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La sérénité retrouvée de Choonee
«Je prends tout cela comme un test. » Mookeshwur Choonee commence à prendre de la distance avec tous les malheurs qui lui sont arrivés depuis janvier dernier. La justice a décidé que son arrestation par l?Independent Commission against Corruption (ICAC) en janvier dernier était illégale. Soulagé, il ne l?est pas tout à fait, conscient qu?une deuxième procédure peut encore être initiée contre lui. Mais après sept longs mois, Choonee a enfin retrouvé un sourire moins crispé.
L?ancien ministre des Terres et du Logement dit « être un homme changé ». Trois mots reviennent souvent dans la bouche de ce Choonee nouveau : famille, Dieu et confiance en l?avenir. Impossible de parler à Mookeshwur Choonee sans aborder son arrestation médiatisée. Il en garde un souvenir trouble, se rappelant certains détails douloureux et préférant oublier d?autres, trop intenses pour être partagés.
« L?hôtel cinq-étoiles »
Il se souvient de cette journée du 23 janvier. « C?est une mauvaise expérience. Je ne la souhaiterais pas, même à mon pire ennemi. On m?a traité de façon inhumaine », soupire Choonee. Convoqué par l?Icac, il croyait être sollicité pour des éclaircissements. Mais bien vite, le doute s?installe. Le ton des enquêteurs devient plus agressif, l?interrogatoire s?éternise. Choonee raconte : «A un moment un enquêteur lâche : ou pou alle l?hôtel cinq-étoiles . »
On lui signifie son arrestation. « Après ça j?ai plus trop compris ce qui m?arrivait. Dans la voiture qui m?emmenait au poste de la Tour Koenig, j?ai demandé aux policiers qui m?emmenaient si j?allais bien dans leur hôtel cinq-étoiles. Embarrassés, ils n?ont même pas pu me répondre », se remémore Mookeshwur Choonee en essayant de cacher son émotion.
« Je n?avais jamais eu affaire à la police, sauf pour un cas d?excès de vitesse. » Arrivé au poste, il ne bénéficie d?aucun traitement de faveur. On lui ôte ses chaussures, sa ceinture et ses lunettes. La cellule, vaut mieux ne pas en parler... « Je sais que je n?ai pas pu dormir. J?étais dans un autre monde. » Chacune de ses phrases est ponctuée d?une longue pause. Il cherche ses mots, essayant de trouver le courage d?expliquer ou d?affronter ce qu?il a vécu. Il n?arrivera pas à décrire la cellule dans laquelle il a passé la nuit.
A Moka, sa famille s?inquiète. Mookeshwur Choonee parvient à appeler sa femme. Il lui explique brièvement ce qui lui arrive. « Autant que possible je me suis efforcé de minimiser les choses pour ne pas les alarmer et je leur ai dit que j?allais rentrer. » Mais le lendemain, il ne souhaite pas la visite de ses enfants car cela leur aurait ététrop pénible. Il y a aussi sans doute la peur de craquer devant eux. « Je regrette beaucoup que ma famille ait dû endurer cette épreuve. Je crois que cela a été plus dur pour mon père. Il ne méritait pas ça à son âge. »
Le soutien familial est indéfectible. Mais d?autres personnes viennent réconforter le ministre. « Des personnes de tous bords sont venues me soutenir lors de ma comparution en cour, mais aussi lors de ma libération et même après », se félicite Choonee. Il explique ensuite que les membres de son parti lui ont apporté leur soutien même s?ils ne l?ont pas nécessairement fait publiquement.
Choonee démissionne. C?est le commencement d?une longue période de profil bas, cependant rompue par un très heureux événement. Son fils Kaushal est lauréat aux examens de HSC. Choonee exulte, mais garde une certaine amertume. « En tant que père, je tremble à l?idée que j?aurais pu être arrêté avant que mon fils ne prenne ses examens. (Long silence) Si c?était le cas, il les aurait sûrement ratés. Et pendant tout le restant de ma vie je m?en serais voulu et j?en aurais voulu aux enquêteurs de l?Icac. »
Trois jours après que l?acte d?accusation logée contre lui ait été rayé, Mookeshwur Choonee demeure confiant. « Je sais que je vais être blanchi même si on entame une nouvelle procédure. Je fais confiance à Dieu, il m?a aidé à tenir jusqu?ici, il me soutiendra encore. »
Choonee se dit politicien à plein temps et prêt à revenir dans l?arène pour servir son parti et le pays. Il assure d?ailleurs avoir consolidé son assise dans sa circonscription depuis qu?il n?est plus ministre. « J?ai un avenir politique ! »
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