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La presse s?interroge sur les causes du drame de Charmel-Cheikh
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La presse s?interroge sur les causes du drame de Charmel-Cheikh
DEUX JOURS après l?accident d?avion qui coûté la vie à 148 personnes, dont 133 Français, au large de la station balnéaire égyptienne de Charmel-Cheikh, la presse nationale dans son ensemble s?interroge avec prudence et émotion sur les causes du drame et la sécurité des vols charters.
?Dans la recherche des responsabilités, un candidat se présente spontanément: la sécurité bradée de certaines compagnies, très souvent sous pavillon d?un pays exotique mais pauvre?, souligne Gérard Dupuy, éditorialiste de Libération, évoquant la compagnie égyptienne à laquelle appartenait le Boieng 737-300.
?Il faut rester prudent avant d?accabler Flash Airlines ou les contrôles de sécurité égyptiens. Quelques éléments troublants - notamment l?interdiction de survol de la Suisse - laissent pourtant penser que cette compagnie ne présentait pas les garanties souhaitables?, ajoute-t-il, soulignant en outre l?ironie amère avec laquelle l?accident a rappelé les dangers ordinaires du transport aérien alors que la hantise de l?attentat était à son comble.
Le Parisien-Aujourd?hui en France ouvre pour sa part le débat en citant les avis contradictoires de Jacques Maillot, ancien patron de Nouvelles Frontières et de la compagnie Corsair, selon lequel ?les vols charters sont les plus contrôlés, et de François Grangier, pilote et expert enquêtes- accident, pour qui les compagnies charters présentent? plus de risques que les compagnies régulières. ?Cela me choque que l?on puisse penser qu?il y deux niveaux de sécurité. C?est une polémique de bas étage. Il n?y a aucune différence en termes de sécurité entre les compagnies. Elles sont soumises aux mêmes règles et au même type de contrôles. la vigilance sur les charters est même plus importante?, déclare le premier.
?La jungle des charters?
?En théorie, il ne devrait y avoir aucune différence puisque la réglementation est la même pour tout le monde?, concède le second. ?Mais il ne faut pas se voiler la face, il est difficile de pouvoir offrir les mêmes prestations techniques lorsque les prix des billets sont aussi faibles?, souligne François Grangier.
Sous le titre ?Les vols charters en question?, le Figaro établi pour sa part la liste des interrogations et fait le point sur les hypothèses, les réglentations, l?état des appareils...
Le quotidien revient également sur l?interdiction de survoler le territoire suisse faite à la compagnie égyptienne après une inspection inopinée, en octobre 2002, pour souligner que l?Office fédéral de l?aviation civile refuse de rendre publics les résultats de cette inspection, par ailleurs contestés par le PDG de Flash Airlines.
?Tout semblait indiquer hier que le terrible bilan était dû à une défaillance technique?, rappelle quant à lui Jean-Emmanuel Ducoin dans les colonnes de l?humanité. ?Mais face à l?ampleur du drame (la plus grande catastrophe aérienne frappant notre pays), une question hante déjà nos esprits: la ?jungle? des charters et la déréglementation des vols aériens sont-elles directement ou indirectement à l?origine de ce nouveau crash ??, s?interroge-t-il.
Et de noter que l?appareil qui s?est abîmé dans la mer Rouge avait effectué quatre vols dans la journée de vendredi.
?De même, il n?est pas inutile de savoir que les passagers français provenaient de trois tour-opérateurs différents - illustration caricaturale des pratiques mondiales des vols charters?, ajoute-t-il.
Sous le titre ?Le débat sur la sécurité aérienne brutalement relancé?, Les Echos font également état de la controverse sur le ?fonctionnement interne et les références de la compagnie interdite en Suisse?. Le quotidien économique souligne en outre qu?en dépit d?une baisse statistique des accidents en 2003, le transport aérien se trouve ?pris entre la menace terroriste et le risque de défaillance technique?.
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