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La promotion automatique au primaire remise en question
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La promotion automatique au primaire remise en question
Faut-il permettre encore à un écolier de passer d?une classe à l?autre, même s?il n?a pas le niveau requis ? Non, estime-t-on au ministère de l?Education. Même si aucune décision ferme n?a été prise pour l?instant sur la question, la volonté de revoir la question de fond en comble est là.
«C?est au stade de la réflexion. Personnellement, je pense que le système actuel doit être revu. Cela ne vaut pas la peine de laisser progresser un enfant jusqu?en Standard VI s?il n?a toujours pas acquis les compétences de base. Le problème de promotion automatique doit être réglé et une policy decision doit être prise», indique le ministre de l?Education, Dharam Gokhool.
Les pédagogues sont d?avis que le taux d?échec, de l?ordre de 35 % année après année, ne serait pas si élevé si l?on permettait aux enfants de redoubler au cas où ils n?auraient pas atteint le niveau nécessaire pour monter en grade. Des élèves qui, arrivés en sixième année, sont incapables d?écrire correctement une petite phrase ne sont malheureusement pas des exceptions, comme le précisent les CPE (NdlR : Certificate of Primary Education) reports préparés chaque année par le Mauritius Examinations Syndicate (MES). Certains élèves ne parviennent même pas à écrire leur nom sans faute, à leur sortie du cycle primaire.
Conscients de la problématique, les autorités sont bien décidées à agir, mais avancent prudemment. «Certains parents ne veulent pas que leurs enfants redoublent et cette attitude est bien ancrée. Il faudra donc faire un gros travail de sensibilisation. Le plus difficile sera de changer les états d?esprit et c?est pour cela que je ne veux pas aller trop vite», confie le ministre.
Certains outils qui seront utilisés pour la première fois cette année dans les écoles primaires serviront d?arguments pour convaincre l?opinion publique. La rentrée de demain correspond donc à un changement majeur de cap. Les premières classes visées sont celles de troisième. Les autres seront probablement touchées au cours des prochaines années scolaires.
Objectifs d?apprentissage </B>
Vers mi-février, les enseignants de Standard III seront appelés à faire un diagnostic pour chaque élève de leur classe. L?outil permettant de faire cette analyse est en cours d?élaboration au niveau du ministère où l?on précise cependant qu?il ne s?agit pas d?un examen. «Cet instrument servira à faire un état des lieux des connaissances acquises par l?enfant jusqu?à présent. Ce dernier n?aura pas besoin de subir une préparation au préalable. Nous ne faisons qu?établir la capacité réelle de l?enfant.»
Cela permettra à l?enseignant d?assurer un meilleur suivi et de mieux connaître les forces et les faiblesses de sa classe, pour pouvoir agir en conséquence. Certains éléments de remedial education (NdlR : éducation corrective) seront également introduits cette année pour aider à amener à niveau ceux qui sont à la traîne. C?est du moins le souhait du ministère.
A la fin de cette année, la «pupils? progress sheet » (NdlR : fiche de suivi de l?élève), qui concernera encore une fois les enfants de troisième, permettra de déterminer si les objectifs d?apprentissage ont été atteints et de détecter les compétences de l?élève.
Quant à l?évaluation continue, elle fait son petit bonhomme de chemin. Après les manuels de Standard I en 2007, ce sont les manuels de Standard II qui sont à l?honneur cette année. En 2009, ce sont les livres scolaires de Standard III et IV qui seront concernés, alors que les deux dernières années du cycle primaire vont être revus début 2010.
Changer la vocation des examens</B>
Incorporant une évaluation à la fin de chaque chapitre, l?objectif de ces nouveaux manuels est également de détecter les points forts et faibles de l?écolier pour agir en conséquence.
Si pour l?instant, l?évaluation continue n?est pas encore prise en compte pour les examens de fin d?année, cela devrait changer d?ici peu. Le MES s?active à développer les outils pour le permettre. Les premières classes concernées seront les Standard IV et V.
«L?introduction de l?évaluation dans notre système est un processus assez complexe et demande beaucoup de préparation. Actuellement, nous ne savons pas encore avec précision quand le CPE tel que nous le connaissons jusqu?ici sera modifié pour permettre l?introduction de l?évaluation continue», reconnaît le ministre Gokhool. Les techniciens du MES et du ministère se penchent également sur la dose d?évaluation continue qui sera appliquée au niveau de chaque année.
L?objectif de Dharam Gokhool est de changer la vocation de l?examen de fin de cycle primaire. «Aujourd?hui, il sert à la certification et la sélection. Le CPE sera modifié pour devenir uniquement un outil de certification. Pour la sélection, il faudra trouver autre chose.»
Mais, selon plusieurs sources, trouver un système alliant harmonieusement les objectifs nouveaux du ministère et la sélection d?élèves pour les collèges nationaux se révèle être un véritable casse-tête pour les techniciens.
A travers l?évaluation continue, notre système éducatif permettra de mieux prendre en compte les élèves connaissant des difficultés d?apprentissage. Une notion mal comprise par l?enfant au départ risque fortement de créer un handicap dans son éducation future.
«Notre objectif final est d?évaluer le potentiel global de l?enfant et d?agir positivement sur le taux d?échec au CPE», souhaite Dharam Gokhool.
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