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L'assassin présumé de Theo Van Gogh affirme avoir agi « au nom de sa religion »

16 juillet 2005, 20:00

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Mohammed Bouyeri, islamiste maroco-néerlandais accusé d?avoir assassiné le cinéaste Theo Van Gogh, a affirmé, le 12 juillet, avoir agi « au nom de sa religion », indiquant qu?il referait la même chose s?il venait à être libéré.

Juste avant cette confession, le procureur avait requis la prison à vie contre lui pour l?assassinat « commis avec une intention terroriste dans le but de créer la peur et de faire vaciller la structure politique, économique et sociale des Pays-Bas ». La prison à vie est appliquée à la lettre aux Pays-Bas.

Parent éloigné du peintre Vincent Van Gogh, Theo Van Gogh, très critique à l?égard de l?islam, avait été abattu et poignardé en plein centre d?Amsterdam alors qu?il faisait de la bicyclette. Bouyeri, reconnu sur les lieux du crime par plusieurs témoins, avait été arrêté peu après lors d?une fusillade avec des policiers.

« Je peux vous assurer que si je venais à être libéré, je referais exactement la même chose, exactement la même chose », a insisté M. Bouyeri, fils d?immigrés marocains âgé de 27 ans, né et élevé à Amsterdam.

Vêtu d?une djellaba noire, un keffieh noir et blanc à la tête et un Coran à portée de main, l?accusé, qui n?avait que rarement brisé son mutisme lors des audiences précédentes, a tenu à s?adresser au dernier moment à la mère de Theo Van Gogh, présente dans la salle d?audience. « Vous êtes la seule personne devant laquelle je me sens une quelconque obligation (?), mais je ne ressens pas votre peine car vous êtes une infidèle », a-t-il déclaré. « J?ai agi par conviction, et non pas parce que je hais votre fils », a-t-il souligné.

<B>La violence extreme du meurtre</B>

Bouyeri, décrit par le procureur comme un jeune homme bien intégré, passé au radicalisme il y a quelques années, concède même un compliment à Theo Van Gogh en soulignant qu?il « n?était pas hypocrite ». De plus, il avoue « se reconnaître dans les accusations » du procureur Frits Van Straelen. Pour ce dernier, « l?accusé n?a pas sa place dans notre société ouverte. Il est et restera extrêmement dangereux », souligne-t-il en rappelant que le but de Bouyeri est « de lutter contre notre démocratie, par la violence ».

« Nous devons le placer hors de notre démocratie », dit-il aux juges en requérant la peine maximale et le retrait du droit de vote. Pour les convaincre, il a rappelé la brutalité extrême du meurtre de Van Gogh : « Cet assassinat fait penser aux décapitations au Moyen-Orient, en Afghanistan, au Pakistan ou en Tchétchénie. En tranchant la gorge (de Theo Van Gogh), l?accusé a voulu montrer que ce genre de choses devait aussi se passer aux Pays-Bas », a-t-il ajouté.

Mohammed Bouyeri est également accusé d?avoir entravé le travail de la parlementaire Ayaan Hirsi Ali, en la menaçant de mort dans un pamphlet poignardé sur le corps de Van Gogh. Mme Hirsi Ali est la scénariste d?un court-métrage controversé réalisé par Theo Van Gogh, Soumission, dénonçant l?oppression des femmes par l?islam. Elle avait dû se cacher durant deux mois. Le verdict sera prononcé le 26 juillet au tribunal de haute sécurité d?Amsterdam.

<B>@ 2 005 Le Monde ? avec AFP ? Distribué par The New York Times Syndicate</B>

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