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L?arrivée de Talabani marque la revanche kurde

8 avril 2005, 00:00

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L?élection à la présidence de l?Irak mercredi de l?ancien ?peshmerga? Djalal Talabani marque un début de revanche des Kurdes irakiens après des décennies d?oppression de leur minorité par l?ancien régime de Saddam Hussein. Le renversement de l?ancien président baassiste par les forces américano-britanniques en 2003 s?est fait avec l?assentiment actif des quelque 20% de Kurdes irakiens, qui ont recueilli les fruits de cette alliance en remportant 25% des suffrages lors des élections du 30 janvier.

Les sunnites, grands perdants d?un scrutin qu?ils ont boycotté par peur des attentats ou par volonté politique, n?ont recueilli que 17 députés sur 275. Avec leurs 70 députés, les Kurdes les ont supplantés comme interlocuteurs incontournables des chiites religieux qui ont raflé plus de la majorité des sièges. Les changements constitutionnels important doivent se faire en effet à la majorité qualifiée des deux-tiers. L?effacement de sunnites a permis à Talabani d?oser l?audacieux parti de se porter à la présidence du pays. Soucieux d?obtenir le poste de Premier ministre, plus influent, les chiites, eux aussi brimés sous Saddam Hussein, ont dû lâcher du lest aux Kurdes.

Cette accession à la présidence de Talabani a été facilitée par le maintien, après les élections, de l?unité entre son Union patriote du Kurdistan et le Parti démocratique du Kurdistan de son éternel rival Massoud Barzani. Mais les tractations ardues pour avoir leur mot à dire dans la vie du pays ne sont pas encore finie. Kurdes et chiites se disputent encore plusieurs ministères-clés dans le nouveau gouvernement, dont celui du pétrole, dont les principaux gisements se trouvent autour de Kirkouk, dans le Nord.

Premier président kurde d?Irak, et premier non-Arabe à la tête d?un pays arabe, Talabani, qui est né en 1933, a consacré toute sa vie à sa cause nationale. Dès l?age de 13 ans il rejoint le PDK du légendaire Moustafa Barzani, père de Massoud, dont il devient un des principaux lieutenants. Lorsque la fin de la guerre du Golfe de 1991 leur permet enfin d?obtenir un certain degré d?autonomie grâce à la bienveillance des alliés Occidentaux, les luttes internes entre Massoud Barzani et Djalal Talabani gâchent la fête et les puissances régionales en profitent.

Les Kurdes savent que celles-ci ? Turquie, Irak, Syrie et Iran ? aux confins desquels ils sont établis ne veulent pas de leur indépendance, pas plus, d?ailleurs, que les Etats-Unis. Leur objectif est donc désormais d?obtenir le maximum de puissance et de pouvoir au sein d?un Etat fédéral irakien dont les contours devront être dessinés dans l?année à venir par l?Assemblée constituante élue le 30 janvier. Les tractations à ce sujet, et sur le sort de Kirkouk, revendiquée par les Arabes et la minorité turkmène promettent d?être rudes.

<B>Omar ANOUAR</B>

RÉACTIONS

<B>Saddam Hussein choqué par l?élection de son successeur</B>

■ Saddam Hussein a assisté mercredi à la projection d?un enregistrement vidéo montrant l?élection de son successeur à la présidence de l?Irak et a été choqué par ce qu?il a vu, a rapporté le ministre des Droits de l?homme. ?Il était nettement irrité. Il a pris conscience que tout était terminé, qu?un processus démocratique avait été mené à bien et qu?il y avait un nouveau président élu?, a déclaré Bakhtiar Amine à Reuters. ?Ce n?était pas seulement parce qu?il y avait un nouveau président, mais parce que ce président était un Kurde. Et le président par intérim est devenu vice-président. Qui plus est, tout cela s?est fait sans effusion de sang?, a ajouté le ministre. L?Assemblée constituante irakienne élue il y a plus de deux mois a désigné mercredi le leader kurde Djalal Talabani au poste de chef d?Etat, ce qui fait de lui le premier non-Arabe à diriger un pays arabe. Les Kurdes irakiens, longtemps brimés par le régime à dominante sunnite de Saddam Hussein, ont obtenu 25% des suffrages au scrutin du 30 janvier tandis que la principale coalition chiite obtenait la majorité des sièges. Talabani et ses deux vice-présidents, l?ancien ministre chiite des Finances Adel Abdoul Mahdi et le président sunnite sortant Ghazi al Iaouar, ont été désignés à la majorité des deux tiers de l?Assemblée nationale transitoire. L?enregistrement vidéo de la séance projeté à l?ancien dictateur a ensuite été montré à onze autres caciques de l?ancien régime qui, comme Saddam Hussein, n?avaient pas vu de télévision depuis leur capture.

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