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L?artisanat mauricien en quête de visibilité

14 juillet 2008, 00:00

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Les artisans sont mécontents. Et ils s?expriment, sans langue de bois. «Nous voulons que l?artisanat bénéficie d?un peu plus d?attention de la part du gouvernement, car c?est une activité pourvoyeuse de devises pour l?économie nationale», déclare Rudy Tanoo, président de l?Arts and Crafts Manufacturers Association of Mauritius (ACMAM). Il propose l?instauration d?un label mauricien. L?utilisation de ce label serait soumise à l?incorporation d?une valeur ajoutée locale de plus de moitié au produit final. Cette disposition permettrait de faire aisément la différence entre les produits importés et les produits mauriciens. L?objectif, précise-t-il, n?est pas de fermer la voie à l?importation. Il s?agit de permettre aux touristes de choisir les produits artisanaux en ayant conscience de leurs origines réelles.

Selon cet artisan, le développement du secteur touristique d?un pays doit rimer avec le développement de son secteur artisanal. Or, tel n?est pas le cas à Maurice, où le secteur est encore à la traîne. Le développement touristique a créé une forte demande de produits artisanaux. Ce qui a laissé la porte ouverte aux produits artisanaux en provenance de Chine, de Malaisie, de Madagascar.

Il impute la situation actuelle du secteur artisanal à des causes politico-administratives. Car en l?espace de quinze ans, ce dernier a connu plus de cinq ministères de tutelle. Ce qui maintient au placard le White Paper des Assises de l?artisanat réalisées en 1996. Le président de l?ACMAM déplore l?absence de volonté de relance du secteur artisanal. Il fait allusion au dernier budget présenté par le ministre des Finances.

«Le dernier budget, que beaucoup qualifient de social, n?a pas fait mention du secteur de l?artisanat», s?inquiète Rudy Tanoo. Il salue toutefois la proposition du ministère de l?Industrie de confier la gestion de quelques boutiques artisanales à la Small and Medium Enterprises Federation.

Cette proposition, qui rencontre l?assentiment de la fédération, doit encore être analysée quant à ses modalités de fonctionnement. L?ACMAM, par la voix de son président, souhaite que cette proposition se concrétise au plus vite. Elle serait un premier pas vers une meilleure visibilité de l?artisanat dans l?environnement touristique mauricien.

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