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La Réunion veut exporter ses services

19 mai 2005, 00:00

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Le Club export Réunion et la Chambre de commerce et d’industrie de la Réunion (CCIR) ont commandé auprès des cabinets Synthèses et Louis Harris, une étude portant sur “l’identification et la qualification des exportations réunionnaises de services aux entreprises et des débouchés sur l’île Maurice”. Les résultats de cette étude révèlent que l’activité exportatrice mauricienne semble mieux organisée. à la Réunion, l’activité à l’export contribue faiblement au chiffre d’affaires des entreprises.

À la Réunion, environ 2 000 entreprises de services emploient 10 000 à 13 000 salariés, avec un chiffre d’affaires à hauteur de 500 millions. L’exportation représente une part minime de l’activité : seule une entreprise sur quatre exporte, soit 400 à 500 entreprises de services réunionnaises. L’activité export est peu privilégiée dans la stratégie de développement des entreprises qui se déploient de préférence sur le marché local en étendant souvent leur activité pour cibler des particuliers, voire les collectivités locales ou l’État.

Les entreprises de service évoluent également sur un marché local où elles ressentent peu la menace d’opérateurs externes, et où la croissance est observée. Les perspectives attendues apportent également une certaine compensation à l’intensité concurrentielle souvent ressentie localement, mais insuffisamment pour stimuler les entreprises à l’export.

Or, les clefs de la réussite pour un entrepreneur réunionnais à l’export est de s’installer sur place. Sur les 500 sociétés concernées, seule une poignée a fait le choix de s’implanter ailleurs. La plupart des entreprises traitent leurs affaires directement depuis la Réunion. Au final, les résultats sont peu payants : les exportations ne représentent que 2,5 à 3 millions d’euros, soit moins de 1 % du chiffre d’affaires (CA) du secteur, et à peine 2,5 % du CA des entreprises annoncées comme exportatrices. Tels sont les premiers constats des deux enquêtes réalisées fin 2004 auprès d’entreprises de services installées à la Réunion et à Maurice.

On estime ainsi que l’impact de l’export sur l’activité des entreprises réunionnaises de services aux entreprises est 4 à 6 fois plus faible que sur ce secteur d’activité à Maurice. Globalement, l’activité à l’export concerne 25 % des entreprises de services et est notamment généralisée dans des secteurs comme la publicité, les études marketing, ou l’administration des entreprises. C’est toutefois l’ingénierie qui est le plus gros pôle exportateur (en nombre d’entreprises) et regroupe environ un quart des 400 à 500 entreprises exportatrices. Quant aux destinations, elles sont multiples : Mayotte, Maurice, et dans un degré moindre, Madagascar.

<B>De nombreux freins à l’exportation</B>

En revanche, Maurice possède 4 000 entreprises de services aux entreprises qui emploient 40 à 45 000 salariés. Elles brassent un chiffre d’affaires de 30 milliards de roupies, soit environ 800 millions d’euros. Environ 400 entreprises sont exportatrices, avec un chiffre d’affaires de 3 à 4 milliards de roupies (80 à 110 millions d’euros). De cette somme, 600 millions de roupies (11 à 16 millions d’euros) sont réalisés à l’export. L’exportation (le plus gros pôle exportateur étant les services financiers et les expertises comptables) représenterait ainsi plus de 10 % de leur chiffre d’affaires cumulé, ou 1 à 1,5 % du CA total du secteur des services aux entreprises à Maurice. On note que Maurice exporte peu vers la Réunion, la moitié des entreprises concernées exportant vers l’Afrique du Sud.

On constate que l’activité à l’export concerne donc 11 % des entreprises mauriciennes (contre 25 % à la Réunion), mais que cette activité a un poids non négligeable dans les chiffres d’affaires des entreprises concernées : plus de 10 % en moyenne, contre à peine 2 à 3 % à la Réunion.

Les freins à l’exportation sont nombreux : absence de projet, secteurs peu propices à l’exportation, absence de débouchés… Pourtant, il existe des attentes auprès des entreprises mauriciennes qui seraient exploitables. Au sein d’une liste de 20 activités, six catégories de services aux entreprises présentent un potentiel supérieur, ces besoins étant importants au sein des 7 8 00 entreprises mauriciennes (dont 2 300 PME-PMI). Ces catégories de service sont notamment la sécurité et le gardiennage, le nettoyage de locaux, le traitement de la comptabilité, la formation du personnel, le conseil en management et le recrutement et le travail temporaire.

Les forces que les entreprises réunionnaises peuvent ainsi faire valoir sur le marché mauricien sont : l’expérience des marchés à maturité et un savoir-faire technique. Ces deux forces pourraient éventuellement être mises en action au sein d’un dispositif favorisant l’émergence d’espaces de coopérations sectorielles entre les deux territoires.

Repère

■ Energie. Une case adaptée au développement durable. L’Agence régionale de l’énergie de la Réunion (ARER) vient de présenter au public réunionnais le concept de “la case adaptée au développement durable de la Réunion” ou la “Casa DD”. Un concept qui gagnerait à être adopté pour plusieurs raisons.

Ce sont 250 000 logements qui sont à construire ou à réhabiliter pour accueillir une population qui atteindra le million d’habitants. La Réunion devra ainsi trouver le foncier nécessaire, gérer les déchets produits par les constructions et les eaux usées. Elle devra également trouver des ressources en eau et en énergie pour alimenter ces constructions. dont les modes de construction doivent s’inscrire dans une démarche de développement durable.

C’est dans ce contexte, et dans l’attente de la mise en œuvre de la réglementation thermique dans les DOM, que s’impose un cadrage précis de la conception thermique et énergétique des bâtiments. D’où l’élaboration de la “Casa DD”. L’originalité de ce concept est de ne pas s’intéresser qu’au confort thermique du bâtiment, mais aussi à prendre en considération d’autres facteurs tels que la consommation d’eau, la gestion des déchets et la production d’énergies renouvelables. Ainsi, cette année, sera mise en place un réseau de démonstration de 4 Casa DD, une par microclimat réunionnais (littoral ouest, littoral est, les hauts, entre 400 et 800 m d’altitude et la zone d’altitude au-dessus de 800 m). Un appel d’offres a été lancé pour la réalisation de ce réseau de démonstration. Ces futures maisons intégreront toutes les prescriptions bioclimatiques pour une maison confortable, sans climatisation, et adaptée aux conditions climatiques de son terrain : chauffe-eau solaire et panneaux voltaïques permettant 45 % d’économie sur la facture d’électricité ; un système de récupération d’eau de pluie et un espace pour le tri des déchets. Ces cases seront ensuite instrumentées pendant une année afin de vérifier le confort thermique et hygrothermique, ainsi que leurs consommations énergétiques. La dépendance énergétique de l’île s’accroît puisque seul 40 % de l’électricité produite aujourd’hui est d’origine renouvelable(hydraulique et bagasse). La forte augmentation d’équipement en climatisation des bâtiments tertiaires et des logements a également favorisé cette croissance.

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