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La sérénité retrouvée ?

14 avril 2005, 00:00

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Une quarantaine de femmes, licenciées des usines de la zone franche, à l?intérieur d?un grand bâtiment, situé à la route principale de Chemin-Grenier, placent soigneusement une matière brillante sur un nouveau modèle de robe. Elles travaillent dur pour honorer les commandes que la Compagnie mauricienne de textile (CMT) vient leur confier, chaque jour, depuis décembre. Elles doivent bientôt livrer quelque 40 000 chemisiers.

Shirin Banon Rossaye Polin, secrétaire de la Chemin-Sud Multipurpose Cooperative Society, qui regroupe les ex-licenciées, malgré son optimisme affiché, souhaite une nette amélioration de leurs conditions de travail dans ce bâtiment, actuellement dépourvu d?électricité. Il y fait chaud. Ces ouvrières, qui ont retrouvé leur dignité dans le travail, demandent quand même aux autorités de les aider. Elles réclament des chaises plus confortables et un bureau doté d?un ordinateur pour mieux gérer les commandes. ?Nous sommes satisfaites des démarches qui sont déjà en cours. Nous le serions davantage si les choses s?accéléraient pour que nous soyons fixées une fois pour toutes, en ce qui concerne le paiement de la location du bâtiment. Nous comptons sur nos députés pour intervenir en notre faveur.?

Anne-Marie Roselda-Rima, ex-licenciée, est fière de se retrouver une nouvelle fois à côté de certains de ses anciennes collègues de Summit Textile avec qui elle a partagé onze ans de sa vie dans le village de Chamouny.

?Sa période somaz la ti bien dir pou nou. Mo ti bizin fer dette pou mo capav aide mo garçon qui encor pe poursuive so l?étude. Aster, malgré ki pas mo pas tousse enn gros salaire, mo pe capav rembourse mo dette?, reconnaît-elle fièrement .

Marie-Thérèse Isidor, habitante de Chamouny, n?a pas été, non plus, épargnée par la vague de licenciements, comme sa voisine Anne-Marie, lorsque la direction de l?usine Summit Textile a mis la clé sous le paillasson, l?année dernière.

Cette habitante de Chamouny, qui est mère d?une fille, n?a pas cédé au découragement. Elle a rejoint ses autres camarades au CSMCS pour subvenir aux besoins de sa famille.

?J?ai frappé à plusieurs portes après mon licenciement. Malgré notre longue expérience dans ce domaine, certains employeurs que nous avons approchés nous ont mis à la porte. Ils prétendaient que nous avions dépassé l?âge d?être embauchées?, raconte Marie-Thérèse.

Avec la possibilité qui lui est offerte dans cette nouvelle société coopérative, malgré un salaire insuffisant, elle arrive, dit- elle, à faire bouillir la marmite. ?Mo prefer gagne tigit qui pas gagne narien?, dit-elle avec un bonne dose de philosophie.

Ces femmes qui travaillaient dans différentes unités de textile dans les entreprises du Sud ont retrouvé le sourire en novembre, le jour où elles ont rencontré Priscilla Bignoux, facilitatrice au sein du Trust fund for the integration of vulnerable groups (TFIVG).

Sensible aux difficultés auxquelles ces femmes sont confrontées pendant leur période de chômage, Priscilla, prudente, ne prend pas le risque de les entraîner dans une aventure sans lendemain. Elle prend contact avec Aline Wong, une ancienne cadre de la CMT, pour la mise en place d?une société coopérative, qui sera connue comme Chemin Sud Multipurposes Society (CSMCS).

Encouragées par les nouvelles perspectives que leur offre cette nouvelle société et le TFIVG, elle suivent les conseils de Priscilla. Elles viennent assister à une première rencontre en novembre dernier, organisé au centre jeunesse de Souillac avec les responsables du TFIVG. Elles profitent pour leur faire part des projets qu?elles souhaitent concrétiser. Avec elles, un élément masculin, José Tom.

Pour démarrer, les membres de CDSMP choissisent la pâtisserie, le prêt-à-porter, l?hydroponique et la vente des fleurs

Confiante en l?avenir, Shirin croit dur comme fer dans ces projets. ?Nous allons tout mettre en ?uvre pour réussir.?

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