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L?ANC menacé de scission
L?ancien ministre sud-africain de la Défense Mosiuoa Lekota a déclaré mercredi que le Congrès national africain (ANC) au pouvoir était proche d?une scission, mais sans préconiser dans l?immédiat la formation d?un parti dissident.
«Il me semble que nous déposons aujourd?hui les documents d?un divorce», a-t-il dit lors d?une conférence de presse après avoir dénoncé au sein de l?ANC des tendances antidémocratiques équivalant à une trahison de ses principes. Un peu plus tôt, la station Talk Radio 702 avait annoncé que Mosiuoa Lekota et d?autres partisans de l?ex-président Thabo Mbeki, que la direction de l?ANC a poussé à la démission le mois dernier, allaient former un nouveau parti.
Mini-séisme
L?ancien ministre s?est refusé à faire une déclaration en ce sens. Il a néanmoins dit : «On est probablement à la croisée des chemins. Nous espérons que le bon sens prévaudra parmi nous (...) Sinon, ce sera sans retour.»
Mosiuoa Lekota se tenait au côté de l?ancien vice-ministre de la Défense Mluleki George, autre dissident de l?ANC.
Il a réclamé la tenue, dans les quatre semaines, d?un congrès extraordinaire réunissant tous les adversaires de la direction actuelle de l?ANC, afin d?étudier la marche à suivre et les moyens de rétablir des procédures démocratiques dans le parti dominant ainsi que dans le pays.
La création d?un nouveau parti dissident à quelques mois d?élections législatives prévues en avril constituerait un mini-séisme dans la vie politique sud-africaine, dominée par l?ANC depuis la fin de l?apartheid en 1994.
Mosiuoa Lekota a noté que ceux qui s?opposent aux dirigeants actuels du parti devraient se retrouver au sein d?une organisation d?un type ou d?un autre, mais il a souligné que des consultations devaient intervenir au préalable.
A plusieurs reprises, il s?en est pris au dirigeant des jeunesses de l?ANC, Julius Malema, qui s?est dit prêt cette année à soutenir Jacob Zuma, le chef du parti au pouvoir.
Mosiuoa Lekota a dénoncé des manifestations de tribalisme au sein de l?ANC en notant que ses dirigeants n?avaient pris aucune mesure contre des militants dont les chants préconisaient un recours à la violence. La direction du parti a en outre attaqué des juges en les qualifiant de «contre-révolutionnaires», a-t-il dit.
«Où est le troisième bras du gouvernement, où est le réconfort destiné aux citoyens de ce pays ?», a-t-il dit par allusion aux attaques ayant visé l?appareil judiciaire. Jacob Zuma est connu pour une chanson anti-apartheid intitulée «Bring my machinegun» (apportez ma mitrailleuse).
Faire condamner Zuma
La démission de Thabo Mbeki, le 21 septembre, a été le point culminant de l?épreuve de force qui opposait l?ancien chef de l?Etat et Jacob Zuma. Un juge avait accusé Mbeki de s?être ingéré dans un procès pour corruption en vue de faire condamner Zuma.
Depuis, les rumeurs d?une scission au sein du parti au pouvoir circulent malgré les efforts de réconciliation menés par le nouveau président par intérim, Kgalema Motlanthe.
Mosiuoa Lekota, qui a démissionné de son poste de ministre de la Défense après le départ de Mbeki, accuse l?ANC d?étouffer toute dissidence et de bafouer la loi.
L?ancien ministre de la Défense a dit avoir le sentiment que l?ANC s?était «écarté de la cause qui nous avait attirés».
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