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A la recherche d?un nouveau partenariat
Dites «la Chine» et immédiatement on vous parlera business. Et c?est sans surprise que les Rs 14 milliards de biens et de services importés de la Chine ont hissé le pays du dragon au rang de premier fournisseur de Maurice. Devançant ainsi des partenaires commerciaux tels que l?Inde et la France. Toutefois, la diplomatie mauricienne sera mise à rude épreuve pour réussir un modèle de partenariat sud-sud, entre l?île Maurice, la Chine et l?Afrique.
Qu?importe. L?un des plus grands coups de la diplomatie économique mauricienne est le projet Tianli. Un méga-projet qui injectera un investissement de Rs 20 milliards dans l?économie mauricienne et crééra quelque 40 000 emplois. Mais seulement voilà. Sur le plan commercial, l?ampleur du projet industriel Tianli appelle, d?ores et déjà, à l?ouverture des négociations bilatérales entre les deux Etats. Pour harmoniser les relations commerciales du couple Maurice-Chine.
Car un cadre de libre-échange sino-mauricienne permettra aux entreprises mauriciennes de bénéficier d?un accès préférentiel au marché chinois et à Maurice d?y intégrer des objectifs de commerce et de développement. Sachant qu?en 2007 Maurice n?a exporté que Rs 396 millions de produits vers la Chine. «Cette question a été évoquée et à ce chapitre, le plan d?action gouvernemental préconise le développement d?un nouveau type de partenariat avec des géants asiatiques tels la Chine, l?Inde et le Pakistan», admet un haut cadre proche du dossier.
A l?instar du Comprehensive Economic Cooperation and Partnership Agreement (CECPA) qui existe entre Maurice et l?Inde. Celui-ci favorise non seulement la coopération économique mais permet aussi aux producteurs locaux d?écouler un certain nombre de leurs produits, dont le rhum, sur le marché indien.
Pour autant ce serait se faire beaucoup d?illusion que de croire qu?un «CECPA à la chinoise» permettra de réduire le fossé commercial entre Maurice et la Chine. Pour sa part, Mahmood Cheeroo, secrétaire général de la Chambre de commerce et d?industrie de Maurice, estime qu?un accord bilatéral permettra à nos hommes d?affaires d?explorer quelques opportunités sur le marché chinois. «A travers un accord bilatéral, les opérateurs pourront bénéficier d?un accès préférentiel et identifier quelques produits niches pour réussir une percée en Chine», précise-t-il.
Et pourquoi pas le «made by China» ? L?idée d?encourager «les entrepreneurs mauriciens à sous-traiter une partie de leur production en Chine pour ensuite vendre leur produit sur d?autres marchés», résume un entrepreneur revenu tout juste d?une visite en Chine. «Pour être compétitif, il faut aussi mettre à profit les économies d?échelle et le travail à bas prix disponible en Chine», commente-t-il.
<B>Politique d?accès aérien</B>
Soit. Au-delà du commerce, le tourisme chinois est un tremplin pour la coopération économique. Selon l?Organisation mondiale du tourisme (OMT) environ 100 millions de touristes chinois vont parcourir le monde d?ici 2020 (Voir hors-texte). Toutefois, là où le bât blesse c?est que Maurice n?a pas de stratégie éprouvée pour séduire les touristes chinois. Ce, malgré le fait qu?elle fait partie du clan des «destinations accréditées» par les autorités chinoises.
Ainsi à en croire le responsable d?une agence de voyages, la promotion touristique en Chine souffrirait d?un manque d?attention, les autorités mauriciennes préférant miser gros sur des campagnes de promotion européennes. «Le tourisme mauricien est trop axé sur l?Europe et la Chine est encore mal considérée», soutient-il et plaide pour le développement d?un package touristique mauricien qui puisse répondre aux attentes des touristes chinois.
Et pour bénéficier de cette manne touristique, la politique d?accès aérien vers la Chine doit être reconsidérée. «Malgré les grandes ambitions de l?industrie touristique mauricienne, il n?y a pas un seul vol quotidien sur la Chine», constate notre interlocuteur. Pour lui, sur les cinq prochaines années, il faudra sept vols quotidiens sur les villes chinoises, telles que Shanghai, Beijing et Guangzhou afin de permettre à Maurice d?émerger comme une plaque tournante de l?Afrique.
<B>Maurice, pont entre l?Afrique et l?Asie ?</B>
Cela dit, la Chinafrique est une occasion inespérée pour Maurice de se positionner comme un pont entre l?Afrique et l?Asie. Et se dire que nous sommes à la croisée de cette histoire. «Cette année-ci, nous allons célébrer le centenaire de l?existence de la Chambre de commerce chinoise», se plaît à rappeler Annabelle Kok Shun, présidente de la Chambre, comme pour souligner les liens d?histoire qui réunissent nos deux pays. L?organisation prône le renforcement du rôle de Maurice dans l?axe Afrique-Chine.
Pour sa part, Vijay Makhan, ancien Secrétaire aux Affaires étrangères, explique que Maurice dispose de tous les ressorts nécessaires pour être un intermédiaire stratégique entre la Chine et l?Afrique. «Bien que la Chine n?ait nullement besoin de Maurice pour asseoir sa présence en Afrique», poursuit-il. Et ce sera du quitte ou double pour Maurice «faute de n?avoir pas cultivé une véritable identité africaine et parce que notre connaissance des Etats africains et des leaders africains reste superficielle».
Cependant, la politique étrangère de la Chine en Afrique rebute plus d?un. «La Chine joue une carte purement économique et ne s?intéresse pas à des questions de développement encore moins de démocratie. Même les Etats-Unis et l?Union européenne ne savent pas comment réagir devant la main-mise chinoise en Afrique», soutient un diplomate mauricien.
Alors, pour ce qui est d?un modèle de partenariat sud-sud entre la Chine, l?île Maurice et l?Afrique, il ne le voit pas de sitôt. «Il n?y a pas de diplomatie mais que des intérêts», se plaît-il à répéter.
Tourisme chinois, des perspectives intéressantes</B>
■ Environ 100 millions de touristes chinois vont parcourir le monde d?ici 2020, selon l?Organisation mondiale du tourisme (OMT). L?empire du Milieu a signé des accords de «statut de destination autorisée» (SDA) avec 28 pays, dont Maurice, la Tanzanie, le Kenya, l?Éthiopie et les Seychelles. Selon les études dans les prochaines années, les touristes chinois continueront à voyager dans des pays asiatiques limitrophes (Singapour, la Malaisie, la Thaïlande et aussi vers l?Inde et le Népal) mais l'essor de la Chine redessine les lignes de force du tourisme mondial. Avec l'émergence d'une classe moyenne découvrant la culture des loisirs, le marché s'annonce plus que prometteur. Le TOP 10 des destinations favorites des chinois restent : Hong Kong, Macao, la Thaïlande, la Russie, le Japon, la Corée, les États-Unis, Singapour et l?Australie. En 2002, 16,6 millions de Chinois ont voyagé à l'étranger, soit une progression de près de 37 % en l'espace d'un an. Selon les projections de l'OMT, le chiffre devrait se hisser à 100 millions en 2020. A nous de voir comment les attirer.
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