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L?année 2006 : Deux par deux

30 décembre 2006, 00:00

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HÉROIQUE

<B>Superman Returns </B>

Superman est de retour. C?est Super Synger qui le dit et le prouve dans ce nouveau film référence du genre. Le réalisateur réussi à faire du neuf avec du vieux, sans le dénaturer. On ne pouvait espérer autre chose. C?est Superman. Il est grand, fort, sexy, gentil. Il s?envole dans un ciel toujours bleu et puise sa force du soleil. Pour son premier film au cinéma, Brandon Routh est magnifique. Il a le corps de l?emploi et rempli parfaitement le contrat, s?imposant sans conteste en tant que Superman moderne.

<B>Pirates des Caraïbes</B>

Le Capitaine Jack Sparrow, le pirate le plus cool de l?histoire est de retour dans Pirates des Caraïbes 2, le secret du coffre maudit. Johnny Depp est, toujours aussi flamboyant en flibustier filou, tandis que les autres personnages, Will Turner (Orlando Bloom) et Elisabeth Swann (Kiera Knightkey) s?affirment davantage que dans le premier. Le film est peut-être un poil de loup de mer trop long, mais ces longueurs seront utiles, si l?on considère ce film comme la charnière d?une trilogie qui prendra fin l?année prochaine. Vivement l?embarquement.

ROYAL

<B>Marie Antoinette</B>

Troisième film (seulement) de la cinéaste Sofia Coppola, Marie-Antoinette, clôt avec faste un cycle consacré à de jeunes filles en fleur. Il s?agit cette fois de Marie-Antoinette, une figure historique décryptée dans ses moindres émotions, dans ses errances, souffrances ou folles dépenses, mais bien loin de l?Histoire, à proprement parler.

Sofia Coppola nous ouvre comme une chambre secrète du château, une ouverture sur l?esprit d?une enfant mariée à 15 ans, un journal intime pop-rock et baroque, esthétique, fastueux et charmant, langoureux.

<B>King Kong</B>

En l?espace de trois heures, Peter Jackson et sa bête ont fait revivre les émotions du passé, en nous faisant revivre l?histoire de King Kong, avec faste et générosité.En voyant le remake, cet hommage de Jackson, on ressent les mêmes émotions mais décuplées grâce à une technique au service du film. C?est du grand cinéma, plein d?émotion et d?aventure et d?amour, empreint de liberté, souvent bouleversant de vérité, quand on s?y attend le moins.

ANIMÉ

<B>Cars</B>

Film d?animation tout terrain et toutes options, le dernier bijou de Pixar, de Master Lasseter est rempli d?astuces et de malices. On aurait du mal à voir une histoire de course de voitures mieux racontée qu?avec des voitures. Cars parvient à nous faire redevenir enfant et croire à ce monde de tu-tures qui roulent et qui parlent. Visuellement époustouflant, dès les premières images, Cars est aussi bluffant d?humour et de bonne humeur.

<B>Age de Glace</B>

«Si ton espèce doit survivre, tape dans tes mains », cette jolie chanson du paresseux Sid résume assez bien l?humour, plutôt noir et délirant, de cette nouvelle aventure préhistorique. Vivant, hilarant, réussi et agréable, on fond rapidement pour l?Age de Glace 2 : Le dégel. L?Age de Glace séduit, dans les mêmes proportions, les petits et les grands, qui se régalent quels que soient les niveaux de lecture du film.

DÉRANGEANT

<B>Lord of War</B>

Amateurs de cynisme accrochez vos ceintures et venez faire le tour du monde des guerres civiles avec notre guide, Nicolas Cage, alias Yuri Orlov. « J?ai vendu des armes à toutes les armées. Sauf l?Armée du Salut », Orlov dixit et rigole. A peine.

Pas de demi-mesures, tant qu?à être un marchand d?armes ambitieux, autant être aussi ce très beau salaud qui en toute innocence ne fait que profiter d?un système défaillant. On ne maîtrise jamais la situation, tout s?imbrique et explose au bon moment. Que l?on soit d?accord ou pas avec le « héros », il vend des armes et nous le regardons faire.

