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L?assurance d?un avenir meilleur

17 juin 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Combien d?athlètes se sont retrouvés chômeurs après leur carrière sportive ? Un grand nombre, et à Maurice c?est presque une fatalité. Les athlètes étaient laissés pour compte une fois qu?ils n?étaient plus performants sur le plan sportif. Les exemples à citer sont trop nombreux. Mais heureusement que les choses commencent à changer depuis la mise sur pied du Trust Fund for Excellence in Sports (TFES).

Les autorités ont compris qu?on ne pouvait plus traiter nos héros ? ces sportifs qui ont travaillé très dur, bien souvent au détriment de leurs études, pour pouvoir faire honneur au pays ? comme des moins que rien. Et puis, il n?est un secret pour personne que la plupart des athlètes sont issus d?un milieu social défavorisé. Déjà ils ont du mal à respecter un équilibre alimentaire convenable, songer à une formation, qui dans la plupart des cas coûte assez cher, c?est pratiquement chose impossible.

Michael Glover, chief executive du Trust Fund, et son équipe ont abattu un travail colossal depuis la création de la fondation, il y a plus d?un an. ?Le TFES a été créé pour l?accompagnement des sportifs de haut niveau dans leur cheminement éducatif et professionnel?, précise l?ancien ministre des Sports.

Avec la mise sur pied d?un deuxième Trust Fund par la State Bank et qui est placé sous la direction de Micheal Glover, l?avenir des sportifs mauriciens s?annonce encore plus rassurant. ?Il existe, en effet, deux fondations. La première a été mise en place par l?État et gère un budget de Rs 5 millions alors que la deuxième a été créée par la State Bank. Cette dernière est totalement indépendante et gère un fonds de Rs 25 millions. Bien entendu, une étroite collaboration doit exister entre les deux fondations?, explique Micheal Glover.

Onze bénéficiaires

Ils sont, valeur du jour, onze athlètes seulement à avoir pu compter sur le soutien du Trust Fund. Deux d?entre eux, à savoir les boxeurs Yionel Laval Mamode et Richarno Colin, ont déjà complété leur formation en Overhaul Spark Ignition Petrol Engines, à l?Automotive Training Unit du Centre de formation Sir Ramparsad-Neerunjun à Rose-Hill. Les neuf autres, en l?occurrence Karen Foo Kune (badminton), Gaël Adam (natation), Jean-François Degrace (athlétisme), Dharamjai Jeetun (athlétisme), Mélissa Vincent (natation), Pascal Ladaub (cyclisme), Christina Herbu, Dany Besegue et Polin Macoy (judo) sont toujours en formation. Certains d?entre eux ont opté pour une formation technique tandis que d?autres ont choisi la filière académique et poursuivent actuellement des études tertiaires à la DCDM Business School à Quatre-Bornes ou encore en Australie.

Le TFES ne se limite pas à financer les études ou encore la formation des sportifs. Il leur accorde également une allocation qui leur permet de se nourrir convenablement et de financer leurs frais de transport. Toutefois, cette allocation leur est allouée uniquement les jours où ils ont cours.

Mais s?il ne sont qu?une dizaine à profiter de l?aide de la fondation, c?est dû soit à l?ignorance des fédérations par rapport aux facilités qu?offre le TFES soit tout simplement à la mauvaise volonté et l?indifférence des dirigeants sportifs qui ne se soucient guère de l?avenir de leurs athlètes.

Bonheur

?Le démarrage du TFES a été très lent car toutes les fédérations n?ont pas compris son importance. Aujourd?hui, le TFES va à la rencontre des sportifs et des centres de formation. Le résultat est des plus positifs?, se réjouit le chief executive de la Fondation.

Michael Glover reconnaît, toutefois, que toutes les institutions et même les firmes privés ne jouent pas vraiment le jeu. ?L?IVTB (NdlR : Industrial and vocational training board) nous donne un sérieux coup de main à travers une collaboration étroite et intelligente mais il reste encore un gros travail à faire du côté du MIE (NdlR : Mauritius Institute of Education), de l?Université et des firmes privées?, dit-il.

