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La sérénité affichée malgré tout...

16 septembre 2006, 20:00

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L?humeur n?est pas à la franche rigolade dans les rangs du gouvernement. Les récentes mesures budgétaires n?ont pas fini de susciter de vives critiques de part et d?autre de la population. Des voix ? syndicats, ONG, partis d?opposition ? n?ont cessé de s?élever pour dénoncer ces mesures considérées comme « dures ». Les causes de leur mécontentement ne manquent pas : l?abolition de la subvention sur le riz et la farine, une nouvelle taxe sur les résidences (la National Residential Property Tax), un nouveau barème de taxe sur les campements, entre autres.

Quatre ministres, de même que des ambassadeurs ont même reçu des lettres de menaces. L?auteur, anonyme, leur reproche certaines des mesures contenues dans le budget 2006-07. À la suite de ce courrier, les mesures de sécurité autour des récipiendaires ont été renforcées.

Une solidarité apparente

Mais devant ces récriminations, les membres du gouvernement tentent d?afficher une sérénité à toute épreuve et plus encore durant l?absence du Premier ministre, Navin Ramgoolam, dans le pays. Une image perçue par bon nombre de leurs propres partisans comme de l?arrogance. Du véritable pain béni pour les partis d?opposition qui ne ratent aucune occasion pour accuser l?Alliance sociale de tous les maux dont se plaint la population.

Leurs sorties publiques se transforment en réquisitoire contre la politique économique de l?alliance au pouvoir. La dernière en date, celle de l?Union nationale (UN) d?Ashock Jugnauth, a essayé de démontrer à ceux venus l?écouter vendredi à Palma qu?« il n?y a pas de gouvernement dans ce pays ». Illustrant ses propos, il a évoqué le voyage du Premier ministre à Cuba alors « que règne dans le pays une situation sociale tendue ». Le leader de l?UN a déclaré, entre autres, que le lord maire, Reza Issack, avait cédé face à la pression des marchands ambulants, mécontents du nouvel emplacement qui leur a été attribué.

Alors que les critiques affluent de toutes parts, le gouvernement peine à calmer les ardeurs de ses opposants en poursuivant sa politique de « sacrifices ». Le dernier exercice budgétaire n?a en effet pas tardé à susciter de vives critiques. Les syndicats ont, dès sa présentation, élevé la voix alors que nombre d?organisations non-gouvernementales, sans le sou, ont été contraintes de mettre la clef sous la porte.

Plus récemment, les marchands ambulants de la capitale ont investi la municipalité de Port-Louis pour exprimer leur désaccord concernant l?emplacement qui leur a été attribué. Les dirigeants du pays peuvent difficilement continuer à fermer les yeux sur ces foyers de révolte et se dire que tout va bien.

Même s?ils affichent une solidarité apparente, certains membres du gouvernement éprouvent quelques difficultés à expliquer à leurs mandants la justesse de certaines mesures prises dans le dernier budget. Leur tâche s?est quelque peu compliquée surtout depuis que les lettres de menaces ont été envoyées à l?hôtel du gouvernement.

Un malaise plus profond

Loin de se laisser intimider par ces menaces, la direction de la Very Important Personalities Security Unit (Vipsu) a sensiblement renforcé la sécurité en demandant à ses hommes de faire preuve de plus de vigilance.

« Ce sont des mesures tout à fait normales et elles sont renforcées à chaque fois que des menaces sont proférées contre des membres du gouvernement. Il serait donc injuste de parler de panique », fait ressortir un haut cadre de la police. En attendant, le Mouvement militant mauricien, le Mouvement socialiste militant et l?UN tablent sur cette « vague de contestation » pour tenter de déstabiliser l?alliance au pouvoir.

Les ministres ne veulent, pour leur part, laisser paraître aucune inquiétude. « J?ai participé hier à de nombreuses fonctions et les gens m?ont accueilli, mon collègue et moi, avec beaucoup de chaleur. Je ne sais pas qui sont ces gens qui racontent n?importe quoi. Cela émane d?esprits tordus. Qu?ils comprennent que rien ne pourra nous empêcher de mener à terme les projets que nous avons en chantier », déclare un Senior minister.

Au sein du principal parti du gouvernement, les dirigeants du Parti travailliste affichent leur détermination. Pour le secrétaire général adjoint, Balkissoon Hookoom, les déclarations de l?opposition sont inexactes et farfelues. « Je suis présent dans ma circonscription et je reçois mes mandants tous les lundis. D?autre part, en tant que PS, j?effectue des site visits dans plusieurs circonscriptions. Je travaille de concert avec mes collègues et je suis comme toujours très présent sur le terrain », souligne Balkissoon Hookoom.

L?on se souviendra toutefois que le ministre des Arts et de la Culture, Mahendra Gowressoo, avait dû être évacué sous forte escorte policière alors qu?il était pris à parti par ses partisans lors d?une visite dans sa circonscription, à Piton-Rivière-du-Rempart.

Le secrétaire administratif, Suren Dayal, estime pour sa part que l?« insatisfaction » n?est qu?un thème creux véhiculé par l?opposition pour tenter d?isoler le gouvernement dans l?opinion publique. « L?opposition veut faire croire que nous ne sommes plus présents dans nos circonscriptions respectives », déclare-t-il, en soulignant ne pas être inquiet outre mesure.

Idem pour le ministre de l?Environnement, Anil Bachoo, qui explique qu?il continue à vaquer à ses occupations quotidiennes sans se soucier d?une éventuelle menace provenant « d?obscurs individus ». « Je continue de circuler aussi bien dans ma circonscription que dans d?autres circonscriptions de l?île sans aucun problème. Je dois dire qu?en ce qui concerne l?action gouvernementale, nous travaillons, au sein du gouvernement, en étroite collaboration », assure Anil Bachoo.

Il apparaît toutefois que le nombre de policiers affectés dans les ministères a été revu à la hausse même si les ministres interrogés affirment le contraire. « Il n?y a pas plus d?officiers pour assurer notre sécurité. Nous avons un contact permanent avec le peuple et je peux vous assurer qu?il n?y a pas plus de sécurité qu?avant l?envoi de ces missives », déclare un membre du gouvernement.

Plus qu?une simple menace, certains politiques de l?alliance gouvernementale concèdent à demi-mot que les lettres de menaces envoyées aux ministres traduisent un malaise plus profond que le gouvernement gagnerait à prendre en considération.

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