Publicité
La vie au coeur du village
Le vent hurle entre les blocs d?appartements du village des Jeux, une pluie fine et battante arrose le parking à côté des appartements des athlètes féminins. Il est 17 heures. Dans un coin du parking, une Réunionnaise de grande taille se réfugie dans les bras de son copain, athlète participant aux Jeux, comme elle. Ils resteront là, enlacés, oubliant le temps qui passe. Pour eux, des amitiés tissées depuis peu sont passées par le flirt pour arriver à l?amour.
Un footballeur malgache qui suit la scène et qui a participé à plusieurs jeux explique : ?Il n?y a que ce couple-là pour le moment. Les derniers jours, vous verrez : les déclarations d?amour vont pleuvoir. Vous les verrez dans tous les coins et ce sont ceux-là qui vont pleurer lors de la cérémonie de clôture. C?est pareil pour tous les jeux.?
Soudain, un bruit de moteur. Un autobus arrive dans le parking. C?est le retour d?une délégation d?athlètes. Des Réunionnaises revenant de leurs matches de badminton, des médailles en poche. Elles gagnent leurs appartements en silence, ne dérangeant pas les deux tourtereaux.
Ces départs vers les stades et les arrivées se font sans cesse au village, sans tambour ni trompette. Ici, la culture est autre. Point d?applaudissements pour les gagnants. Aucune consolation pour les perdants. Ce sont des anonymes qui rentrent au village, en silence.
Des liens se tissent néanmoins entre membres des délégations qui apprennent à se connaître. Lentement, mais sûrement.
?C?est surtout parmi les jeunes que se tissent des amitiés?, dit Michel Laurent, 18 ans, coureur réunionnais du 200 mètres. A Maurice, il a revu Marielle Pierre qu?il avait rencontrée à Madagascar en 2001 lors des Jeux des îles des jeunes.
?Les grands, ceux qui ont un palmarès restent fidèles à leur délégation. Même dans le village, c?est l?esprit d?équipe qui prime parmi ceux-là. Mais on ne reproche pas aux jeunes leurs fréquentations?, explique Michel.
Aucun fumeur
Peuplé par des gens en survêtement, de toutes les tailles, du géant qu?est Linley Farreedun, volleyeur mauricien, à la petite Marielle Pierre, coureuse de fond, le village est avant tout silence. Hormis la musique, on n?y entend que le bruit du vent. On n?y voit que des athlètes qui déambulent en couple ou en groupe, mais rarement seuls. C?est aussi un village où l?on ne rencontre aucun fumeur.
Un couvre-feu est imposé à partir de 22 heures. La cour est alors déserte. Il n?y a ni salle commune ni animation, nous explique-t-on. Ici, c?est avant tout le repos. Pour s?éclater, pour se rencontrer, les athlètes vont un peu plus loin, à l?Ecole hôtelière, à moins d?un kilomètre, où le dîner est servi à partir de 19 heures. Là, unis, les athlètes ont droit à un peu d?animation.
18 h 45. C?est le signal attendu par quelques centaines d?athlètes pour prendre d?assaut les autobus attendant dans les parkings du village. Ils les conduiront à l?Ecole hôtelière où ils se défouleront, en groupes, chantant ou sautillant. La grande soirée des îles peut commencer.
Personne n?aura a attendre plus de cinq minutes pour être servi. C?est entre membres d?une même délégation qu?on mange, sous un grand chapiteau ?autant qu?on veut?, mais sans une goutte d?alcool. Riz, pâte, poisson, viande, pain, fruits. Des mets préparés spécialement pour les athlètes.
?Ils demandent beaucoup de pâtes. Les Malgaches et les Comoriens sont les plus grands mangeurs. Les Mauriciens et les Réunionnais mangent en général peu, sauf pour certains types d?athlètes, les judokas notamment.?
Mais sous ce chapiteau, on a souvent des surprises. Venant de nulle part, on voit soudain un gâteau d?anniversaire atterrir sur une table. Un des sponsors, la MCB, tient chaque soir à célébrer l?anniversaire des athlètes, juges, arbitres ou entraîneurs qui s?y trouvent. Moments d?émotion pour ceux qui sont ainsi célébrés.
Ensuite, c?est sous un chapiteau voisin qu?on va s?éclater. Toutefois, ce ne sont pas de très longues soirées. A 21 h 30, c?est fini. Alors, les athlètes regagnent les autobus dans un morne silence. Demain, ce sera la compétition et on s?éclatera de nouveau le soir en attendant la grande fête finale.
Publicité
Publicité
Les plus récents