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L?analphabétisme de certains démunis

5 novembre 2006, 00:00

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Nous sommes le 2 novembre. Alors qu?il y a de l?animation dans les cimetières, chez les Fattay à Roche-Bois, c?est la misère la plus totale. « Ce matin, nous n?avons mangé que du pain. On n?a rien pour ce soir. J?irai frapper à la porte des voisins. Peut-être que je tomberai sur une âme charitable », soutient Dewantee Fattay.

Des jours comme ça, Bidianand, son mari, en connaît. Et ce n?est pas demain qu?il verra la lumière au bout du tunnel. Ce père de famille a le malheur d?être analphabète.

Il ne travaille qu?occasionnellement comme maçon. Cela lui rapporte en tout et pour tout environ Rs 2 000 par mois. La vérification du montant exact de son salaire est effectuée à la maison par son épouse. En cas d?erreur, il serait incapable de démontrer que ce n?est pas sa faute.

Sa fille aînée, âgée de 14 ans, a dû cesser ses cours à l?école Emmanuel Anquetil de Roche-Bois. C?était pour aider sa mère à faire les tâches ménagères. Bidianand a six enfants, trois filles et trois garçons. Sa femme ne travaille pas. La famille habite une structure en bois recouverte de tôle chez le beau-frère de Bidianand. « Nous avons reçu l?ordre d?évacuer la maisonnette mais, faute de moyens, nous n?avons pas pu trouver une autre maison. Si on nous met à la porte, je ne sais ce que je vais faire. »

<B>Rien à se mettre sous la dent</B>

Bidianand souhaite acheter un appartement de la National Housing Development Company (NHDC), mais il lui est impossible de disposer du dépôt de Rs 50 000 qu?on exige. Ce n?est que durant une partie de la nuit que la famille reçoit de l?énergie électrique. Après, elle utilise des bougies avec les risques d?incendie que celles-ci peuvent occasionner.

Le seul luxe que Bidianand peut offrir à sa famille, c?est un curry d?ailes, de cou ou de pattes de poulet. La famille ne goûte aux légumes que grâce aux restes provenant de la vente à l?encan. Souvent les enfants partent à l?école sans rien à se mettre sous la dent. Bien souvent, ils sèchent les cours. « C?est grâce à Mme Jagessur de l?école maternelle de la municipalité que nos enfants ont à manger. Caritas de même que le prêtre de la paroisse nous aide aussi. Nous utilisons le bois pour cuire à manger. Nous n?avons plus de gaz. Ce n?est que dans deux mois, que je vais pouvoir acheter une bonbonne de gaz. »

La situation n?est guère plus reluisante chez Massilah Mootoosamy, dont le bébé pleure tout son saoul.

Il a soif. Sa mère lui donne le reste de son biberon de tout à l?heure, auquel elle a rajouté un peu d?eau et une demi-dosette de lait en poudre. Elle assure que l?eau qu?elle va chercher à un kilomètre de là, près de « lizinn saumon » (NdlR : la conserverie de thon) a été bouillie. Sait-elle qu?il faut bouillir le liquide pendant au moins 10 minutes avant de le donner au bébé ? Comment fait-elle pour stériliser les biberons alors que la cuisine est faite en plein air sur un feu de bois ?

Cette famille composée de six enfants vit en bordure d?autoroute de Riche-Terre dans une bicoque d?une pièce faite de tôle rouillée, dépourvue d?eau courante et d?électricité. Les Mootoosamy n?ont pas de salle de bains. C?est donc en plein air, à l?abri d?une tôle pourrie, que les enfants et les adultes se lavent. Ils n?ont pas de W.C. non plus. Heureusement qu?un voisin les laisse utiliser ses latrines?

Pourtant, malgré sa misère, Massilah reste digne. Elle veut que ses enfants arrivent à se faire une place au soleil même si elle n?est pas arrivée bien loin dans ses études. « Mes enfants c?est toute ma richesse. Je fais tout pour qu?ils n?aient jamais à dormir le ventre vide, même si mon mari et moi devons nous contenter de dilo douri. »

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