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La Réunion invitée à s'appuyer sur le savoir-faire mauricien

15 juin 2005, 00:00

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De nouvelles opportunités de partenariat existent entre Maurice et la Réunion. Surtout dans le secteur des technologies de l?information et de la communication (Tic). Ce secteur représente, en effet, l?axe ayant le plus fort potentiel de coopération entre les deux pays, notamment au niveau de la co-traitance.

Les perspectives de ce partenariat ont été évoquées par Eric Noitakis, chef de la mission économique de l?ambassade de France, lors d?un atelier de travail sur la délocalisation des entreprises, la semaine dernière à la Réunion. Il s?appuie sur la politique de diversification économique prônée par le gouvernement mauricien, qui a affiché son ambition de faire de Maurice une cyber-île.

Pour Eric Noitakis, la Réunion a une carte à jouer en utilisant ses compétences et celles de Maurice pour le développement des logiciels et progiciels, la saisie critique des données, le commerce électronique, l?hébergement de sites Internet et leur développement, l?animation en 3D et le développement de contenu multimédia, la numérisation des données, l?archivage électronique, les services de design en ingénierie et le dot.net.

Ces activités seraient menées avec des chefs de projets à la Réunion, des équipes de développement dans les deux îles et des équipes de saisie à Maurice. ?Dans ce domaine, la plate-forme Maurice-Réunion est aussi un moyen intelligent de mieux encadrer les projets d?expansion d?entreprises métropolitaines en dehors de l?Hexagone.?

Ce modèle de partenariat, déclare Eric Noitakis, est transposable aux domaines de la comptabilité, de la pré-presse et de l?imprimerie où une répartition des tâches entre les deux îles est aussi envisageable. ?L?axe Réunion-Maurice doit être utilisé pour inciter les entreprises étrangères à avoir recours à la plate-forme commune en mettant en avant ses avantages.?

?Il y a, poursuit-il, la co-traitance des demandes en mutualisant les moyens et l?expertise selon des clefs de répartitions propres aux partenaires réunionnais et mauriciens, le recours à des moyens techniques éprouvés, les coûts des liaisons téléphoniques avec la France quasiment identiques au départ ou à destination des deux îles et à prix compétitifs?.

Eric Noitakis estime que la Réunion, dans sa quête d?investisseurs étrangers ou d?expansion à l?étranger, est désavantagée par rapport à Maurice. Cela, pour des raisons de coûts d?opération. Deux options s?offrent à elle : rester concentrée sur son marché en le protégeant ou s?ouvrir à l?international en mettant en place un partenariat intelligent avec Maurice, qui assurera, par la même occasion, le développement de cette activité dans le département.

?Le recours à un partenariat Réunion-Maurice trouve sa justification dans une optique d?optimisation de moyens visant à offrir des prestations qualifiées à prix compétitifs à des clients étrangers qu?ils soient de France ou d?ailleurs. C?est sous l?angle de la co-traitance que les Réunionnais doivent envisager leur approche de Maurice pour ce qui concerne les Tic.?

Un atout, pas un handicap

Pour lui, le fait que Maurice est à proximité de la Réunion doit être considéré comme un atout et non comme un handicap. En effet, la Réunion ne pourra poursuivre son développement dans les Tic et aborder les marchés extérieurs que si elle s?associe à un pays dont le coût de la main-d'oeuvre est le plus bas et qui possède les qualifications requises.

?La Réunion a l?avantage de disposer, près d?elle, d?un pays à sa taille possédant ces attributs, où la culture entrepreneuriale francophone est répandue, où l?environnement des affaires est favorable, où les infrastructures, eau, électricité, télécommunication, sont de bon niveau, et où la tradition démocratique est ancrée dans les m?urs locales.?

Les opportunités qu?offre le marché mauricien découlent d?une évolution structurelle du tissu économique de l?île Maurice, d?une part et d?un positionnement sectoriel, d?autre part. Car en raison des difficultés que connaissent deux des piliers historiques de l?économie mauricienne, Maurice est en train de changer de modèle de développement et entre de plain-pied dans l?ère des services. Pour preuve, il cite l?orientation stratégique dans le secteur des services dans le cadre de la décision prise par le gouvernement de transformer Maurice en île exemptée de droits de douane.

?La marginalisation progressive des activités sucre et textile des grands groupes mauriciens les conduit logiquement à opter pour celle des services et plus particulièrement celles du tourisme et des Tic que le gouvernement considère comme étant le prochain relais de croissance de l?économie.?

Eric Noitakis est convaincu que Maurice et la Réunion pourraient ensemble devenir des ?acteurs crédibles en tant qu?opérateurs de Tic francophones?. Et, en fonction de l?évolution de la situation économique à Madagascar, il sera possible d?intégrer également la Grande Ile dans la plate-forme.

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