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Lauréats 2007 : L?attrait du retour ?
Cette année encore, les résultats du Higher School Certificate (HSC) ont été reçus en grande pompe. Et c?est en fanfare que certains collèges ont accueilli leurs lauréats, symboles de gloire et de supériorité face aux « rivaux ».
Vu les réformes du système d?éducation, ces résultats sont le produit de la formule Form VI Schools, et il faudra attendre en-core deux ans avant que les étudiants issus de la nouvelle formule ne passent le cap de la Form VI.
Et cette année encore, une question est sur toutes les lèvres : est-ce que ces boursiers rentreront au pays après leurs études ? À la base, cette question ne devrait même pas être posée, car les lauréats sont liés à l?État sous la forme d?un engagement écrit de revenir au pays, ou alors s?acquitter d?une pénalité de Rs 500 000.
Mais force est de constater que depuis plus d?une dizaine d?années, le laxisme du ministère de l?Éducation à faire appliquer cette règle a fini par encourager les lauréats à ne pas rentrer au pays. Ceci a eu pour effet de soulever des questions sur la validité du système d?allocation des bourses, que certains critiquent sévèrement. Car malgré les règlements, nombre d?étudiants n?hésitent plus à clamer ouvertement qu?ils ne reviendront pas. Mais selon certains, cette tendance s?effrite de plus en plus. Lucien Finette explique qu?il « y a de plus en plus qui veulent revenir. L?île Maurice a beaucoup de défis pour ses nouveaux diplômés. C?est un pays neuf avec énormément d?opportunités.
Ce n?est pas plus facile à l?étranger. Alors, il faut revenir au pays. »
Par rapport à la cuvée 2006, les résultats du HSC 2007 accu-sent une baisse. Ainsi, le taux de réussite est de 77, 75 % cette année contre 79, 3 % en 2006, soit une baisse de 1, 55 %. Cepen-dant, de 8 040 en 2006, ils étaient 8 517 à se présenter aux épreuves cette année. Du côté du Mauritius Examinations Syndicate (MES) on tempère ce léger recul. « Certes, il y a une légère baisse, mais il y a plus de candidats, soit 300 de plus, qui ont été reçus au HSC cette année », indique le directeur du MES, Lucien Finette.
Par ailleurs, cette année a vu la percée des collèges moins attendus à l?écoute des résultats des lauréats. Ainsi, parmi les classés, figurent des étudiants de l?Imperial College, du Modern College, du New Eton, de la Piton SSS, de la Sir Leckraz Teelock SSS, etc. Le collège St Andrews, qui n?a pas eu de lauréat depuis 1971, s?est distingué en sciences. « La percée de ces collèges indique que les bons résultats ne sont pas l?apanage des Star Schools. Il y a des moyens pour les étudiants de bien faire, même dans les collèges moins connus », soutient le directeur du MES.
Abdool Karrim Namdarkhan, 1er lauréat côté économie, collège Royal de Port-Louis
On dit que les lauréats sont une affaire d?environnement social et familial. Abdool Karrim Namdarkhan ne déroge pas à cette règle, car ce benjamin de la famille est aussi le troisième? lauréat. Comme ses frères, Abdool Karrim est passé par le collège Royal de Port-Louis.
« Être lauréat a fini par ressembler à une tra-dition. Depuis la Std IV je sais ce que cela veut dire, grâce à mes frères, et disons que je me suis mis la pression pour faire comme eux. » Comme choix de carrière, ce jeune homme privilégie les études de droit, comme ses frères et son père, lui-même ancien magistrat. La question de rentrer au pays ne se pose pas pour Abdool Karrim, car ses frères exercent au pays. « Il faut savoir pourquoi les autres ne veulent pas rentrer. Peut-être à cause de l?argent ? L?absence de méritocratie ? Dans le domaine que j?ai choisi, j?aurai le plus important : la satisfaction personnelle. Il se peut qu?il soit plus difficile pour moi de m?établir à l?étranger. Je reviendrai. »
Gary Kwong Yin, 2e lauréat côté économie, collège Royal de Port-Louis
Un soulagement. C?est ainsi que Gary Kwong Yin qualifie cet accomplissement. « Je me suis mis la pression, car mon frère aîné était lauréat du collège Royal de Port- Louis. » Fils de commerçants habitant la capitale, Gary compte devenir expert-comptable, comme son frère actuellement. Il ambitionne d?ailleurs de suivre les traces de ce dernier en Angleterre, où il a déjà commencé les démarches pour une admission auprès de prestigieuses universités.
