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A la recherche de la star mauricienne
Elevés au pays de la Star Academy, de Popstars et de la Nouvelle Star, Wendy, Dishni ou Wesley se lancent avec assurance, dans l?aventure du télé-crochet avec Ti Mambo sous la houlette d?Odile Halbwachs. Ces graines de star sont conscientes des enjeux. «On va passer à la télévision !» s?exclament les deux fillettes en ch?ur. La boîte à images est devenue aujourd?hui la boîte à rêves.
La répétition générale de Ti Mambo dans les conditions du direct, à laquelle nous avons assisté, avait des allures de Star Academy, un samedi soir de prime. Les enjeux sont les mêmes. Servir du neuf aux téléspectateurs locaux avec du divertissement Made in Mauritius et les rendre accro à ces jeunes talents.
Ti Mambo est d?abord un concours de chant et de danse mais se veut également une émission de télé-crochet, avec ce que cela sous-entend de show. Tout est parfaitement pensé, du décor à la mise en scène des chorégraphies, jusqu?à la place du jury. Plus de show, plus de couleurs et surtout plus de stars. Notre île Maurice en a les siennes.
Linzy Bacbotte-Williams, star de la chanson locale et présentatrice inoubliable de Sofé Ravanne, avec son ?ti mambo? au chaud dans son ventre, chauffe la salle avec une facilité déconcertante. « Piblic là un pé froid là non. Allez tape la main pou encourage nous banne participants ! »
Aux commandes de l?émission, Odile Halbwachs, dont la voix résonne par le biais d?un haut-parleur, dans tout le Théâtre Serge Constantin. La voix est ferme. Elle dirige de main de maître, une équipe technique composée d?une vingtaine d?hommes, dont cinq placés derrière d?immenses caméras. Il y en même une qui prend des images en plongée alors qu?une autre, juchée sur une immense grue, balaye la scène.
Le décor imaginé par Odile Halbwachs et réalisé par Alexandre Koenig, rappelle le bleu de la mer. D?immenses voiles en toile écrue, posées aux quatre coins de la scène, cousues par Marie-Michelle Moreau, promettent de conduire le bateau à bon port. D?énormes projecteurs jonglant avec le bleu, le jaune, le rose et le vert, inondent la scène de leurs éclats lumineux. L?illusion parfaite est réglée par Hedley Essoo, responsable technique et directeur de DB Vision.
Parfaitement télégéniques, les graines de stars de Ti Mambo n?ont pas lésiné sur les tenues de scène. On copie Lorie et Sean Paul avec un souci du détail, voire d?authenticité. Les petites filles sont attentives au savoir-faire d?Anne-Marie Bastien, danseuse et chorégraphe. Cette dernière apporte également ses lumières pour la mise en scène du show. Encadrés par les excellents danseurs de Sanedhip Bhimjee de Art Academy, les Ti Mambo, se prêtent avec élégance aux jeux de la caméra.
Le déroulement de l?émission est connu d?avance. Tout doit être scrupuleusement respecté. Une lumière mal agencée par ici, un zoom mal réglé par là, force l?équipe à tout recommencer. « Je préfère qu?on reprenne. De toute façon, elle devra recommencer la chanson. Ca ne te dérange pas Dishni ?» demande Odile Halbwachs, en bonne professionnelle. La petite fille ne grimace même pas. Pourtant, elle est déjà à la troisième prise de sa chanson. Dans la salle, d?autres Ti Mambo attendent de monter sur scène. L?impatience d?être sous les feux des projecteurs stimule leurs sens. Ils ne tiennent pas en place. Dans ce méli-mélo, Michèle Martin, enseignante à l?Ecole Père Laval, ne montre d?aucun signe d?agacement. Ses treize ans de métier l?ont définitivement mise à l?abri de ce genre de réaction. Proche de ses élèves, elle a monté en quelques jours, une chanson que lui a inspirée « un petit bonhomme » ainsi qu?une chorégraphie appropriée.
Le morceau s?appelle En passant près de l?école. Océane, Béatrice, Solenza et les autres petites filles appelées Les Pinglettes, s?empressent de nous en chanter un extrait. Les voix fraîches sont accordées, les yeux pétillent de malice. Pas le moindre signe de trac. «On va passer à la télé. On s?amuse !» clame en riant la jolie Océane.
Entretemps, sur scène, Linzy Bacbotte-Williams ne boude pas son plaisir. Elle rit, sautille et amuse la galerie avec son humour franc et coloré. Concentrée malgré son rire communicatif qui résonne souvent dans son micro, Linzy pourrait à elle seule faire le show.
A l?extérieur, dans le long couloir qui longe le théâtre, les candidats de Ti Mambo, les danseurs de Art Academy et quelques techniciens, se restaurent. On discute aussi, on rit parfois à gorge déployée. Cet après-midi de samedi va changer la vie de tout ce petit monde. Dans quelques mois, Ti Mambo deviendra une réalité télévisuelle.
Odile Halbwachs : « Le chemin a été long pour faire aboutir ce projet»
Vous avez toujours nourri l?envie de faire du divertissement pour la télévision nationale. C?est aujourd?hui chose faite Ti Mambo. Quel est le sentiment qui vous habite ?
