauvegardées, la rentabilité des affaires souffre d?une part de l?alourdissement des consommations intermédiaires et des charges de personnel qui pèsent sur l?excédent brut d?exploitation. Et d?autre part, de l?importance des frais financiers générés par un recours important aux emprunts bancaires pour financer les investissements et un cycle d?exploitation pénalisé par des stocks en constante augmentation (notamment en véhicules d?occasion)?.
Voilà pour la synthèse. Dans le détail, l?Iedom a classé les entreprises réunionnaises importatrices de véhicules neufs en trois groupes. Le premier est constitué des trois plus importants concessionnaires spécialisés dans les marques françaises (Peugeot, Renault et Citroën) qui totalisent à eux trois près de 60 % d?un marché réunionnais estimé en 2002 à 658,5 millions d?euros.
Le deuxième regroupe la Compagnie marseillaise de Madagascar (CMM) (Ford, Toyota et depuis peu Hyundai), Cotrans automobiles (Audi, Volkswagen, Mercedes, Jeep, Chrysler, Mitsubishi et Skoda) et Dindar autos (Alfa Roméo, Fiat, Kia, Lancia, Opel, Pontiac et Volvo) qui détiennent chacun entre 5 et 10 % du marché.
Le troisième groupe se compose des autres importateurs qui détiennent chacun moins de 4 % de parts de marché et moins de 20 % en cumul. L?Iedom remarque, mais cela ne surprendra personne, que pour les concessionnaires réunionnais, le salon de l?automobile qui se déroule toutes les années impaires a un impact très favorable sur les ventes : + 8,3 % en 1999 ; + 13,1 % en 2001 ; + 10,3 % en 2003 contre -5,1 % en 2000 et -13,2 % en 2002, deux années sans salon. Entre 2001 et 2002, le chiffre d?affaires agrégé des concessionnaires a ainsi diminué de 5,6% alors qu?il avait augmenté de 11,8 % l?année précédente.
Élément inquiétant tout de même : selon l?Iedom, si le chiffre d?affaires net des concessionnaires a progressé entre 2000 et 2002, l?activité de vente de véhicules a elle baissé de 4 % après une hausse de 5,2 % entre 1999 et 2001.
<B>Insuffisant et inquiétant</B>
Ce ne sont pas les mauvais résultats de 2004 qui vont changer la donne : rien qu?entre les mois de septembre et décembre, les ventes de véhicules neufs ont baissé de 22 %. Vivement le prochain salon de l?auto prévu fin 2005, se sont sans doute dit les concessionnaires !
À côté de cette baisse des ventes qui favorise les rapprochements et les rachats (Cadjee repris par Automobiles Réunion et Hyundai par la CMM sont les deux derniers exemples en date), on observe une progression importante (+11% par an depuis 1999) des prestations liées à la réparation, l?entretien et au service après-vente.
?Le segment de la réparation, en liaison avec l?accroissement du parc automobile réunionnais, a connu un fort développement au cours de ces dernières années?, analyse l?Iedom. ?En témoigne le développement des réparateurs rapideset des spécialistes pneumatiques (Midas, Rep, Vulco, Tout pour l?auto...), de centres de contrôle technique ainsi que la création d?unités de réparation rapide par les concessionnaires?.
Le paysage automobile réunionnais a donc beaucoup évolué ces dernières années. Et ce n?est sans doute pas terminé. L?Iedom révèle en effet que si la solvabilité moyenne (rapport entre les fonds propres nets et le total du bilan) des entreprises s?est maintenue entre 19 et 20 % ces dernières années, soit un ?niveau plutôt satisfaisant?, quatre concessionnaires enregistrent un ratio proche de 5 %. Ce qui est évidemment nettement insuffisant et inquiétant.
<B>Cédric BOULLAN Le Quotidien de La Réunion</B>
GROS PLAN
<B>Des investissements routiers insuffisants</B>
■ Selon les statistiques de la cellule réunionnaise du bâtiment et travaux publics, au cours des huit dernières années, le montant des investissements routiers a progressé en moyenne de 0,5 % par an. Soit, écrit l?Iedom, ?un rythme très inférieur à celui des immatriculations de véhicules tous types confondus (+3,8 % par an)?. ?Le rythme des investissements devrait toutefois enregistrer une nette accélération avec la construction de la route des Tamarins?, projette l?Institut d?émission des départements d?outre-mer qui rappelle que cette voie coûtera environ 700 millions d?euros et accueillera chaque jour entre 40 000 et 69 000 véhicules.
Publicité
Publicité
Les plus récents