Malgré le peu d?athlètes que le Trust Fund a pu aider aujourd?hui, Michael Glover se réjouit d?avoir pu offrir un brin de bonheur à ces athlètes pour qui suivre une formation était chose irréalisable jusqu?ici, en raison de leur situation financière précaire.

?C?est un bonheur de voir la transformation des athlètes. Pour ne citer que deux exemples : Dharamjai Jeetun est aujourd?hui métamorphosé au contact des étudiants de la DCDM Business School et projette déjà de continuer un deuxième semestre en informatique. La judokate Christina Herbu se morfondait chez elle sans aucune ambition particulière. Elle a appris non seulement à sourire mais encore à développer sa personnalité en suivant des cours de coiffure?, constate-t-il.

Nous avons suivi l?équipe du Trust Fund lors de sa visite dans les différentes institutions professionnelles et académiques où sont admis les bénéficiaires.

(Voir ci-dessous les impressions des bénéficiaires.)

LES BENÉFICIAIRES

■ JEAN-FRANÇOIS DEGRACE (ATHLETISME) :

?Je vais pouvoir m?entraîner l?esprit tranquille?

Jean-François Degrace, 20 ans, voudrait devenir architecte. Brillant élève, il a été accepté à la Jr School of Draughtsmanship and Building Construction pour un cours de deux ans dans le domaine de l?architecture. Mais les cours côutent cher, soit Rs 1 200 mensuellement. ?C?est une somme assez importante pour mes parents. Mais depuis que le Trust Fund s?est chargé de mes frais de scolarité, mes parents se sentent soulagés. D?autant plus que la fondation nous donne également une allocation de transport et de nourriture durant les jours de cours. Je vais pouvoir désormais m?entraîner l?esprit tranquille. Je tiens à remercier le Trust Fund, l?Association mauricienne d?athlétisme amateur et mon sponsor CEAL pour leur aide si précieuse?, confie ce spécialiste du 200m et du 400m.

■ CHRISTINA HERBU (JUDO) :

?Je suis très reconnaissante envers le Trust Fund?

Il y a quelques mois, l?avenir semblait morose pour cette jeune judokate de 17 ans, qui n?a étudié que jusqu?à la classe de sixième. Son père, simple employé à la SMF, et sa mère, femme au foyer, ne pouvaient lui payer sa formation de coiffeuse. Un métier qu?elle a toujours rêvé d?exercer. Grâce au judo, qu?elle pratique depuis trois ans seulement, elle découvre les facilités qu?offre le Trust Fund for Excellence in Sports. Et là, c?est la lumière au bout du tunnel. Christina saute sur l?occasion et s?inscrit au Marion Hair Club, une école de coiffure située à Rose-Hill. ?Les cours qui sont d?une durée d?un an et demi coûte Rs 15 000. Jamais mes parents n?auraient pu me payer une telle formation. Je suis très reconnaissante envers le Trust Fund qui me donne également une allocation pour la nourriture et les frais de transport. Je vais pouvoir dans quelques mois exercer comme coiffeuse?, se réjouit la jeune femme.

■ DHARAMJAI JEETUN (ATHLETISME) :

?Je remercie la fondation?

Dharamjai Jeetun, 25 ans, labourait la terre pour gagner son pain. En hiver comme en été, sous le soleil brûlant ou sous la pluie. Il fallait s?y faire avec les caprices de Dame nature. A 5 heures, alors que la plupart des athlètes étaient bien au chaud dans leur lit, récupérant de l?entraînement de la veille, Dharamjai était déjà dans les ?karos?. Après une journée de dur labeur, ce spécialiste du demi-fond trouvait encore le courage pour s?entraîner l?après-midi. Grâce au Trust Fund for Execellence in Sports, sa vie a pris une nouvelle tournure. Il a troqué pioche et ?karo? pour un cours en informatique à la DCDM Business School. Sa formation, qui coûte Rs 40 000 par semestre, est financée par la Fondation. Si tout se passe bien, Dharamjai devrait rejoindre le marché du travail dans un peu plus de six mois, avec son certificat de niveau 4 en poche. ?Me payer des études n?étaient nullement dans mes cordes. J?ai eu la chance de pouvoir compter sur la fédération et surtout le Trust Fund, sans le soutien duquel je serais toujours en train de labourer la terre. Je remercie la fondation.?

