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L?alternative

5 mars 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Nico PANOU</B>

Après la conférence sur l?inflation organisée par les autorités de la Banque centrale, une conclusion s?impose. Face à l?inflation persistante qui secoue le pays et qui a déjà beaucoup allégé le panier de la ménagère, aucune solution durable de nature à juguler cette crise ne saurait être proposée par les gouvernants. Si par malheur, d?autres pénuries du même genre survenaient à l?avenir, nous risquerions tous, une fois encore, d?être les témoins de l?impuissance des dirigeants face à la hausse des prix.

Ceci s?explique aisément : l?inflation est importée. Elle découle essentiellement de facteurs exogènes liés aux perturbations climatiques, à l?utilisation des céréales pour la production de biocarburants et à l?augmentation de la demande des pays émergents. La combinaison de ces différents facteurs a, ces derniers mois, mis à rude épreuve les réserves alimentaires mondiales. Maurice, pays insulaire, a été particulièrement vulnérable, puisque le pays dépend, pour ses approvisionnements, essentiellement de l?extérieur.

Maurice fait pourtant partie de la Southern African Development Community (SADC), à l?instar de pays comme Madagascar et le Mozambique, avec lesquels elle entretient des relations séculaires. Dans la plupart des pays de la SADC, d?immenses superficies de terres inexploitées sont disponibles, faute de capitaux. L?Etat mauricien devrait s?impliquer davantage, et de façon plus active, en encourageant une nouvelle classe d?entrepreneurs à investir dans l?agriculture vivrière, notamment le riz, le maïs, le haricot, le soja, le blé, les légumes, les fruits etc. chez nos voisins.

Chacun y trouvera son compte. Des emplois seront créés dans ces pays et Maurice pourra bientôt réduire considérablement son déficit commercial et alimentaire. Sans cette forte implication de l?Etat, les problèmes d?approvisionnement du pays ne trouveront pas de sitôt une solution durable. Produire une partie, sinon la totalité de nos besoins en céréales dans des pays voisins n?est pas facile ? surtout pour des problèmes d?infrastructure ? et cela ne pourra pas se faire du jour au lendemain. Mais, avec une volonté politique et des capitaux, Maurice est capable de relever le défi de l?autosuffisance alimentaire.

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