C?est un aboutissement. C?est très difficile chez nous de faire de la télévision en tant que productrice indépendante car nous pouvons exister que si nous proposons un programme clé en main, en échange du «air time». J?ai eu la chance d?avoir le soutien de la Mauritius Commercial Bank. Le ministère des Arts et de la culture nous soutient également en mettant le Théâtre Serge Constantin à notre disposition tout au long de l?aventure.
Comment est né Ti Mambo ?
L?idée est venue depuis Les Z?enfants d?abord. A l?époque, nous avions beaucoup d?enfants qui voulaient chanter ou danser, d?autres qui voulaient faire le clown, pendant que d?autres jouaient du djembé. Je trouve que les enfants, c?est toujours une découverte, une bouffée de fraîcheur et de spontanéité. Il est essentiel que les enfants aient une plate-forme pour s?exprimer, qu?ils puissent laisser une petite graine dans le monde artistique, qui pourrait plus tard devenir un vrai métier pour eux parce que le système scolaire n??uvre pas forcément dans ce sens. Ti Mambo a sa raison d?être pour tout cela.
Comment les participants de Ti Mambo ont-ils été sélectionnés ?
Nous avons d?abord sollicité l?aide des institutions scolaires du pays, parce que c?est là que se trouve le vivier. Nous y avons déposé des formulaires avec une lettre explicative à l?attention des parents. C?est comme cela que nous avons lancé l?appel à candidatures.
Comment s?est déroulé ce casting ?
Chaque enfant a été appelé à chanter ou à danser, sur un morceau de leur choix. Une fois sélectionnés, on les a amenés en studio, une étape primordiale pour ceux qui chantent. Il a d?abord fallu jauger de la tessiture de leurs voix avec seulement la musique des chansons choisies, sur ce qu?on appelle un play-back orchestre (PBO). Jean-Claude Théanne, le propriétaire de DVM Records à Saint-Pierre, nous a accueillis dans son studio. Après trois sessions en studio, chaque enfant est reparti chez lui avec sa PBO pour qu?il travaille sa voix et sa chanson. Puis il y a eu les répétitions devant la caméra, dans la configuration de l?émission.
Vous avez trouvé une présentatrice de choix en la personne de Linzy Bacbotte ?
Je n?étais pas au pays à l?époque du succès de Sofé Ravanne. Je n?avais jamais entendu parler de Linzy Bacbotte. Un jour, j?ai entendu Linzy à la radio et je suis tombée sous le charme. Je n?avais jamais entendu quelqu?un de si chaleureux et authentique. Je me suis dit qu?il fallait absolument que je me souvienne de son nom.
Vous commencez à vous faire connaître dans le paysage audiovisuel local. Est-ce plus facile de faire de la télévision aujourd?hui ?
Mon feeling est que ça commence à venir. Cela dit, c?est extrêmement difficile de monter une émission ici. Le chemin a été long pour faire aboutir Ti Mambo. Je suis rentrée au pays avec l?idée de faire la télévision pour le plus grand nombre. Je voulais participer à donner une identité à la télevision nationale. Nous sommes là pour apporter un nouveau souffle. J?espère vraiment que la MBC nous considère comme des partenaires et non comme des concurrents.
Quand les petits font leur show
Star 2000 avait montré que les petits Mauriciens avaient du talent. Ti Mambo va confirmer cette tendance. Linzy Bacbotte, lauréate du concours Star 2000 et présentatrice de Ti Mambo, en est le parfait exemple.
Sponsorisée par la Mauritius Commercial Bank (MCB), placée sous le patronage du ministère des Arts et de la culture, Ti Mambo, à partir du 8 août à 20h10 sur MBC 1, permet aux enfants de 8 à 12 ans, et donne la chance à ceux qui auront treize ans dans l?année, de chanter et de danser, sous le regard d?un jury de professionnels.
La présidente est Miselaine Soobraydoo, directrice de Karavan Production et fondatrice des Komiko. Cette dernière sera épaulée par Sooryakanti Nirsimloo-Gayan, directrice du Mahatma Gandhi Institute et du Ravindranath Tagore Institute, Véronique Zuël-Bangaroo, chanteuse lyrique, Sanedhip Bhimjee, danseur, chorégraphe et directeur de Art Academy et Ernest Wiehe, musicien.Ti Mambo s?échelonnera sur neuf semaines, pour aboutir à trois semi-finales et une finale.
Le générique de Ti Mambo, une adaptation de La Rivière Tanier, réécrite et interprétée par Odile Chevreau, mélange, à juste titre, les sonorités et les langues parlées chez nous.
Des prix alléchants récompenseront les gagnants. Le ou la gagnante de Ti Mambo, décrochera un prix de Rs 25 000 et un cadeau. Le second prix sera un chèque de Rs 15 000 et un cadeau. Ces prix seront décernés aux gagnants de chaque catégorie, soit dans la catégorie chanson et dans la catégorie danse.
De plus, chaque enfant ayant participé au concours, recevra un t-shirt et un bon d?épargne de Rs 500 lors de son premier passage. Lors des trois semi-finales, les neuf participants ou groupes d?enfants (six en chansons et trois en danse), recevront un cadeau. Les autres semi-finalistes recevront un cadeau et un bon d?épargne. Le reste des finalistes recevra un cadeau et un bon d?épargne de Rs 1000. Pour participer ou assister à Ti Mambo, composez le 696 29 58, ou écrivez à Très PIED Production, Résidence Les Pins, Gibson Lane, Floréal.
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