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La réforme Gokhool mise en suspens
?Kapav rann li meyer.? Les propos du Premier ministre, Navin Ramgoolam, quant à la formule des A+ proposée par son ministre de l?Education, Dharam Gokhool, laissent comprendre que le gouvernement s?accorde plus de temps de réflexion. ?Nou pou guet byen. Pe gueter sa ki dimounn pe pense?, a ajouté Navin Ramgoolam hier soir.
Le ministre Gokhool avait proposé le 12 janvier dernier un nouveau système de grading et la création de neuf collèges nationaux pour admettre 1 260 meilleurs ?performers? du Certificate of Primary Education (CPE). La proposition avait provoqué une importante levée de boucliers au sein de l?opinion publique et du secteur éducatif.
Si l?on ne connaît pas les raisons derrière ce changement de position du gouvernement, l?on sait cependant que depuis quelques jours, des indications laissaient entrevoir un changement d?attitude.
L?introduction du grade A+ pour les examens du CPE est au menu de la réunion du Primary School Examinations Committee ce matin. C?est une des dernières étapes avant la publication de la nouvelle structure du grading dans la Government Gazette. Cette publication donne force de loi au nouveau système et cette étape avait déjà obtenu le feu vert du gouvernement comme l?indiquait l?express de mardi dernier. Mais il est peu probable que les choses aillent maintenant jusqu?à la publication des nouveaux règlements.
Cette rencontre a été convoquée par le Mauritius Examinations Syndicate (MES) qui communiquera officiellement l?amendement de l?article 5 (Grading) des Regulations & Syllabuses for CPE Examination 2006 à tous les partenaires de l?éducation primaire, que ce soit organismes confessionnels ou syndicats.
L?amendement concerne justement l?introduction du nouveau grade A+ qui peut être obtenu par un candidat au CPE à partir de 90 points. Selon la formule Gokhool, ce A+, s?il est obtenu en quatre matières au CPE, est un laissez-passer pour une place dans un collège national.
Autre indication du changement de position au gouvernement : une réunion jugée importante entre Navin Ramgoolam et Maurice Piat, evêque de Port-Louis, est prévue dans les jours qui viennent. Mgr Maurice Piat est parmi les plus virulents contestataires de la réforme Gokhool. Cette rencontre a été sollicitée par le Premier ministre mais ne pourra pas avoir lieu avant samedi, jour du retour de Mgr Piat de Rodrigues.
Délai d?adaptation
Au niveau de l?opposition, le travail avait commencé pour contester le nouveau système en cour. Et il est possible que cette bataille légale aurait été centrée sur le délai d?adaptation à la nouvelle donne accordé par le gouvernement à ceux qui participeront à l?épreuve du CPE cette année. Se basant sur le jugement de la Cour suprême de 1995 sur l?inclusion des langues orientales aux examens du CPE, certains sont d?avis qu?il faut accorder un préavis légal d?au moins un an avant d?apporter des changements dans la structure du grading.
?Lorsque la nouvelle formule a été communiquée, nous étions à moins de neuf mois des examens du CPE et, selon ce jugement, un an ne suffit pas pour mener un changement de fond tel que celui-ci?, affirme un légiste proche du dossier.
Pour Suttyhudeo Tengur, qui avait attaqué ce jugement devant le Conseil privé, l?on ne peut comparer. ?Ni les sujets examinables ni le programme d?études ne changent.
Le grading, introduit en 2002, n?est pas remis en cause. A mon avis, personne ne peut dire que ses droits constitutionnels ont été lésés?, affirme-t-il. Mais les avis sont très partagés.
L?argument de la Cour suprême du 27 octobre 1995, qui concernait spécifiquement l?inclusion des langues orientales aux examens du CPE, est-il ici applicable ? Pour un des hommes de loi qui a traité ce dossier à l?époque, la réponse est oui. ?L?argument peut servir dans ce cas précis, mais ce sera à la Cour suprême de trancher. Un avocat astucieux peut bâtir son affaire dessus?, indique ce dernier.
?Même s?il avait renversé le jugement de la Cour suprême en 1998, Le Privy Council avait indiqué qu?il était toujours possible pour le plaignant d?aller en cour pour casser la décision de l?exécutif parce que ce laps de temps n?était pas raisonnable?, ajoute l?homme de loi.
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