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L?attitude au travail, un point faible
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L?attitude au travail, un point faible
Le Mauricien ne travaille pas assez, cherche la facilité et ne veut pas toujours entreprendre. Ce constat peu reluisant de l?attitude au travail a été fait par les participants à la convention nationale organisée par la Jeune chambre économique, samedi, à l?hôtel La Plantation. Elle portait sur l?entrepreneuriat. Le ministre de l?Industrie et du Commerce, Rajesh Jeetah, estime que le Mauricien a le potentiel de faire mieux. L?objectif étant de doubler le produit intérieur brut (PIB) du pays dans les années à venir. Le PIB actuel est de $ 5 000 par habitant. Aux Etats-Unis, il est de $ 43 800. Deux participantes dans la salle l?interrompent : ?Si le Mauricien est intelligent et a effectivement le potentiel, il est paresseux et ne travaille pas assez.?
Henry Loo, architecte, enfonce le clou. Dans le secteur de la construction, il déplore que les travailleurs ne viennent pas sur le chantier les lundis et renâclent souvent à la besogne. Face à une telle attitude, il demande que les autorités permettent davantage le recours aux travailleurs étrangers. Ce qui n?est pas une solution, rétorque le président de l?Empowerment Programme, Jean-Claude de l?Estrac. Mais celui-ci déplore tout autant l?attitude des employés qui font la pluie et le beau temps au travail.
De plus, lorsque les jeunes recherchent un emploi, ils visent toujours la fonction publique pour assurer leur sécurité. ?Cette mentalité de permanent and pensionsable doit évoluer. Il faut faire comprendre aux jeunes que les emplois dans le gouvernement ne sont pas les emplois de demain. Ceux-là se trouvent désormais dans le privé?, argue Jean-Claude de l?Estrac.
Il faut donc également convaincre les Mauriciens que l?industrie du textile n?est pas crépusculaire. Il est nécessaire qu?ils réalisent que cette industrie s?est modernisée. Aujourd?hui, les ouvriers ne sont plus de simples ?modistes? mais des opérateurs qualifiés.
Le ministre Jeetah a auparavant épousé la même philosophie : ?Cette industrie est là pour durer. Prenez l?exemple de François Woo, qui investit massivement dans le high-tech. Nous ne faisons plus de t-shirts basiques.?
Recherche de sécurité
Pour la présidente de la Small Entreprises and Handicraft Development Authority (Sedha), Indira Pochun, l?état d?esprit des Mauriciens, encouragé souvent par les politiciens, est une entrave importante à l?entrepreneuriat. Ils sont à la recherche de la sécurité de l?emploi ; le risque de lancer une entreprise ne les tente pas.
Chiffre qui démontre cette tendance : sur 100 personnes qui ont besoin d?un emploi et sont encadrées par la Sedha, seules six vont démarrer une entreprise. Et une quinzaine va dans un premier temps se faire inscrire.
La présidente du National Women Entrepreneur Council, Nivedita Nathoo, abonde dans le même sens. Lors d?entretiens avec des Business Plan Officers, elle leur a demandé si lancer une entreprise ne les intéressait pas. Elle s?est dit choquée par la réponse : ?nous ne nous voyons pas comme employeurs. Nous préférons être des employés.?
?Le changement de mentalité est très difficile. On a été pendant trop longtemps assistés. La tendance commence peu à peu à se renverser et je pense que cela prendra du temps?, estime Indira Pochun.
Trop souvent, dit-elle, les gens ne mesurent pas le potentiel de développement de petites entreprises. Lors d?une tournée de la Caravane de l?entrepreneuriat, elle s?est rendue à Dubreuil. Elle a découvert que la culture des tiges de balai est très appropriée au climat de cet endroit. Comme chaque famille mauricienne utilise un balai, la commercialisation de ce produit peut être intéressante.
Obstacle légal
Elle est d?avis qu?il est temps pour que les gens ?think outside the box?. Elle rappelle les différents plans de la Sedha pour les petits entrepreneurs. C?est ainsi que 75 start-up ont bénéficié d?une subvention de Rs 50 000 ajoutée à un prêt concessionnaire de la Banque de développement. Et cela, sans qu?aucune garantie ne soit exigée de l?entrepreneur.
Lors de la séance de questions-réponses, un des participants s?est dit interpellé par le fait que les boursiers de l?Etat sont nombreux à ne pas revenir travailler pour leur pays. Il souhaite des actions plus musclées de la part des autorités sur cette question. Pour Jean-Claude de l?Estrac, cette question, qui a fait l?objet de discussions depuis longtemps, n?a pu être résolue, surtout par rapport au bond liant l?étudiant à l?Etat mauricien. Légalement, il y a un obstacle, souligne-t-il. Certains sont d?avis que cette bourse est une récompense pour l?effort fourni par l?étudiant.
Par ailleurs, Jean-Claude de l?Estrac a expliqué le concept d?empowerment : ?Ce n?est pas une invention politique, un gimmick pour distribuer l?argent de l?Etat à tort et à travers. C?est un concept qui a émergé depuis quelques années pour aider les plus pauvres à s?insérer dans un processus de développement durable. L?Etat providence les maintient dans leur condition. Alors que l?empowerment programme les soutient, les encadre, pour qu?ils s?en sortent.?
Rajesh Jeetah met en avant les secteurs d?avenir. La land-based oceanic industry au service de l?aquaculture et de l?industrie pharmaceutique, représente une grande opportunité. Il cite l?exemple de Hawaï, qui peut récolter jusqu?à 2 millions de dollars grâce aux recettes de cette industrie.
Les perspectives sont tout aussi intéressantes, selon lui, dans le seafood hub, et le rhum qui peut se retrouver sur les étagères étrangères. Il dit ne pas comprendre comment avec une capacité de production de neuf millions de litres, le rhum mauricien n?ait pas encore pu s?exporter à grande échelle, laissant la place aux pays des Caraïbes, qui sont des exportateurs majeurs.
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