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L?Afghanistan au centre de la conférence de Londres

29 janvier 2006, 20:00

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L?avenir de l?Afghanistan sera cette semaine au centre de la conférence internationale de Londres, occasion pour la communauté internationale de réaffirmer ses promesses d?aide en échange d?un programme de lutte contre la corruption et d?éradication des trafics de drogues.

La réunion de deux jours, qui s?ouvre mardi, doit marquer le lancement d?un plan quinquennal de développement pour un pays qui, quatre ans après le renversement des taliban, est toujours le théâtre de violences quasi quotidiennes. Elle s?inscrit dans la continuité des négociations de Bonn qui avaient fixé la transition politique afghane.

Le processus de Bonn s?est achevée l?an passé. L?Afghanistan est doté d?une Constitution, d?un président élu et d?un Parlement. Mais l?insurrection menée par les taliban et des combattants affiliés au réseau islamiste Al Qaïda reste virulente dans le sud et l?est du pays. En 2005, on estime que 1 500 personnes ont péri dans ces accrochages et attentats, dont une soixantaine de soldats américains.

?Ce qui s?est passé ces dernières années est un succès majeur mais nous ne nous illusionnons pas, l?affaire n?est pas pliée?, souligne le numéro deux de l?ambassade des Etats-Unis à Kaboul, Richard Norland. ?Nous reconnaissons pleinement que des problèmes majeurs doivent encore être surmontés et qu?un retour en arrière est possible. Il est par conséquent extrêmement important que nous, la communauté globale, réaffirmions notre engagement pour que la dynamique se poursuive.?

Le président Hamid Karzaï coprésidera la conférence de Londres aux côtés du secrétaire général de l?Onu, Kofi Annan, et du Premier ministre britannique, Tony Blair. La secrétaire américaine d?Etat Condoleezza Rice représentera les Etats-Unis, qui espèrent être en mesure de réduire rapidement leur présence militaire en Afghanistan. Le contingent américain représente actuellement plus de 18 000 hommes. Washington souhaite ramener ce nombre à 16 500 soldats. L?Otan, qui commande parallèlement depuis 2003 la Force internationale d?assistance à la sécurité (ISAF), devrait pallier ce retrait partiel des forces américaines. Pour ce faire, l?Alliance atlantique projette d?accroître de 9 000 à 15 000 ses effectifs en Afghanistan, et de prendre en charge la sécurité dans le Sud, hautement volatil. Mais ces projets ont été remis en question par les Pays-Bas.

Vendredi, le président Karzaï a estimé qu?une présence militaire étrangère serait sans doute nécessaire pendant cinq à dix ans encore. ?J?espère que la communauté internationale réalise que sa présence en Afghanistan est une mission au long cours dont le résultat ultime doit être un Etat stable et viable?, note Joanna Nathan, de l?International Crisis Group.

La conférence de Londres, à laquelle participeront plus de 60 pays et organisations internationales, validera un plan à cinq ans sur la sécurité, les droits de l?homme, le développement et la lutte contre les narcotrafics.

L?Afghanistan présentera pour sa part un plan stratégique de développement fixant une série d?objectifs, dont une croissance annuelle moyenne du PIB de 10 % s?appuyant sur une aide internationale estimée à quatre milliards de dollars par an. Le dossier de la drogue, dont les implications pèsent sur la sécurité, l?efficacité de l?administration et le développement économique, est l?un des plus ardus au menu de la conférence. L?Afghanistan est le premier producteur d?opium, dont elle représente 87 % du marché et de son dérivé, l?héroïne. ?Nous sommes conscients de la complexité et de l?ampleur du problème de la drogue et nous savons qu?il n?y a pas de baguette magique. C?est un défi à long terme (...) que nous ne pouvons pas esquiver?, souligne un haut responsable britannique.

Robert BIRSEL

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