Rentrera-t-il au pays après ses études ? « Oui », dit-il, avant de rajouter que « cela dépendra de plusieurs facteurs, notamment la situation de la profession ». S?il avoue que Maurice est le meilleur endroit pour vivre, il estime qu?« il y a beaucoup de choses à améliorer, et je serai fier d?y participer ». Concer-nant les réformes qui se succèdent au gré des partis politiques, et contrairement aux autres lauréats, Gary ne se montre pas trop critique. « Il faut attendre un peu pour voir ce que cela donnera comme résultats avant de pouvoir porter un jugement. »
Avnish Rogbeer, 3e lauréat côté écono-mie, collège Royal de Port-Louis
Avnish Rogbeer, se distinguait dans pas mal de sujets, « mais de là à imaginer que je serais de la cuvée des lauréats, peut-être pas. Je n?avais aucune idée de la compétition ». Pour Avnish, il n?y a pas de recette miracle, mais plusieurs facteurs qui aident à cet accomplissement. « On parle de collèges d?élite, mais l?éducation que nous y recevons n?est pas différente. C?est juste l?encadrement qui est motivant, la compétition saine entre les meilleurs, et la volonté de toujours chercher à faire mieux que l?autre. »
Il déplore toutefois le poids des leçons particulières à Maurice. Face à la question classique sur son retour au pays après les études, Avnish livre une réponse singulière : il a trop de passions à Maurice pour ne pas y retourner après, et parmi les? courses de chevaux !
« Les courses hippiques sont une passion que nous partageons au niveau familial. Mais nous ne jouons pas, nous suivons avec ardeur, c?est tout. »
Marie-Béatrice Karen Yvon, 2e lauréate côté langue, « Queen Elizabeth College »
Se démarquant de l?archétype de la lauréate, elle ne s?est pas trop appuyée sur les leçons particulières, mais dit avoir bénéficié de beaucoup de soutien de la part de ses enseignants. « Je n?ai pas arrêté mes activités extra-scolaires. J?ai fait du théâtre et du bénévolat. »
Contrairement à d?autres, pour qui cette année d?Upper Six représente un parcours du combattant, Karen dit avoir pris beaucoup de plaisir à terminer son cycle secondaire au collège Queen Elizabeth. Quant à l?avenir, elle envisage de poursuivre ses études en droit ou dans les relations internationales. « J?affectionne particulièrement le système anglo-saxon, l?Angleterre en particulier. Mais j?avoue avoir aussi une préférence pour les États-Unis. » Interrogée quant à son retour au pays après les études, elle répond par l?affirmative.
Mieux encore, elle explique envisager une carrière dans la politique. « Je veux faire de la politique et devenir Premier ministre de Maurice. Il ne s?agit pas d?une illusion, mais je suis persuadée qu?à mon retour, la mentalité aura évolué et que la politique fera plus de place aux femmes. »
Ayesha Aumeeruddy, 7e lauréate côté sciences, « Queen Elizabeth College »
Pour cette jeune femme, le fait d?être parmi la cuvée des lauréates de 2008 n?est pas seulement une question de travail, mais dépend aussi du facteur chance. « Cette année d?Upper Six n?a pas été si stressante que cela, et c?est pourquoi je suis toujours sous l?effet de la surprise après avoir appris la nouvelle. » Mais elle avoue avoir passé des journées assez chargées, notamment avec les leçons particulières. La suite de l?aventure, elle l?envisage dans le domaine de la biotechnologie.
Néanmoins, elle n?a toujours pas arrêté son choix sur l?université où elle voudrait aller. Quant à l?avenir professionnel, elle répond qu?un retour au pays n?est pas impossible. « Pourquoi pas, je compte revenir, puisque c?est avant tout mon pays. Je crois que je ne vais pas pouvoir m?adapter dans la routine et le style de vie d?un autre pays. » Face à la question des meilleures opportunités ailleurs, elle répond sans hésitation : « Les opportunités, il faut en créer ici, au lieu d?aller en chasser ailleurs. »
Esha Luxmi Gopee, 4e côté sciences, « Queen Elizabeth College »
La deuxième a été la bonne. Classée 20e l?année dernière, Esha se démarque des autres boursiers de la cuvée 2007. Et prendre des risques semble être une habitude chez cette ancienne étudiante du Queen Elizabeth College.
Car même si elle a excellé dans les sciences, Esha compte se réorienter dans le secteur des finances, notamment le génie financier. « Pourquoi ce choix ? Il y a plus de perspectives au niveau professionnel dans ce secteur. » Toutefois, cette deuxième tentative n?a pas été évidente pour Esha. « Il a fallu faire beaucoup de sacrifices et avoir beaucoup de patience. »
Quant à son avenir professionnel, elle ne se fait aucune illusion sur les opportunités qu?offre Maurice, et penche plutôt pour l?étranger. « Les financiers ont plus de satisfaction par rapport à leur profession à l?étranger. D?ailleurs les membres de ma famille m?encouragent à m?installer ailleurs. »
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