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L?affaire des HCA se corse

16 juillet 2005, 00:00

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Le différend entre le ministère de la Santé et les 388 health care assistants (HCA) ne se décante pas. Forts de leur refus d?accepter le mois de salaire offert par le ministère, ils ont lancé hier une offensive sur deux fronts. D?un côté, leurs hommes de loi, Mes Samad Goolamaully, Raouf Gulbul, Ashley Hurhangee et Kailash Trilochun, demandent au ministre de la Santé de prouver, devant l?Independent Commission against Corruption (Icac), ses allégations. Satish Faugoo avait en effet affirmé qu?il y a eu un pot-de-vin électoral dans le recrutement des HCA. De l?autre, ces derniers comptent bientôt organiser «des meetings de protestation».

Dans une lettre adressée hier à Satish Faugoo, le quatuor légal l?invite à se rendre à l?Icac «immédiatement et, au plus tard, le lundi 18 juillet à 14 heures», afin d?établir les faits entourant son «insistance qu?il y a eu des irrégularités qui équivalent à un pot-de-vin électoral dans le recrutement de nos clients».

Les hommes de loi précisent que, si le ministre refuse d?obtempérer, «nos clients rapporteront l?affaire, basée purement sur votre allégation qu?il y a eu un bribe électoral, à l?Icac». Ils poursuivent : «Nos clients maintiennent qu?ils sont devenus les victimes de man?uvres politiques. Leur recrutement s?est déroulé selon la loi et il y a eu ni pot-de-vin électoral, ni irrégularité».

Rémunération refusée

L?équipe légale cherche même à faire monter les enchères. «Si le gouvernement est sérieux à propos de ces allégations d?electoral bribery, nous l?invitons à demander à la Cour suprême de déclarer l?élection de l?Honorable Ashock Jugnauth comme nulle et non avenue pour cause de faute professionnelle et de l?établir avec des preuves claires. Par ailleurs, nous invitons le gouvernement à réclamer de nouvelles élections dans la circonscription n°8, où votre prédécesseur [NdlR : Ashock Jugnauth] s?est porté candidat à sa réélection».

Ils concluent : «Si vous ou le gouvernement ne pouvez prouver qu?il y a eu pot-de-vin, nous demandons que tous les 388 HCA reprennent leur service immédiatement.»

Les HCA passent eux aussi à l?action. Ils comptent bientôt lancer des «meetings de protestation» dans tout le pays. Ainsi, ils se réuniront à 15 heures, lundi, au Jardin de la Compagnie, pour décider de la meilleure façon d?enclencher ce mouvement.

«Nu bizin proteste kont sa linzistis gouvernman», a déclaré le porte-parole des HCA, Ravin Kalachand. Le ministre de la santé, Satish Faugoo, avait annoncé mercredi que les HCA seraient définitivement révoqués avec, en guise de compensation, un mois de salaire, c?est-à-dire Rs 7 175. Il a justifié cette décision par le fait que le gouvernement considère que l?exercice de recrutement des HCA relève d?un «bribe électoral».

Ces derniers avaient toutefois damé le pion à Satish Faugoo, en faisant comprendre, jeudi, qu?ils n?accepteraient, en aucun cas, la rémunération offerte par son ministère. «Nu pou return sek la de kot li vini», a lancé Ravin Kalachand. Il a qualifié les déclarations du ministre de la Santé au sujet d?un pot-de-vin électoral de «fiasco» et d?«acceptation de la défaite».

Ravin Kalachand a également expliqué que la décision finale dans cette affaire reviendra à la Cour suprême. «Zafer la en cour. Se li ki pou deside.» Les hommes de loi des HCA avaient logé, dans un premier temps, une demande d?injonction réclamant, entre autres, l?annulation de la révocation du ministère de la Santé et, dans un deuxième, une révision (judicial review) de leur révocation.

DÉMENTI

<B>Ashock Jugnauth réfute les allégations de pot-de-vin électoral</B>

Las de subir les allégations du nouveau régime, l?ancien ministre de la Santé, Ashock Jugnauth, sort de son silence. Il demande au gouvernement de revenir sur sa décision d?annuler le recrutement des 388 HCA. «Ena bokou dimoun mizer ladan kinn gayn travay.»

Lors d?une conférence de presse, hier au Sun Trust Building à Port-Louis, il a réfuté avec beaucoup d?application les accusations de «bribe» electoral lancées par son successeur à la Santé, Satish Faugoo. «Tous les recrutements ont été faits dans la transparence et, bien sûr, sous la supervision de la Public Service Commission.» Toutes les étapes auraient été suivies. Ce, dès la publication des offres d?emploi dans la presse, à la fin de l?année dernière. Rien n?autorise donc le nouveau ministre de lancer des accusations frivoles, estime Ashock Jugnauth. Il trouve «bien triste qu?un nouveau gouvernement agisse de cette façon». Il qualifie ces allégations de «mesquines».

Ashock Jugnauth déplore également que le recrutement de ces personnes ait été annulé de manière injuste. «Enn krim sa ki zot inn fer.» Son successeur tronquerait la vérité lorsqu?il dit que l?ancien gouvernement aurait induit les recrues en erreur en leur proposant un travail temporaire. «Pour chaque poste dans le secteur public, il y a une période d?essai attachée. C?est standard ça», soutient Ashock Jugnauth, en présence de Nando Bodha, Joe Lesjongard et Prakash Maunthrooa.

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