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La «success story» de Mamidou
Ruissella Volbert, qu?on appelle Mamidou, habite à l?avenue Cactus à Pointe-aux-Sables. Ce tte quinquagénaire est originaire d?Anse-Raffin, Rodrigues. Il y a 33 ans elle quittait son village pour venir rendre visite à des proches qui habitaient Maurice. Elle s?y plaît et aime aussi l?endroit. Elle décide alors de s?y établir. Mamidou avait 23 ans à l?époque.
Elle trouve de l?emploi comme «travail la caze madam». Tout n?a pas été rose pour Mamidou. Des épisodes qu?elle ne souhaite pas évoquer. «Le passé, c?est le passé. Cela ne sert à rien d?en parler». dit-elle. Mère célibataire de cinq enfants et grand-mère de quatre petits-enfants, Mamidou a gardé les petites habitudes rodriguaises. Elle tient un petit potager dans sa cour. On y trouve de tout : des brèdes, des oignons, du manioc, de la patate douce, des poivrons, des carottes. «On peut changer de pays mais pas ses habitudes. A Rodrigues dans chaque famille il y a un petit potager ou même une plantation de patate douce ou de manioc. J?ai appris aussi de mes parents qu?il y a beaucoup d?argent à se faire dans la terre», dit-elle. Les clients de Mamidou sont ses voisins.
Son petit business d?agriculture rime avec élevage. Elle a des cabris, des poules et des canards. Chaque vente de cabris lui rapporte un bon pécule. «De bouche à oreille, les acheteurs ont appris que, chez moi, ils peuvent trouver des cabris. Donc, je n?ai pas de difficultés pour écouler mes produits», dit-elle.
Chez Mamidou, il y a toujours des confiseries, des achards et des confits. «A Rodrigues, on en faisait avec des mangues, des fruits de Cythère, des papayes. J?en fais pour mes enfants. Ils adorent».
Nostalgie
Ces trente dernières années, Mamidou n?a pu se rendre à Rodrigues. Elle pense souvent à son île natale et les souvenirs affluent?
Elle attendait le dimanche avec impatience. Ce jour-là, il y a la messe. Elle s?y rendait avec ses s?urs et ses amies à pied d?Anse-Raffin à Saint-Gabriel. Pour elles, c?était le lieu idéal pour faire des rencontres sentimentales après la messe. «On se faisait une beauté la veille. On repassait nos belles robes, on dépoussiérait nos chaussures», raconte Mamidou.
La Rodriguaise trouve dommage qu?il n?existe pas un endroit à Maurice où on peut danser sur la musique traditionnelle de son île. Pour se faire plaisir, elle envoie ses enfants emprunter des CD chez d?autres voisins rodriguais qui en possèdent. Alors, elle explique à ses enfants que «cet air là, on l?appelle comme ça, on le danse comme ça».
Mamidou adore plaisanter. Tout ce qui est drôle la fait mourir de rire. «Je me sens si bien quand je ris».
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