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L?abattage de tamariniers provoque des remous

30 mars 2005, 00:00

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?C?est un crime contre l?environnement. La voix de la société civile n?a aucune valeur.? Rosaire Perrine, président du comité à l?origine d?une pétition contre toute atteinte au patrimoine, rend responsable le gouvernement régional de l?abattage de trois tamariniers centenaires à Baie-Lascars.

Ces arbres ont été abattus la semaine dernière en vue de la construction d?un restaurant. Ils se trouvaient sur un terrain loué à bail au promoteur. ?Les pétitionnaires avaient demandé depuis plus de deux mois que le promoteur revoie son plan de construction afin de ne pas abattre ces tamariniers centenaires, qui font partie de notre patrimoine et de l?histoire de Rodrigues?, explique Rosaire Perrine, qui est aussi un photographe très attaché à l?histoire de son île.

Le bail alloué avant la création de la RRA

La pétition, signée par quelque 800 personnes, avait été adressée le 13 janvier 2005 à la Commission de l?Environnement, à travers le bureau du Chef commissaire. Dans une réponse aux pétitionnaires, en date du 11 février dernier, Thomas Genave, chef de département au bureau du Chef commissaire, souligne que l?emplacement du bâtiment a été revu afin que seulement trois des sept tamariniers sur le terrain soient abattus.

Le chef de département explique que c?est malheureusement la seule mesure possible, étant donné que le bail pour la construction du restaurant avait été alloué bien avant l?entrée en opération de l?Assemblée régionale de Rodrigues (RRA).

Le 21 février, les pétitionnaires reviennent à la charge et lancent l?idée d?une table ronde entre les parties concernées et les autorités responsables, en vue de dégager une solution. Ils n?approuvent pas l?argument qu?après l?octroi d?un bail, l?Assemblée régionale n?avait pas le pouvoir de prendre des mesures contre ?un crime prémédité? contre l?environnement.

?Nous le redisons, nous ne sommes pas contre le projet de restaurant, mais contre la destruction des tamariniers qui représentent à la fois une source de revenus pour certains Rodriguais et un patrimoine historique et culturel?, écrivent Rosaire Perrine et Sylvain Inkissin, également membre du comité organisateur de la pétition.

Rosaire Perrine estime que l?abattage de ces tamariniers est en contradiction avec la déclaration du Chef commissaire Serge Clair selon laquelle il faut faire de Rodrigues une ?île écologique?. ?Cette atteinte à l?environnement est survenue peu après la session de travail sur le changement climatique?, ajoute-t-il.

Pendant la matinée de vendredi, Rosaire Perrine a pris contact avec différents représentants des autorités concernées, dont le sergent Philippe, responsable de la police de l?environnement, Francis Legentil, Acting Environment Officer et Thomas Genave, chef de département. ?D?après les informations que j?ai eues, je peux dire que le gouvernement régional est entièrement responsable si ces trois tamariniers ont été abattus?, dit-il.

Rosaire Perrine n?écarte pas la possibilité d?organiser une manifestation pour protester contre l?abattage des trois tamariniers.

SERGE CLAIR

?Nous n?aurions pas accepté ce bail?

Le Chef commissaire Serge Clair précise que ce bail a été accordé avant le 12 octobre 2002, à la suite d?un comité sur le tourisme présidé par Paul Bérenger. ?Si nous étions là, nous n?aurions pas approuvé un bail à côté d?un cimetière et sur la route qui mène à Anse-aux-Anglais. Nous aurions accordé un autre terrain?, confie-t-il. Répondant au reproche fait au gouvernement régional de n?avoir pas annulé le bail, Serge Clair explique que l?Assemblée régionale a le pouvoir d?annuler ce bail, mais dès qu?il y a une ?Letter of Intent?, un engagement est pris. ?Le promoteur peut nous réclamer plusieurs millions de roupies de dommages?, dit-il.

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