■ MELISSA VINCENT (NATATION) :

?L?aide du Trust Fund est aussi un élément motivant?

Mélissa Vincent, 20 ans, est en deuxième année de BCom (Bachelor in commerce) avec spécialisation en management à la DCDM Business School. Si elle est chanceuse de pouvoir compter sur le soutien de ses parents pour financer ses études qui coûtent Rs 90 000 annuellement, par contre Mélissa Vincent reconnaît que ce n?est pas facile pour eux. ?J?ai une soeur qui suit aussi des cours à la DCDM et un petit frère qui est toujours à l?école. Mes parents doivent également financer le loyer de ma grand-mère. L?aide du Trust Fund m?est donc très précieuse. Mes parents pourront enfin respirer un peu?, avoue-t-elle. Bénéficiaire de la bourse de haut niveau, Mélissa utilise les Rs 6 000 qu?elle perçoit de l?État pour payer ses cours de gym et les frais de transport pour se rendre à ses deux séances d?entraînement quotidienne. ?L?aide du Trust Fund est aussi un élément motivant?, estime cette jeune nageuse qui avait offert à Maurice l?unique médaille d?or de la discipline lors des derniers Jeux des îles de l?océan Indien. ?C?est une responsabilité en plus. Je sais que si je veux continuer à bénéficier de l?aide de la Fondation, il me faudra travailler très dur?, conclut-elle.

■ PASCAL LADAUB (CYCLISME) :

?Mes parents seront enfin soulagés?

Cycliste de talent, Pascal Ladaub, 19 ans, prépare actuellement un degré en Automotive Mechanic au SSR Institute de Curepipe. Le chemin est long et le parcours difficile. Mais il a déjà franchi avec succès les quatre premières années. Il lui reste encore deux ans d?études avant de décrocher son diplôme. Cependant, ce sociétaire de Curepipe Starlight avoue que ses parents ont consenti d?énormes efforts pour pouvoir lui payer ses études. ?Cela n?a pas été facile pour eux. Ils devaient débourser Rs 7 000 mensuellement sans compter les frais de transport puisque j?habite à Baie-du-Tombeau. Avec l?aide du Trust Fund qui a proposé de s?acquitter de mes frais de scolarité et de m?accorder une allocation de transport à partir de ce mois, mes parents seront enfin soulagés?, fait-il ressortir. Tout comme les autres bénéficiaires, Pascal Ladaud aura une allocation alimentaire de Rs 50, les jours où il aura cours.

■ DANY BESEGUE (JUDO) :

?Je suis obligé de travailler?

Dany Besegue, 21 ans, est helper dans un magasin à Port-Louis. Grâce au soutien du Trust Fund et l?encouragement de la Fédération et de son entraîneur, Anome Petrapermal, ce judoka s?est inscrit aux cours de welding au Sir Kher Jagatsingh Training Centre à Beau-Bassin. Mais en raison des contraintes financières, il ne peut suivre les cours à plein temps. ?Je suis obligé de travailler?, nous dit-il. Mais à le voir à l?oeuvre lundi dernier, Dany semble très confiant dans ce qu?il fait. D?autant plus que la fondation prend entièrement en charge les frais de sa formation qui sont de Rs 3 700 mensuellement. Les cours durent quatre mois.

■ POLIN MACOY (JUDO) :

?Je n?aurais jamais pu me payer ces cours?

Polin Macoy, tout comme son camarade d?entraînement Dany Besegue, s?est initié aux cours de welding au Sir Kher Jagatsingh Training Centre à Beau-Bassin. Maçon de son état, ce judoka de 21 ans est reconnaissant envers la Fondation. ?Sans l?aide du Trust Fund je n?aurais jamais pu me payer ces cours?, avoue-t-il. Mais comme cet habitant de Cité La Cure doit aussi gagner sa vie, il est contraint de suivre les cours à temps partiel. Il espère obtenir un meilleur boulot après sa formation qui dure quatre mois.

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