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La Tata Nano coûtera Rs 150 000

14 janvier 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Une voiture neuve à Rs 150 000. C?est ce que coûtera la voiture la moins chère du monde, la Tata Nono présentée la semaine dernière à New Delhi. Le directeur de la compagnie Associated Commercial, concessionnaire de Tata à Maurice s?y trouvait pour ce lancement.Ce n?est toutefois pas demain la veille que les Mauriciens auront accès à cette voiture qui est destinée à bouleverser de fond en comble le marché local de l?automobile.

Un responsable d?Associated Commercial, concessionnaire de la marque Tata à Maurice, a indiqué que la Tata Nano ne sera sur les routes mauriciennes que dans deux ans, le temps que mettra Tata pour commencer à livrer la voiture la moins chère du monde aux pays émergents.

Les autorités mauriciennes auront ainsi le temps de prendre les mesures nécessaires devant cette révolution annoncée. De fait, l?arrivée de cette voiture permettra à des dizaines de milliers de Mauriciens qui ne peuvent actuellement se payer qu?une moto d?accéder à une automobile.

Cette nouvelle donne donnera le même résultat auquel les autorités indiennes s?attendent. C?est-à-dire une congestion routière incontrôlable si des mesures ne sont pas prises immédiatement en ce qui concerne le réseau routier.

D?autant plus que trois autres marques, Renault, Nissan et Toyota comptent lancer à leur tour des voitures à bas prix pour permettre aux consommateurs des pays émergents de passer de la moto à l?auto.

De fait, Ratan Tata, P.-DG du groupe, a eu l?idée de fabriquer une voiture à Rs 100 000 indiennes après avoir vu une famille de cinq membres sur une moto.

En dévoilant sa Nano la semaine dernière à New Delhi, il a fait la une de la presse mondiale eta donné un coup d?accélérateur aux projets de Renault Logan en Inde.

Ainsi, en sus de la Nano, Maurice pourrait voir débouler d?autres voitures coûtant entre Rs 150 000 à Rs 200 000, toutes taxes comprises.

Tata vise à produire un million de Nano par an. Le constructeur visera le marché indien et les autres marchés émergents.

Renault-Nissan s?intéresse de près au marché low-cost, et possède plusieurs accords de co-entreprise avec des firmes indiennes, notamment Bajaj, avec qui il pourrait produire une voiture légèrement plus chère que la Nano.

Récemment, le groupe français a connu un léger revers, l?Indien Mahindra et Mahindra s?étant retiré d?un projet d?usine destinée à la production de Logan et d?autres modèles. Située à Chennai, en Inde du Sud, son coût est estimé à un milliard de dollars.

La présentation de la Nano a donné un coup d?accélérateur au projet de Renault-Nissan concernant la production d?une voiture low-cost en Inde.

LA NANO EN DEUX MOTS

Avec quatre portières et un moteur de 624 cc, la Nano a fait la une des médias européens et américains la semaine dernière. Tata est arrivé à produire sa voiture au prix psychologique de Rs 100 000 indiennes en ayant recours au plastique recyclé et en passant outre les normes européennes.

Ainsi, la Nano ne sera pas commercialisée en Europe en raison du fait qu?elle n?est pas conforme à l?émission de CO2 ainsi que la sécurité, freins abs, air-bags etc.

Le P.-DG de Tata estime qu?on ne pourra pas produire une voiture vraiment «low-cost» si on doit respecter ces normes.

Quoi qu?il en soit, si la Nano n?est pas aux normes européennes par rapport à la pollution, elle sera quand même une voiture très économique avec 4,5 litres au 100 km.

LA SUZUKI MARUTI 800 LA MOINS CHERE ACTUELLEMENT

C?est Axess qui commercialise la voiture la moins chère. La Suzuki Maruti 800, une voiture de 796 cc, est en ce moment vendue au prix promotionnel de Rs 280 000 sur route hors assurance.

La Suzuki Maruti 800 a un moteur à injection de 12 soupapes. Elle est offerte avec une radiocassette.

Axess écoule une soixantaine de ce modèle par an.

La Suzuki Maruti Alto 800 LXI avec un moteur à injection de 12 valves, avec climatisation et direction assistée est aussi en promotion à Rs 360 000, hors assurance.

