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L?ancien régime ?complice? des déboires de BPML
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L?ancien régime ?complice? des déboires de BPML
C?est un Etienne Sinatambou euphorique et triomphaliste qui a présenté les conclusions de l?enquête sur Business Parks of Mauritius Ltd (BPML), à la presse, samedi. Le ministre de la Technologie informatique et des télécommunications a critiqué lourdement l?ancien régime. Il l?a tenu pour responsable les malversations entourant la gestion de cette compagnie étatique, chargée de réaliser la cybercité d?Ebène et autres parcs d?affaires.
Il s?appuie sur les observations du Fact Finding Committee (FFC) disant que l?ancien gouvernement a laissé empirer la situation à BPML de par son ?attitude de laisser-faire? et son ?ingérence politique?.
Le Conseil des ministres, qui a examiné le contenu du rapport vendredi, a décidé de mettre sur pied un comité ministériel pour mettre en pratique les recommandations du FFC et prendre d?autres décisions qui s?imposent. Ce comité comprend, en sus d?Etienne Sinatambou, le ministre des Administrations régionales, James Burty David, le ministre du Travail, Vasant Bunwaree et l?Attorney General, Rama Valayden. Ce panel devrait finaliser ses premières actions aujourd?hui.
Les déboires de BPML ont commencé avec l?allocation des terres aux sociétés privées qui ont manifesté un intérêt pour s?y installer. ?Cela a été une braderie des terres?, commente le ministre. Le FFC a été mis sur pied en janvier et a démarré ses auditions en avril. Cette instance était présidée par Harris Balgobin, ancien président du Tribunal d?arbitrage permanent. Il a eu comme assesseurs Raj Busgeet, expert-comptable, et Bruno Dumazel, arpenteur juré et consultant en développement immobilier.
L?enquête s?est penchée sur quatre axes, en l?occurrence la location à bail des terres de la cybercité d?Ebène, le business park de Rose-Belle, le projet de logement Cyber-Village et les finances de BPML et de sa filiale Cyber Properties Investment Ltd (CPIL).
Le FFC dit ne pas comprendre la raison d?allouer les terres de grande valeur commerciale d?Ebène à des ?ridiculous prices?. La compagnie a enregistré des manques à gagner de plus d?un demi-milliard de roupies en termes de revenus potentiels dans ces transactions. Les occupants ont fait un paiement initial de Rs 1 million pour le knowledge centre (pour la formation) et Rs 2 millions pour les terres de la zone d?affaires. Le loyer annuel varie entre Rs 200 000 et Rs 250 000. Or, le FFC, se basant sur les chiffres du Chief Government Valuer, constate que la valeur des terres est de Rs 10 millions l?arpent. Ce loyer aurait dû tourner autour de Rs 400 000.
Les conditions de renouvellement des baux sont nettement en faveur des locataires et BPML semble renoncer à ses droits de propriétaire. En effet, les accords de bail accordent aux locataires l?entière discrétion dans leurs décisions de renouveler les contrats.
D?autre part, le FFC questionne la démarche de BPML de mettre en ?uvre, vers avril 2005, le projet de Rose Belle Business Park (RBBP), alors que la cybercité d?Ebène n?avait pas encore retrouvé son dynamisme. Les enquêteurs critiquent le fait que Rs 135 millions aient été injectées dans les travaux d?infrastructure du RBBP sans étude de faisabilité.
Le Cyber -Village est un autre gros projet de BPML qui a suscité beaucoup de controverses. Les membres du FFC attirent l?attention sur le fait que ce projet devrait être la dernière composante de la cybercité d?Ebène. Or, les Jeux des îles de 2003 ont chamboulé les plans. Le Cyber-Village a bénéficié d?un coup d?accélérateur avec l?approche des jeux car le gouvernement d?alors avait pris la décision d?héberger les participants dans ces locaux. ?Cela dépasse l?entendement. C?est par cette manière de faire qu?ils (l?ancien régime) ont fini par dilapider la caisse?, s?insurge le ministre.
?Jusqu?ici, Rs 540 millions, soit Rs 150 millions, de plus que les estimations, ont été déboursées pour cette extravagance inexplicable. Avec les travaux d?entretien et les autres services, le robinet est encore grand ouvert?, écrit le rapport.
Les manquements à divers niveaux de la compagnie ont fini par plomber ses finances. A juin 2005, les dettes de BPML et de sa filiale CPIL totalisaient Rs 1,7 milliard.
Le débat suivant la publication des extraits du rapport a immédiatement dérapé sur le plan politique : l?opposition accuse le gouvernement de vouloir marquer des points politiques. ?Le FFC n?est qu?une farce. Aucun opérateur ne se serait montré intéressé à investir dans la cybercité si on proposait un loyer trop élevé pour le bail?, estime l?ancien ministre de la Technologie informatique, Pradeep Jeeha. Il déplore la non-audition du premier managing director de BPML, Devendra Chaudry. ?Quelle crédibilité accorder à cette enquête sans le témoignage de Devendra Chaudry, qui a été à la base de nombreuses décisions de BPML ??
Le leader du MMM, Paul Bérenger, a lui qualifié le contenu du rapport de ?manipulation infecte?. ?Je mets le gouvernement au défi de soumettre le dossier à l?Independent Commission against Corruption.?
Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a évoqué le rapport du FFC hier lors du meeting du Mouvement républicain à Rose-Hill.
Contacté hier, Chand Bhadain, le président de BPML, a dit ne pas être en mesure de commenter les conclusions de l?enquête. ?Je n?ai pas encore reçu une copie du rapport. Je ne peux faire de commentaire à partir des bribes qui ont paru dans la presse?.
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