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Lady Ringadoo n?est pas mêlée à un trafic de devises
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Lady Ringadoo n?est pas mêlée à un trafic de devises
Quelques heures seulement avant son départ pour Londres, le mercredi 30 avril 1980, Sir Veerasamy Ringadoo tient à rencontrer officiellement la presse afin de démentir le plus catégoriquement possible les rumeurs les plus folles et les plus malveillantes circulant sur son compte et sur celui de son épouse. Non, dit-il, Lady Ringadoo n?est pas impliquée dans aucun trafic de devises et son démenti fera l?objet d?une déclaration ministérielle, le mardi 6 mai, à l?Assemblée législative. Non, Lady Ringadoo n?a pas été arrêtée ni ne songe à quitter le pays de sitôt. Son époux est même disposé à offrir jusqu?à Rs 10 000 à une organisation charitable si quelqu?un peut prouver le contraire. Non, des politiciens n?ont jamais le droit de s?attaquer lâchement et anonymement au conjoint, aux enfants et aux parents de leurs adversaires politiques car la famille est sacrée et tout politicien, tout homme public, a droit de mener tranquillement la vie privée et familiale de son choix sans que celle-ci ne soit à tout moment mise sur la sellette. Il en va d?ailleurs de la pérennité de la vie politique à Maurice car les aspirants politiciens peuvent ne pas être aussi « coriaces » que lui, Ringadoo, d?où leurs hésitations à descendre dans l?arène politique même si leurs services peuvent s?avérer précieux et utiles, si le prix à payer est leur caracter assassination et celui de leurs proches. Non, son départ pour Londres au lendemain du rejet parlementaire de son budget supplémentaire n?est aucunement lié à l?affaire Singhania. Ce voyage lui permettra seulement de rencontrer une importante personnalité du FMI. Le gouverneur de la Banque de Maurice l?accompagne d?ailleurs. Cette rencontre est indispensable, pour Maurice, avant la réunion du conseil de direction de cet organisme dans le courant de mai 1980 et au cours de laquelle sera examinée la situation économique mauricienne. Non, celle-ci n?est pas catastrophique et la preuve en est que la Banque Européenne d?Investissements, la Caisse française de Coopération économique, le Fonds Koweitien et le Fonds d?Aide de l?OPEP sont disposés à financer, à hauteur de Rs 425 millions, la construction d?une centrale électrique hydraulique à Rivière Champagne. Non, les négociations tripartites ne sont pas renvoyées sine die mais auront lieu aussitôt la soumission du rapport technique sur les effets de la dévaluation et des dégâts cycloniques, inondations comprises (N.B. les syndicats réclament une compensation salariale de? 41%). Non, les négociations pré-budgétaires se dérouleront comme à l?accoutumée avec la rencontre des parties concernées. Non, l?enquête policière sur l?affaire Singhania suit son cours. Non, le gouvernement ne démissionnera pas ni ne dissoudra-t-il l?Assemblée législative en raison du rejet du ESE mais il reviendra au Parlement avec un autre budget supplémentaire.
Sir Veerasamy Ringadoo conclut que la rumeur et la fabrique des palabres sont une des principales industries de Maurice et qu?elle mérite un certificat de développement. Si elle rapporte des dividendes à ses promoteurs, cela devrait nécessairement intéresser l?Income Tax.
Harish Boodhoo dépose, le 7 mai 1980, une motion demandant que le Parlement vote des remerciements à M. Kadress Pillay et une autre réclamant une commission pour enquêter sur les attaques portées contre ce haut fonctionnaire. Il réclame qu?un droit de réponse lui soit accordé au Parlement car il y a été attaqué sous le couvert de l?immunité. Il se prévaut d?un précédent dans ce sens, à mettre à l?actif du juge Robert Ahnee, mis en cause dans le sillage de l?affaire Sheik Hossen.
Le lendemain, Kher Jagatsingh veut étaler de prétendues failles du rapport Singhania. Il accuse Kadress Pillay de n?avoir pas pris en considération des informations fournies par certains fonctionnaires. Il ne croit pas en son infaillibilité. Il est d?avis que l?affaire Singhania peut à tout moment éclater dans un ridicule semblable à celui de l?affaire Sheik Hossen. Le PTr estime qu?il n?est pas en présence de tous les faits dans cette affaire. Il ne dit pas qu?il est intellectuellement malhonnête mais qu?il a mal fait son travail. Il n?a pas tenu compte de certains faits. La politisation de l?affaire Singhania fait du tort au gouvernement travailliste sur le plan gouvernemental. On veut faire accroire que Seewoosagur Ramgoolam est impliqué dans un trafic de bijoux. Il qualifie ces abus de vaste conspiration, de complot pour déformer l?opinion publique. Les ministres sont quotidiennement harcelés par toutes sortes de requêtes, y compris celles émanant de l?opposition.
Terminons en rappelant la nomination, par le Parti Travailliste, de MM. Badry, Daby et Chettiar, pour être ses représentants au Public Accounts Committee pour l?année 1980.
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