Publicité
La transition de l’aiguille au ciseau
Par
Partager cet article
La transition de l’aiguille au ciseau
Nathalie Naraine, conturière, s’est laissée emporter par sa passion pour la sculpture. La transition de l’aiguille au maillet s’est faite sans problème.
En effet, une annonce de la National Handicraft Promotion Agency publiée dans un journal a complètement révolutionné le quotidien de cette mère de trois enfants, de même que sa vie de couturière. Cette agence dispense des cours de woodwork. “Il y avait une centaine de personnes et j’ai été la seule femme sélectionnée.” Et finie la carrière de couturière, bonjour le nouvel horizon. “J’ai préféré quitter la couture car il y avait trop de mauvais clients. Je travaillais beaucoup, mais je ne recevais pas d’argent. Alors je me suis tournée vers le bois”.
Pendant 8 mois et quatre fois par semaine, Nathalie va à ses cours pour apprendre à faire des cadres à photos, mais pas la sculpture. Elle était impressionnée par les grosses machines alors qu’elle ne connaissait que sa machine à coudre. Petit à petit, Nathalie prend confiance en elle. Et découvre qu’il y a un avenir dans la sculpture. Désiré, son mari, qui est menuisier l’encourage à prendre cette voie et la conseille.
Quand elle termine ses cours, elle récupère des morceaux de bois de l’atelier de son mari pour ses cadres à photos et d’autres objets artisanaux. C’est lors d’une exposition à Phoenix que Nathalie rencontre Lewis Dick, sculpteur de Bambous. Ce dernier lui propose d’essayer la sculpture. “Au début, j’avais un peu peur parce que c’était quelque chose de nouveau. Mais comme on dit, essayer c’est l’adopter, j’ai aimé la sculpture dès le premier jour.”
C’est ainsi qu’a commencé une histoire d’amour entre Nathalie et la sculpture. Elle a déjà plusieurs petites pièces et deux grandes dans sa collection et a eu l’occasion de participer à plusieurs foires avec des artistes locaux. La peur de tenir un ciseau entre les doigts a disparu. Quand il faut des conseils, elle se tourne toujours vers Lewis Dick et Désiré. Cependant, ce dernier n’est guère intéressé à se lancer dans la sculpture bien qu’il connaisse bien le bois.
“Quand j’étais à l’école, je rêvais toujours d’être styliste, mais malheureusement, je ne savais pas dessiner. Je me suis mis alors à coudre. Mais maintenant je reconnais que ce n’était pas ma vocation.” Elle admet avoir découvert son talent sur le tard. Elle a appris comment identifier le bon bois et la forme qu’elle doit lui donner. Sa fille Sonia, douée pour le dessin, donne des conseils pour tracer le bois avec un morceau de craie. Quand d’autres femmes ont vu Nathalie travailler le bois, elles se sont posées beaucoup de questions. Certaines sont fières de me savoir sculptrice alors que d’autres me demandent où j’ai la patience de ciseler le bois. Elles m’encouragent à aller de l’avant.
Nathalie compte bien continuer dans cette voie. Elle souhaite mettre ses produits en vente, mais tout étant réaliste : “C’est vrai que c’est difficile de percer, surtout que je viens de débuter.”
Publicité
Publicité
Les plus récents