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L?AHRIM se montre sceptique

2 mars 2008, 00:00

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Le but n?est pas de critiquer. Mais l?Association des hôteliers et restaurateurs de l?île Maurice (AHRIM) vient mettre en lumière la réalité du secteur touristique face au discours politique qui vise deux millions de touristes d?ici 2015.

À travers son économiste, Vishnu Chingadu, l?AHRIM a exposé, lors d?une conférence organisée par les étudiants de l?École hôtelière sir Gaëtan Duval, vendredi dernier, des réserves sur la réalisation de cet objectif, en l?absence d?une stratégie nationale cohérente.

Et le tableau brossé n?est pas rose. À titre d?exemple, cette simple équation : afin d?atteindre la barre des deux millions de touristes en 2015, il faudra une croissance soutenue de 10,4 % du nombre d?arrivants. En d?autres termes, cela représente la création d?environ 12 000 à 13 000 chambres d?hôtels, soit 1 500 à 1 600 par an.

Ceci se traduit par la construction de pas moins de sept hôtels avec 120 chambres chaque année. Or, la réalité ne permet pas cette progression.

Une stratégie cohérente

« D?habitude, il faut deux ans avant de commencer la construction d?un hôtel, sans compter un éventuel retard. Nous sommes actuellement à la création de 5 300 chambres dans les trois ans à venir. Mais cette croissance ne sera pas soutenue », explique Vishnu Chingadu.

Mais il n?y a pas que la création d?hôtels qui préoccupe l?AHRIM. Il y a aussi toute la politique d?aménagement du territoire mauricien. Afin de rendre l?objectif des deux millions de touristes d?ici 2015 possible, il faut un calendrier des projets.

Par ailleurs, hormis les hôtels, la formation ne suit pas non plus. Une projection à 2015 démontre une demande de 3 000 à 3 500 employés par année. Actuellement, l?École hôtelière compte seulement 800 inscrits par année d?étude. Et comme l?avance l?économiste de l?AHRIM, c?est une stratégie cohérente qu?il faut à l?industrie du tourisme. Chose qui n?existe pas à présent.

Ainsi, il faut élaborer un plan pour identifier les sites où les nouveaux hôtels pourront s?implanter, mais aussi aligner le développement des infrastructures, notamment l?aéroport, les routes, mais aussi toute la distribution de l?eau et les égouts. « Les autorités doivent déjà savoir où seront les hôtels et faire provision pour ces facilités », insiste Vishnu Chingadu. Or, rien de tel n?a encore été fait.

« Nous avons fait une étude à l?AHRIM sur la viabilité du discours des deux millions de touristes d?ici 2015. Atteindre cet objectif est certes réalisable, mais pas d?ici 2015 », explique Vishnu Chingadu. « Il ne s?agit pas de critiquer, mais de proposer des solutions pour atteindre cet objectif. Et les solutions doivent être réalisables, pratiques et conformes avec la réalité, notamment par rapport aux ressources dont nous disposons. »

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