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La plus belle ode à l?amour du cinéma français

7 février 2004, 20:00

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Elle s?appelle Anne. Elle vit seule avec son fils, depuis la mort brutale de son mari. Lui, c?est Jean-Louis, veuf éploré, depuis le suicide inexpliqué de sa femme. Un homme et une femme, c?est une histoire d?amour comme on n?en fait plus. Le film ne s?embarrasse pas de clichés, il raconte, simplement et naturellement, l?histoire d?un homme et d?une femme que l?amour va sauver du naufrage, un soir, sur une plage de Deauville en France.

Ce petit bijou cinématographique signé Claude Lelouch, conjugue élégance et simplicité. Il parle d?amour de manière vive et percutante. Le réalisateur aborde le thème du deuil, de la déchirure et de la souffrance, en les juxtaposant au merveilleux et à la plénitude que le sentiment amoureux suscite chez Anne et Jean-Louis. Les longues séquences, filmées par le biais de ralentis dont seul Claude Lelouch a le secret, bercées par les « chabada, chabada » de Francis Lai, que Nicole Croisille et Pierre Barouh se chargent de susurrer tout le long du film, font d?Un homme et une femme, un film d?exception.

Couvert de louanges à sa sortie, « cet album de belles images », que les critiques ont encensé, a conquis un large public, en raison du florilège de non-dits, de sous-entendus, de regards, de regrets et d?hésitations, que le spectateur est censé décrypter. La caméra mobile de Claude Lelouch, n?en finit pas de surprendre des séquences infiniment tendres et poétiques. Les plans fixes, alignés à la dextérité de la mise en scène, habille magnifiquement bien cette histoire d?amour à la fois tendre et bouleversante.

Auréolé de sa Palme d?Or et de ses deux Oscars, Un homme et Une femme est également porté par l?interprétation d?Anouck Aimée et de Jean-Louis Trintignant. L?actrice, qui remplaça au pied levé Romy Schneider, tomba sous le charme de Pierre Barouh. Cette relation se solda par un mariage, au détriment de Claude Lelouch, également épris d?Anouck Aimée.

En 1986, la suite d?Un homme et une femme, baptisée Un homme et une femme, vingt ans déjà, sort sur les écrans. Jean-Louis Trintignant et Anouck Aimée reprennent leurs rôles respectifs, s?attachant cette fois à revivre leur histoire d?amour pour le biais du film qu?Anne, devenue productrice, se charge de faire tourner. Classé aujourd?hui parmi le patrimoine du cinéma français, Un homme et une femme, continue à séduire les téléspectateurs en raison de l?ivresse et de la fraîcheur du sujet qu?il aborde.

Ecarts de conduite ou la seconde chance de la vie

Adapté de l?autobiographie de Beverly Donofrio, Ecarts de conduite, axé sur le conflit entre l?épanouissement personnel et la maternité, sera diffusé le 10 février à 20h05 sur Canal+.

« Certaines journées peuvent faire ou défaire une vie.» Cette affirmation sert de fil conducteur à ce film doux-amer, qui narre sans ambages, l?histoire vraie de Beverly Donofrio. Cette dernière, une jeune fille de dix-huit ans, promise à un bel avenir, se retrouve enceinte et mariée au garçon le plus nul et le plus irresponsable de son quartier.

Si certaines séquences, un peu aseptisées, soûlent le téléspectateur, le propos d?Ecarts de conduite est simple. Il s?agit de brosser le portrait d?une jeune fille, devenue mère et épouse trop tôt. Refusant de sombrer dans le désespoir que sa nouvelle condition la condamne, la jeune fille se bat bec et ongles pour réaliser son rêve de devenir écrivain. Il est réalisé par Penny Marshall, à qui l?on doit notamment Big, Jumpin? Jack Flash ou encore A league of their own.

Alors que l?Amérique des années 60 et 70 s?enlise dans la refonte de ses valeurs morales, la jeune Beverly passe outre les devoirs de mère et d?épouse, pour forger coûte que coûte son destin. Les rapports humains, passés sous microscope, montrent la difficulté de grandir, ainsi que le poids de la faute et les jugements abusifs de la société. Penny Marshall impose une leçon de vie et laisse entrevoir en filigrane que c?est dans l?échec que l?on trouve la sagesse.

Toutefois, le scénario «trop hollywoodien» qui s?apitoie sur les désillusions de la femme au foyer, vire au banal. Si l?interprétation de Drew Barrymore, habituée aux rôles de filles perdues, comme dans Bad Girl, Boys on the side ou encore Never been kissed, sonne juste, les critiques ont reproché à l?actrice d?en faire trop. Pour sauver son rêve, le personnage qu?elle incarne manque à tous ses devoirs, sauf à celui de rester elle-même.

La mise en scène assez confuse du film, qui joue avec les retours en arrière, comme des sentiments de ses personnages, fausse un peu la donne. Cela dit, Ecarts de conduite ne manque jamais d?humour et permet, dans le concret de voir s?épanouir une jeune femme que la société avait condamnée à l?échec.

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