TATA A DISPARU DES ROUTES MAURICIENNES

Le producteur de véhicules Tata a fait une première percée sur le marché mauricien avec ses autobus qui avaient souvent été importés, à travers des lignes de crédit du gouvernement indien. Ces autobus devaient cependant perdre la cote au profit d?autres producteurs de l?Inde, notamment Ashok Leyland.

Côté véhicule, Tata n?a jamais vraiment fait une percée sur le marché local, contrairement à Maruti, par exemple. En fait, ce sont les double-cab Tata, les Telcoline, qui ont eu un certain temps la cote auprès des clients mauriciens. Ils ont également disparu depuis quelques années.

« Nous n?étions pas compétitifs sur le marché local. En fait, la Tata Indica que nous vendions il y a deux ans coûtait Rs 400 000 sur route alors qu?une Japonaise de cylindrée identique coûtait Rs 550 000 », indique un responsable d?Associated Commercial, une filiale de la United Bus Service, le concessionnaire de Tata à Maurice. À l?époque, la taxe douanière sur ces voitures était de 95 %. Elle a été ramenée à 55 % depuis.

Le concessionnaire mauricien de Tata annonce un retour en force des véhicules Tata, dont les Telcoline, pour bientôt.

«La CNT a acheté 80 autobus Tata à travers l?Associated Commercial l?année dernière, et nous allons relancer cette marque cette année», affirme le responsable de l?Associated Commercial.

QUESTIONS A? DAN RAMCHURN, «SALES EXECUTIVE» CHEZ AXESS

«Les Mauriciens deviennent exigeants»

Est-ce que les voitures «low-cost» sont en principe destinées aux personnes disposant d?un budget limité?

Pas nécessairement. Il y a beaucoup d?acheteurs qui optent pour la Suzuki Maruti pas vraiment parce qu?elle ne coûte pas cher. On opte pour cette voiture parce que c?est une petite voiture fiable, économique. Vous savez la Suzuki Maruti 800 est sur le marché depuis 20 ans. C?est donc une voiture low-cost très populaire que nous vendons en ce moment à Rs 280 000.

Vous avez plus de 20 ans d?expérience dans la vente des voitures. Diriez-vous qu?il y aura un «rush» sur une voiture de quatre portières et quatre passagers qu?on pourrait mettre sur la route à Rs 150 000 ?

Rush, je ne crois pas. Mais, incontestablement, il y aura une très bonne demande pour ce type de voiture. Il y a pas mal de familles qui ne peuvent se payer qu?une voiture de seconde main avec tous les problèmes que cela comporte, réparations fréquentes, etc. Ceux-là pencheront facilement pour une voiture neuve à Rs 150 000.

C?est pour cela que je crois que les autorités doivent commencer d?ores et déjà à prendre leurs précautions en ce qui concerne le réseau routier. Et puis, tout est relatif dans cette affaire de voiture à Rs 150 000. Il faut savoir ce qu?on va offrir à ce prix. Est-ce une boîte avec quatre roues ? Mon expérience m?indique que les Mauriciens sont de plus en plus exigeants. Ils cherchent la climatisation, la direction assistée, la radio et le lecteur CD, des options que nous offrons dans nos voitures low-cost.

Une moto de 600 cc coûte plus que Rs 150 000. Croyez-vous qu?une voiture à ce prix fera bouger la demande de la moto vers la voiture «low-cost» ?

Non, pas dans tous les cas. Ceux qui achètent des motos de grosse cylindrée sont des fanas de la moto et ce n?est pas une voiture à Rs 150 000 qui leur fera changer d?avis. Maintenant vous avez des pères de familles qui achètent des motos à Rs 100 000. La moto est pour eux un moyen de transport économique qui leur évite les affres des embouteillages. Ils sont conscients des risques que comporte une moto. Ils sont très vulnérables lors des accidents, ils ont à composer avec les intempéries, la mauvaise qualité des routes etc. Souvent on les voit à trois sur une moto. Ils font partie de ceux qui seraient attirés aux voitures low-cost de Rs 150 000.

En général les Mauriciens achètent une voiture «low- cost» neuve cash ou en vente location ?

Les deux. Quand c?est à crédit, ce sont les compagnies leasing qui entrent en jeu. Le client paye en fait un tiers du prix, environ Rs 100 000 pour la Suzuki Maruti, et le reste est payé par la compagnie leasing. Le client rembourse environ Rs 3 000 mensuellement pendant quatre ans. Il paye ensuite à la compagnie 1 % de la valeur marchande du véhicule et il devient propriétaire de sa voiture.

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