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L?Aigle Blanc, la conquête des fruits et épices malgaches
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L?Aigle Blanc, la conquête des fruits et épices malgaches
Les poivriers de Piton ne satisfaisant plus sa clientèle européenne, son entreprise s?implante à Tamatave. Là-bas, les épices abondent. Les fruits aussi. L?Aigle Blanc s?engage aujourd?hui dans une nouvelle aventure : cultiver des légumes pour exporter dans la région et l?Europe en partenariat avec un entrepreneur malgache. Un projet qui s?inscrit dans la politique commune aux deux pays.
L?entreprise familiale, à sa création, se spécialise dans le négoce du poivre mauricien. Chaque jour, des ouvriers, rémunérés au kilo cueilli, sondent les forêts dans la région de Piton et de Plaine-des-Roches, à la recherche de la variété Baie-Rose. Triage, séchage et empaquetage se font localement avant l?exportation vers la France, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et les États-Unis.
?La production moyenne est de 35 tonnes. Sur le marché mondial, le prix dégringole. La rareté du poivre couplée à une main-d??uvre chère ont mis à mal notre compétitivité face aux producteurs étrangers?, explique Sailesh Neewooth, jeune directeur de l?Aigle Blanc, installé dans la Grande Île depuis 1999.
Les perspectives malgaches incitent les directeurs à investir à Tamatave. Bien que la culture des épices soit archaïque, Sailesh Neewooth arrive à mettre en place une structure appropriée allant de la cueillette, la centralisation de la récolte, le triage, le séchage à l?exportation.
Une main-d?oeuvre abondante
Son principal avantage reste la disponibilité d?une main-d??uvre bon marché et saisonnière. Dépendant du volume à envoyer à l?étranger, il se retrouve, des fois, avec une équipe de plus de 50 personnes sous sa direction.
Qui plus est, il entreprend une diversification des épices en y incluant la cannelle et le girofle. Et en moyenne, il achemine 70 tonnes annuellement à destination de ses clients français, britanniques, hollandais et américains. D?ailleurs, son carnet d?adresses s?est étoffé grâce à sa participation à des foires internationales.
Sa rencontre fortuite avec un jeune homme d?affaires à Tamatave lui a ouvert de nouveaux débouchés sur le marché européen. D?une part, cette association lui a enlevé la pression de dépendance sur les épices (un marché concurrentiel dicté par le prix mondial). Et de l?autre, il a la possibilité d?offrir une palette élargie à sa clientèle.
En effet, tout en gardant l?autonomie de gestion de chaque entreprise, Sailesh Neewooth et Naina Razafiarison, de la compagnie Madafruits, exportent conjointement des letchis traités vers le marché de Ringis, en France
?Cette association nous a permis de réduire les coûts d?exportation et d?exporter un volume plus conséquent à nos clients. Par exemple, quand je ne peux pas satisfaire une commande, mon associé s?en charge et vice versa. Donc, nous assurons un volume constant?, ajoute encore Sailesh Neewooth.
Cette association prend une nouvelle dimension, suite à la promotion de partenariats entre des entrepreneurs mauriciens et malgaches. En effet, le patron de Madafruits est propriétaire de terres agricoles dans la région d?Antananarivo. Ils ont conjointement présenté leur projet à l?Agricultural Marketing Board, mercredi dernier. Il s?agit de cultiver et d?exporter de l?oignon et de la pomme de terre vers Maurice.
Avec ses 22 hectares, les partenaires résoudront le problème de l?accès au bien foncier, qui demeure au c?ur des soucis administratifs. D?ailleurs, Naina Razafiarison possède l?expérience et les compétences d?agronome pour mener à bien ce projet. L?ambition est là. Car les nouveaux associés cherchent également à exporter vers la Réunion et d?autres pays africains.
Après les épices, les légumes et les fruits, il ne manque plus que le zébu !
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