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La stabilité de l?euro : Un marchandage difficile
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La stabilité de l?euro : Un marchandage difficile
Les ministres des Finances de l?euro ont échoué mardi dans leur tentative de ?boucler? un accord sur la réforme du pacte de stabilité de l?euro et, même si une nouvelle réunion est prévue, il sera difficile d?éviter un grand marchandage au Conseil européen des 22 et 23 mars. Après une réunion de dix heures qui a vu certains pays raidir leur position et juger ?inacceptable? une proposition de compromis de la présidence luxembourgeoise de l?Union européenne (EU), les plus ?réformistes? étaient plus allants mardi.
Pour Hans Eichel, on a été ?beaucoup plus loin? qu?il ne le pensait et, si une nouvelle réunion des ministres des Finances a été convoquée pour le 20 mars, deux jours avant le sommet européen, il s?est dit ?très optimiste?, un sentiment partagé par son homologue italien Domenico Siniscalco.
Le Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, qui a tenté dans sa proposition de concilier la volonté de préserver une certaine discipline tout en assouplissant un instrument décrédibilisé par les déficits ?excessifs? répétés de l?Allemagne et de la France, a lui aussi tenté de présenter les choses de manière positive. Mais plusieurs autres intervenants étaient plus réservés.
?Je ne suis pas très satisfait?, a déclaré le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, en estimant que le débat n?avait pas été ?très positif?, puisque dans certains domaines, ?on recule?. La réunion qui se déroulera mardi soir entre Juncker et Gerhard Schröder à Luxembourg pourrait être cruciale et il sera difficile, voire impossible d?empêcher les dirigeants européens de se saisir du dossier lors de leur sommet.
C?est pourtant ce que le Luxembourg veut éviter à tout prix, d?où son ultime tentative le 20 mars de ?verrouiller? un compromis au niveau des ministres des Finances pour éviter que Silvio Berlusconi et Gerhard Schröder se saisissent du dossier. Ce débat risque d?être explosif, dans la mesure où une coalition de pays orthodoxes, qui trouvent les propositions trop laxistes, et d?États-membres qui, comme l?Allemagne, veulent des règles encore plus souples, s?opposent à la majorité, qui trouvent qu?on est allé trop loin.
Le point crucial est la liste des facteurs qui permettront à un pays de bénéficier de la mansuétude de ses partenaires s?il dépasse la limite de 3 % du produit intérieur brut prévue pour le déficit public. La proposition luxembourgeoise comporte une liste de dépenses ?vertueuses? qui seraient prises en compte lors de l?évaluation de la situation permettant à un pays membre d?échapper aux sanctions en cas de déficit excessif.
Cette liste est limitée ? la recherche et de développement est une catégorie citée ? mais elle n?inclut pas explicitement la défense (revendication française) ou les dépenses liées à l?unification allemande ou à la contribution au budget. La présidence prône un principe plus général.
Si un pays a des difficultés imprévues, si sa dette est maîtrisée, si des efforts ont été réalisés dans les périodes de ?vaches grasses?, si le niveau du déficit structurel est faible, s?il entreprend des réformes structurelles, notamment des retraites, alors un déficit ?excessif? pourra être toléré et un délai plus long ? deux ans au lieu d?un actuellement ? serait donné à l?État-membre.
Les ?circonstances exceptionnelles? qui permettent actuellement de dépasser les 3 % ? une récession de 2% du PIB ? seront assouplies et une définition plus vague ? un retournement économique sévère ? suffira. Les membres de l?euro devraient tendre à moyen terme vers un déficit maximum de 0,5 % du PIB, mais ceux qui ont une dette faible pourront aller jusqu?à 1 % tandis que ceux qui ont un endettement élevé devraient dégager des excédents.
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