<B>Une Vérité qui dérange</B>

Al Gore accuse, dénonce, fustige. Une vérité qui dérange est un cours magistral, un pamphlet révolutionnaire pour dire STOP ! A l?aide de graphiques, froids, de vérités glaçantes sur le réchauffement de la planète, Al Gore propose une présentation multimédia pour crier à corps et à cri que l?humanité est assise sur une bombe à retardement.

Le résultat : un documentaire d?une heure quarante passionant mais peu cinégénique. Le but n?est pas de faire dans le spectaculaire mais uniquement de démontrer que nous touchons le fond. L?heure est grave, l?heure est à l?action.

MAURICIEN

<B>La Cathédrale</B>

Si c?est dans l?univers d?Ananda Devi que nous plonge le film La Cathédrale, c?est Shakespeare et son Sonnet 24, récité par l?un des personnages, qui accompagnera ce commentaire. Impossible de rester insensible à l?énorme travail de cadrage et de lumière apportés au film. Si comme l?écrit Shakespeare, «la perspective est le plus grand art du peintre », elle est également celle du photographe et du cinéaste qui mettent en image la très belle histoire de Ananda Devi, l?une de ses premières nouvelles, publiée en 1977 dans le recueil Solstice.

<B>Bénarès</B>

Un film à voir et un voyage à ressentir. Bénarès, le premier film de Barlen Pyamootoo, est un très beau voyage.C?est un voyage intimiste qu?il chuchote entre deux silences, au rythme d?une musique signée Ernest Wiehe. «Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant », écrivait Victor Hugo dans Les Misérables. Il y a un peu de ça dans Bénarès, c?est une ville en Inde où l?on va mourir, c?est un petit village mort à Maurice, mais ce sont aussi des personnages qui ont décidé de vivre un instant, de sortir de leur isolement.

SCIENCE-FICTION

<B>V for Vendetta</B>

Va voir V for Vendetta. Voilà un film qui vaut le coup. Une ?uvre qui ravive la flamme avide de justice de son spectateur. Un film d?action, où l?action est celle des idées, ce qui est plutôt rare de voir dans une grosse production. V fait du bien à l?esprit, le propos vous emporte et ce sont davantage les cerveaux que les muscles qui bouillonnent. James Mc Teigue, le réalisateur, s?en sort plutôt bien en donnant à son premier film assez de souffle et de style pour tenir en haleine son spectateur.

<B>Serenity</B>

Serenity est un Space Opera réussi, qui rempli très largement sa mission de divertir et de séduire son public. Malgré ses deux heures, l?action de Serenity passe assez vite car le film est très bien construit. Mystère, baston, voyage, apprentissage, une alliance superpuissante et un groupe de pirates au grand c?ur. Bienvenue à bord.

RÉALISTE

<B>The Constant Gardener</B>

Caméra à l?épaule, entre les couleurs de l?Afrique et le gris d?Angleterre, Fernando Mereilles, (La Cité de Dieu) filme un combat et une histoire d?amour post-mortem. C?est beau et terrifiant, donc magnifique, une expérience cinématographie très intense. Il faut savoir oser et savoir maîtriser la photographie et ses mouvements de caméras nerveux, qui ne cherchent pas la technique mais le meilleur angle de vérité. Les contrastes saisissant s?opposent à la justesse tout en nuances du jeu des acteurs, éblouissants, sincères, efficaces.

<B>Vol 93</B>

Un matin comme les autres est devenu le 11 septembre. Un avion parmi tant d?autres, est devenu le Vol 93. Une tragédie réelle et une fiction réaliste, portée à l?écran par le réalisateur Paul Greenhaas.

Le film Vol 93 à nouveau un voyage éprouvant, une fiction et reconstitution au réalisme bouleversant.

Le réalisateur a la délicatesse de ne pas dramatiser davantage une situation que l?on sait critique. Les images ne sont pas les plus belles mais les plus justes. Le film a l?intelligence et la justesse de rester au plus près de l?événement, une heure et demie, glaçante d?horreur, que le spectateur revit.

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