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La Réunion : porte d?entrée des stupéfiants pour Maurice
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La Réunion : porte d?entrée des stupéfiants pour Maurice
Cela n?est pas arrivé depuis des lustres. Des Mauriciens qui se font cueillir par les autorités de l?île de la Réunion pour importation de drogue sur Maurice n?est pas chose courante. Lorsque plusieurs Mauriciens sont coffrés durant un même week-end, c?est un événement. Marie-Laurine Laurette, une habitante de Pointe-aux-Piments, a été appréhendée par les douanes réunionnaises vendredi dernier avec deux kilos d?héroïne dissimulés dans ses bagages dans sa cabine sur le Mauritius Trochetia. Grande et svelte, elle est facilement identifiable grâce à son look et sa voix haut perchée. Mais ce n?est pas pour cela qu?elle a été coincée ce jour-là.
De fréquents voyages à Madagascar
Déjà fichée à la Réunion pour avoir tenté récemment de rentrer à Maurice avec 600 grammes de zamal, la jeune femme était surveillée de près par les autorités de l?île s?ur , d?autant que, depuis ces derniers mois, elle effectuait de fréquents voyages à Madagascar. Elle prenait l?air au Port, lors d?une escale, à son retour de Madagascar, lorsque les douaniers lui ont signifié leur intention de fouiller sa cabine. Il paraît qu?elle a fait semblant de tomber dans les pommes à deux reprises avant qu?elle ne soit transférée au centre hospitalier Gabriel-Martin à Saint-Paul. Les douaniers sont quand même allés de l?avant avec leur fouille et 2,107 kilos d?héroïne évaluée à Rs 10 millions ont été découverts dans ses bagages.
« C?est clair que la drogue était destinée à Maurice. Il nous reste maintenant à démanteler le réseau et à savoir où la jeune femme a acheté cette drogue. Nous entamons les démarches afin qu?une commission rogatoire puisse enquêter sur elle à Maurice et aussi pour savoir à qui était destinée cette drogue », commente un enquêteur de la Sûreté départementale de la police judiciaire de la Réunion. « On surveillait Marie-Laurine Laurette. La chance a voulu que ce soient les Réunionnais qui l?arrêtent. Le 19 février 2002, elle avait été interpellée pour possession de papier à rouler, en infraction avec les lois douanières» , explique pour sa part l?assistant commissaire de police, Gassen Valaydon, de la brigade anti-drogue mauricienne.
Une simple passeuse
De prime abord, il semblerait que la jeune femme n?était qu?une simple passeuse. Elle a raconté aux enquêteurs réunionnais qu?elle avait accepté de passer de la drogue car elle avait grand besoin d?argent. La drogue devait être remise à un contact, dont elle ne connaîtrait pas l?identité, à Port-Louis. Elle a donc pris l?avion pour Madagascar avant de rentrer par bateau, après escale à la Réunion. Elle a profité de son séjour dans la Grande île pour rapporter des produits artisanaux qu?elle comptait revendre à un bon prix à Maurice. Styliste de profession, elle s?essayait également dans un projet de pâtisserie, pour les mères célibataires, financé par l?Union européenne à Pointe-aux-Piments.
Cette saisie fait la satisfaction des autorités réunionnaises car c?est un record pour elles. Avec 30 grammes d?héroïne saisie en dix ans, l?île s?ur est un pays pas très habitué aux drogues dures. La dernière grosse saisie remonte à 1998 lorsque 11 grammes d?héroïne avaient été saisis sur une passagère venant de France. Les autorités réunionnaises étaient plus que satisfaites lorsqu?elles ont mis la main sur 23 kilos de gandia sur un yacht mauricien, le Fou Baladin dimanche après-midi lors d?une vérification de routine. Cinq personnes, dont trois Mauriciens, ont ainsi été arrêtées.
L?herbe dissimulée dans des bidons en plastique a été découverte par un chien renifleur. Le skipper, Désiré Baya, son neveu, Jérôme Baya, et Louis Tonta ont été placés en garde à vue à la Sûreté départementale. Ils revenaient d?un voyage de l?île Sainte-Anne et s?apprêtait à rentrer à Maurice. « On veille au grain. Mais c?est très difficile de contrôler les yachts car ils rentrent n?importe où et il se peut qu?ils fourguent les marchandises de contrebande à ces embarcations qui les accostent en pleine mer? », souligne un responsable de l?Anti Drug and Smuggling Unit. Heureusement que les Réunionnais avaient la chance de leur côté.
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