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La proposition du PTr sur l?élitisme divise

7 mai 2005, 00:00

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La question d?une éventuelle réintroduction de l?élitisme est diversement appréciée. Différentes personnalités du monde de l?éducation se montrent sceptiques face à cette proposition faite par le leader de l?Alliance sociale, Navin Ramgoolam, sur différentes plates-formes.

Certains réservent leurs commentaires, attendant de lire le contenu du programme électoral. Mais d?autres se prononcent déjà contre, menaçant de faire campagne contre l?Alliance sociale.

Clifford Maniacara, président de la Fédération des associations des parents d?élèves des écoles primaires catholiques, se montre franchement hostile : «Nou pa le ranking, ni star schools. Le rat race c?est du passé et c?est bien ainsi. Nous appelons Navin Ramgoolam à retirer cela de son programme. Si tel n?est pas le cas, nou pou fer campagne kont Ramgoolam». Ravivant le souvenir de la campagne électorale d?il y a dix ans, il met en garde : «Sir Anerood Jugnauth pourrait leur faire la leçon après sa défaite en 1995.»

Côté travailliste, l?on affirme qu?il n?a été question à aucun moment de réintroduire le ranking. Mais la question reste de savoir comment se passerait l?admission en Form I, si l?opposition arrivait au pouvoir. A plusieurs reprises, Navin Ramgoolam a évoqué le besoin d?un système élitiste dans l?éducation.

Reste qu?on perçoit comme un flou entretenu par l?opposition à ce niveau. Jusqu?ici, très peu d?informations transpirent quant aux intentions réelles de l?Alliance sociale sur le dossier. Le secteur éducatif attend avec impatience ce qu?elle compte proposer.

D?ores et déjà, Harris Bachwa, membre de l?influente Fédération des managers des collèges privés, estime que changer d?orientation serait une grave erreur : «Malgré les multiples réticences au départ, la réforme a été acceptée. Nous ne pouvons plus faire marche arrière. Il fallait absolument enlever le fardeau du dos des enfants de onze ans. Si Navin Ramgoolam veut revenir à la case départ, il serait bon qu?il dise comment il prendra sans créer un chaos.» Pour Harris Bachwa, la réintroduction de la compétition à ce stade est inutile étant donné qu?elle est présente «dorénavant au niveau du School Certificate».

Du côté des organismes d?éducation confessionnelle, certains se montrent également réfractaires. «Nous avons pris du temps pour appliquer une réforme qui donne des résultats plutôt positifs. Un retour en arrière pour des raisons politiques n?est pas acceptable», s?insurge le responsable d?une autorité confessionnelle.

Quant à Suttyhudeo Tengur, le président de la Government Hindi Teachers? Union (GHTU), il reste plutôt évasif. Il précise que le retour du ranking n?a jamais été évoqué par qui que ce soit : «Navin Ramgoolam a dit lors de son meeting du 1er mai qu?il abolirait les Form VI colleges. C?est une très bonne chose. Nous avons aujourd?hui deux systèmes parallèles. Ce n?est pas concevable dans un Etat de droit.» En ayant refusé de mettre sur pied des collèges de Form VI, les collèges catholiques proposent en effet un système éducatif légèrement différent de celui préconisé par la réforme.

Suttyhudeo Tengur dénonce également ceux qui utiliseraient le grading pour faire du favoritisme. Pour lui, il faudrait non pas revenir au ranking mais mettre sur pied un instrument de contrôle.

Enfin, le président de la Government Teachers? Union, Vinod Seegum, se montre réservé sur la question. «Nous attendons la publication des programmes électoraux des deux blocs. Dès que cela sera fait, nous ferons connaître notre réaction.» D?autres personnalités du secteur préfèrent garder le silence en attendant que l?Alliance sociale clarifie ses intentions.

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