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La Syrie s?engage à un retrait total et rapide du Liban
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La Syrie s?engage à un retrait total et rapide du Liban
Les Libanais ont accueilli l?annonce du président Bachar el Assad par des cris de joie au centre de Beyrouth, tandis que les figures de l?opposition libanaise et les dirigeants européens ont prudemment qualifié la décision syrienne de positive. Le gouvernement syrien s?est engagé à un retrait total et rapide en deux phases de ses troupes du Liban. Toutefois, souligne le président Bachar el Assad, samedi, Damas continuerait à jouer un rôle chez son voisin qu?il domine depuis 30 ans.
Le retrait des troupes syriennes débutera, lundi, a annoncé hier le ministre libanais de la Défense, Abdel Rahim Mrad. Le déploiement, a ajouté le ministre, débutera aussitôt après une rencontre à Damas entre les dirigeants des deux pays prévue le même jour. Il s?agit notamment d?arrêter les modalités du retrait, y compris l?échéancier.
Mais Washington, qui estime que le ?soutien au terrorisme? de la Syrie fait obstacle à la paix au Proche-Orient, a jugé le plan de retrait inapproprié et a réaffirmé son exigence d?un retrait total et immédiat des forces syriennes du Liban.
Face aux pressions internationales de plus en plus vives et aux manifestations quotidiennes antisyriennes au Liban, le président Assad a déclaré au parlement que les troupes syriennes commenceraient par un repli dans la plaine de la Bekaa, dans l?Est du Liban, puis à la frontière syrienne. ?Par cette initiative, la Syrie aura respecté les termes des accords de Taëf et mis en oeuvre la résolution 1559 (du Conseil de sécurité de l?Onu)?, a souligné Assad.
Les accords de Taëf avaient mis un terme à la guerre civile libanaise de 1875-1990 et, entre autres points, prévoyaient le retrait des troupes syriennes de la plus grande partie du pays dans les deux ans. La résolution 1559, adoptée en septembre 2004 par le Conseil de sécurité des Nations unies à l?initiative des Etats-Unis et de la France, exigeait le retrait complet des troupes étrangères du Liban.
<B>Accusations</B>
Assad a toutefois prévenu que la Syrie, qui avait déployé ses premières troupes au Liban en 1976, ne renoncerait pas son influence sur le Liban. Damas considère le Liban comme un actif stratégique et économique depuis des décennies.
Mais la Syrie a subi des pressions convergentes du Liban, des pays arabes et de la communauté internationale depuis l?assassinat de l?ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri le mois dernier. Damas a été accusé d?avoir commandité l?attentat, ce qu?il a démenti.
L?ancien président Amine Gemayel, figure de l?opposition chrétienne, s?est, lui, montré prudent. ?Ce qui est dangereux, c?est ce redéploiement à la frontière?, a-t-il déclaré.
Un porte-parole du secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a fait savoir qu?il avait demandé à son émissaire spécial, Terje Roed-Larsen, de se rendre à Beyrouth et à Damas cette semaine pour discuter de ?la mise en oeuvre totale, complète et immédiate de la résolution 1559 du Conseil de sécurité?.
Cinq jours après avoir célébré la chute du gouvernement libanais prosyrien, des manifestants se sont réunis sur la Place des Martyrs de Beyrouth pour saluer une nouvelle ?concession? de la Syrie. ?Je suis très heureuse et très excitée?, a déclaré Collette Hajj. ?J?espère que nous obtiendrons une réelle indépendance, tant que nous restons ici et continuons à l?exiger.?
RÉACTIONS
<B>Après l?annonce du président Bachar el Assad...</B>
■ Des milliers de manifestants agitant des drapeaux rouge et blanc ont laissé éclater leur joie, samedi soir dans le centre de Beyrouth, après l?annonce par le président syrien Bachar el Assad d?un retrait militaire progressif du Liban. La foule, qui a suivi le discours d?Assad sur des écrans géants, scandait ?la Syrie dehors? et ?Liberté, Souveraineté, Indépendance?, des slogans coutumiers des manifestations de l?opposition depuis l?assassinat le 14 février de l?ancien Premier ministre Rafic Hariri. La France dit attendre un retrait total des troupes et services syriens du Liban après l?annonce par le président syrien de sa décision d?appliquer la résolution 1559 du Conseil de sécurité des nations unies. Paris attend également un ?appui sans réserve des autorités syriennes et libanaises? sur l?enquête des Nations unies sur l?assassinat de l?ancien Premier ministre Rafic Hariri.
L?Union européenne se montre, elle, prudente. ?Cette annonce est un développement positif s?il s?agit d?une mesure menant à un retrait complet parce que ce serait très important pour la paix et la stabilité de la région?, déclare une porte-parole. Le département d?Etat américain estime que le retrait progressif de ses troupes du Liban ne suffisait pas. ?La communauté internationale a bien dit que la Syrie devait retirer complètement et immédiatement toutes ses forces militaires et ses services de renseignement du Liban conformément à la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l?Onu?, a déclaré Darla Jordan, porte-parole du département d?Etat. La Russie, la Grande-Bretagne et l?Union européenne se sont de leur côté déclarées satisfaites de l?annonce d?Assad, y voyant une première étape vers un retrait total.
Le vice-Premier ministre israélien, Shimon Peres, juge que cette annonce ?constitue une dérobade? à la résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations unies exigeant le départ de toutes les forces étrangères du Liban. Le Premier ministre israélien a récemment fixé le retrait de la Syrie du Liban comme nouvelle condition à une reprise de discussions de paix avec Damas, rompues en 2000.
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